‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 39 sur 67 · EXCEPTIONS AUX INFLUENCES DE TEMPS ET DE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

EXCEPTIONS AUX INFLUENCES DE TEMPS ET DE TRAITEMENT

plaques muqueuses buccales à diverses reprises, croûtes acnéiformes du euir chevelu, adénopathies cervicales et mastoïdiennes. — De 1875 à 1880, il a subi sept traitements mercurtels par le protoiodure ou le sublimé, de six semaines chacun, environ; et quatre traitements iodures, à la dose moyenne de deux à trois grammes d’iodure de potassium par jour. — Si bien qu'en 1880, alors qu'il n'avait pas présenté le moindre accident depuis quatre ans, j'ai cru être en droit de le laisser marier. — Or, sa femme, devenue enceinte bientôt après, a accouché, en 1881, d’un enfant qui a été affecté de diverses lésions indubitablement syphilitiques, considérées comme telles par le professeur Parrot, par le professeur Pinard et par moi, lésions auxquelles cet enfant a succombeé, |

Je demande si un pareil traitement ne paraïitrait pas suffisant, voire exagéré, à la plupart de nos confrères, Eh bien, soit dit incidemment et comme épilogue de cette observation, 11 l'était si peu que, poursuivi et complété, il a abouti à des résultats tout autres. À la suite de la mort de son enfant, le malade très contristé est revenu spontanément à moi me prier de le traiter à nouveau. Alors, d’un commun accord avee son médecin habituel, nous avons recommencé la médication mercurielle et iodurée, qui a été très ponctuellement suivie, et j'ai la satisfaction de dire que, deux ans plus tard, cet homme devenait père d’un enfant absolument sain, lequel a près de six ans aujourd’hui, et qui, très atten-

tivement surveillé par un de nos collègues, n’a jamais présenté le moindre symptôme suspect.

Autre exemple. — Un jeune homme contracte la syphilis en 1867. Il s'en traite avec la plus grande assiduité pendant trois années entières, sous la direction de Ricord. Au delà, il reprend encore de temps à autre de l’iodure de potassium. On l’envoie faire une « cure d’épreuve à Luchon », et, ladite cure n'ayant rappelé aucun accident, on lui permet de se marier.

Il se marie en 1874, c'est-à-dire alors que sa syphilis datait de plus de sept ans. — Sa femme devient enceinte tout aussitôt après le mariage. — Je suis mandé près d’elle au quatrième mois de sa grossesse, et je la trouve affectée d’un type parachevé de syphilis conceptionnelle. — Puis, naît un enfant qui, dès la troisième semaine, offre les symptômes classiques d’une syphilis héréditaire, et qui vient encore, à l’âge de quatorze ans, de présenter une kératite interstitielle de ordre de celles qu'a si bien décrites Hutchinson comme manifestations d’hérédo-syphilis tardive.

Et de même pour quelques ares cas analogues que J'aurais encore à citer; — cas, je le répète, qui seraient tout à fait décourageants, démoralisants, s'ils n'étaient ce que par bonheur ils sont en réalité, à savoir exceptionnels.

Mais, dira-t-on très justement, si exceptionnels qu'ils puissent être, les cas de cet ordre ont une

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