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HÉRÉDITÉ DE LA MÈRE A LA FILLE

On ne s’étonnera pas qu’ici nous n’ayons pas beaucoup d’exemples à donner. Il est probable que tous ceux qui recueilleront un peu leurs souvenirs en trouveront dans les familles ordinaires. Dans l’histoire, les sciences et les lettres, c’est plus difficile. Les femmes n’y ayant joué

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qu’un rôle très-restreint, il est naturel que les cas d’hérédité entre une raère célèbre et une fille célèbre soient assez rares. En voici pourtant quelques-uns :

L’empereur Auguste, qui se maria plusieurs fois, eut de Scribonia, sa célèbre fille Julie. Celle-ci, mariée à Agrippa, donna naissance à une autre Julie. Toutes deux firent son désespoir, par l’infamie de leur conduite. « Julias, filiam etneptem, dit Suétone (C. 65), omnibus prohris contaminatas relegavit. »

Remarquons en passant que, d’après le même historien, César eut de Cléopâtre un fils asimilem Cæsaris forma et incessu. 11 s’appelait Césarion, et mourut très-jeune.

Agrippine, femme de Germanicus, « la Mère des camps, » femme résolue, héroïque, pervicax iræ, disait Tacite. Fille d’Agrippa, elle a conservé dans les traits quelque chose de l’air farouche de son père. « Ma fille, lui disait Tibère, tu te plains toujours, si tu ne règnes pas.»Elle fut mère de la fameuse Agrippine, qui s’asservit Claude et fit de Néron un empereur.

Nous avons cité plus haut Marozia, mère du pape Jean XI. Cette femme, célèbre au x® siècle par ses richesses, son influence et ses déportements, tenait ses vices de sa mère Théodora, et les transmit à son fils.

Michelet signale la ressemblance de Marie Leczinska avec sa fille Adélaïde. « La reine, avant le mariage, avait des tendances à l’épilepsie. Même mariée, la nuit, agitée de peurs vaines, elle se levait, allait, venait. Madame Adélaïde semble avoir hérité beaucoup de cette agitation. Elle était courageuse, avait l'audace de sa race, avec certaines peurs enfantines, du tonnerre, par exemple.... La reine aimait son père (Stanislas) et en était aimée extrêmement, rendait sa mère jalouse. Adélaïde eut d’elle encore cela.

LÉS LOIS

aima éperdument son père, sans mesure ni raison. » {H. de F. tome XVI.)

Pour nous résumer sur le sujet de l’hérédité directe disons : En fait, l’enfant hérite de ses deux parents. L’un des deux n’a jamais une action exclusive. L’un des deux a toujours une action prépondérante. Cette prépondérance a lieu de deux manières î d’un sexe au sexe du même nom ; d’un sexe au sexe de nom contraire. Nous avons vu que l’une et l’autre sont très-fréquentes.

La seule question qu^on puisse poser serait donc celleci : Laquelle des deux est la plus fréquente ?

La réponse à cette question est impossible ; et si elle était possible, serait oiseuse. Il faudrait,pour être strictement exact, rassembler tous les cas d’hérédité directe, en faire deux groupes: d’une part le croisement, d’autre part le non-croisement,et comparer les deux sommes. Et tout ce travail, impossible d’ailleurs, ne mènerait à rien. Il y aurait probablement entre les deux sommes si peu de différence qu’on ne pourrait dire : Celle-ci exprime la loi, celle-là les exceptions. Toutes les fois que ce cas se présente, et il n’est pas rare, on peut dire que les deux partis ont raison et tort ; que chacun ne tient qu’un fragment de la loi, en croyant posséder la loi tout entière, et qu’il y a un point de vue supérieur qui les concilie. Pour l’hérédité, quelle est cette loi dont nos généralisations empiriques ne nous ont donné jusqu’ici que des fragments? C’est ce que nous Chercherons, après avoir étudié les phénomènes d’atavisme.

DES LOIS DE l’hérédité.

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