‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 36 sur 67 · I. — Exceptions à la loi d'atténuation par le Lemps · texte numérisé non relu

I. — Exceptions à la loi d'atténuation par le Lemps

Je ne crains pas de le répéter, s’il est quelque chose de bien démontré dans le sujet qui nous occupe, c'est, à coup sûr, la diminution, latténuation de la nocivité hérédo-syphilitique sous Pinfluence du temps. Ainsi, un fait d'évidence notoire est le suivant :

Dans toute famille syphilitique où se produit une série de grossesses, ce sont toujours les premiersnés qui sont le plus rudement éprouvés par l’hérédité spécifique, et les derniers-nés qui sont le plus épargnés. Les premiers-nés, les aînés, succombent très généralement, tandis que les plus jeunes survivent. Nombre d'auteurs, Hutchinson entre autres, ont produit sur ce point des observations décisives. C’est même là, je puis dire, un résultat d'expérience, un fait indéniable, irréfutable.

Eh bien, ce fait reconnaît des exceptions, exceptions assez rares, 1l est vrai, mais formelles, authentiques. Ainsi, il est des cas où cette décroissance d'influence nocive hérédo-syphilitique non seulement ne se réalise pas, mais encore se trouve renversée.

Exemples :

Un jeune homme contracte la syphilis en 1882,

et se marie en 1884. — Sa femme reste saine et lui donne deux enfants, à savoir :

L'un, en 1885, qui demeure indemneetestencore bien portant aujourd'hui; — puis un deuxième, en 1880, qui naît chétif, étiolé, manifestement syphilitique, et succombe le second jour de sa naissance”.

Ainsi, enfant syphilitique succédant à un enfant sain |

Autre cas, identique au précédent. — Un malade (que j'ai traité en ville avec mon collègue et ami le D° Hutinel), syphilitique depuis 1878, se marie en 1883.— Sa femme reste indemne.— Deux grossesses surviennent : l’une en 85, qui donne un enfant sain ; — l’autre en 85, qui amène un enfant syphilitique, affecté notamment d'accidents viscéraux, auxquels il succombe.

M. le professeur Pinard a observé trois cas de cet ordre que vous trouverez insérés £n extenso dans la thèse de M. Riocreux*?. Je citerai l’un d’eux sommairement.

« Un homme, ayant contracté la syphilis en 1872, se marie en 1878. — Sa femme reste indemne et devient enceinte quatre fois. Ces quatre grossesses se terminent comme il suit :

Les trois premières par la naissance d'enfants vivants et sains, enfants tous vigoureux et bien portants ; — la quatrième, par la naissance d’un enfant qui, dès le onzième ‘jour, est affecté d’un coryza

1 V. Riocreux, thèse citée.

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