‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 35 sur 67 · EXCEPTIONS AUX LOIS D ATTÉNUATION PAR LE TEMPS ET LE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

EXCEPTIONS AUX LOIS D ATTÉNUATION PAR LE TEMPS ET LE TRAITEMENT

Je viens, messieurs, dans tout ce qui précède, de passer en revue devant vous les conditions diverses qui peuvent modifier dans un sens ou dans l’autre l'influence héréditaire de la syphilis. Ces conditions, j'en ai épuisé la liste. Je vous ai dit tout ce que nous en savons, et tel est, à ce point de vue, le bilan de nos connaissances actuelles.

Or, il n’est pas besoin, à coup sûr, d’une longue expérience du sujet pour juger que ce bilan est bien loin d’être complet. Ah! certes out, il est bien loin d’être ce qu'il devrait être, ce que nous voudrions qu'il fût. En toute évidence, l’'hérédité syphilitique doit obéir encore à d’autres conditions que celles dont nous avons fait mention jusqu'ici; en toute évidence, il doit exister d’autres facteurs qui réagissent sur la faculté de transmission héréditaire de la diathèse. La preuve en est simple : c’est que les influences actuellement déterminées et connues comme susceptibles de modifier l’hérédité syphilitique sont incapables d'expliquer nombre de faits dont je vais avoir à vous parler maintenant et qui, ne trouvant pas leur raison d’être dans cesdites influences, restent véritablement incompréhensibles,

Il faut donc que les faits en question soient régis par des conditions autres, différentes de celles qui nous sont actuellement connues, puisqu'iis dérogent à celles-ci, puisqu'ils y font exception. Mais quelles peuvent être ces conditions autres? Cela reste encore pour nous à l’état de mystère.

Aussi bien vais-je être amené, dès ce moment, à remplir une partie déjà annoncée de mon programme. Je vous disais, au début de ces conférences, qu'en prenant la parole sur Phérédité syphilitique, j'avais deux intentions en vue : l’une, de vous exposer ce que nous savions sur cette queston si difficile et si complexe; — l’autre, de vous

signaler ce que nous en Ignorions, afin d'appeler sur ces lacunes, sur ces desiderata de nos connaissances, les recherches et les efforts de tous. Eh bien, nous voici précisément en regard de cette seconde partie de mon sujet; et, bien malheureusement, elle ne sera que trop étendue.

En premier lieu se présente à notre étude toute une série d’exceptions, de dérogations aux lois que nous avons pu donner comme les mieux établies relativement aux influences majeures qui président à l’hérédité syphilitique.

Certes, de par ce qui précède, 1l est bien acquis et formellement démontré que lhérédité syphilitique reconnait deux correctifs, deux atténuants, deux neutralisateurs même, oserai-je dire, à savoir : le temps et le traitement spécifique.

Certes, il est encore mieux avéré, de par l’expérience générale, que l’influence hérédo-syphilitique est presque constamment amoindrie, puis éteinte, par l’action combinée de ces deux facteurs, le traitement et le temps.

Or, ces trois véritables lois (lois de décroissance de la nocivité hérédo-syphilitique 1° sous l'influence du temps, 2° sous Pinfluence du traitement spécifique, et 3° sous l’influence combinée du temps et du traitement), ces trois lois, dis-je, comportent des excepüons, et des exceptions qui, pour être inexplicables quant à présent, n’en ont pas moins, très sûrement, leurs raisons d’être et impliquent consé-

quemment l'existence de conditions étiologiques spéciales, non encore déterminées.

Je précise.

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