‹ L'hérésiarqueChapitre 108 sur 161 · Acte Quatrième · texte numérisé non relu

Acte Quatrième

Le héraut d'Enguerrand.

Astéria, le très haut comte de Hurepoix a reçu tes légats. Il attendait, pour te répondre, d'être à la tête d'une armée. Sa réponse est celle-ci : Parle.

Astéria.

Enguerrand ignore-t-il que je ne peux parler qu'à lui seul ?

Le héraut.

Astéria ignore-t-elle la confiance qu'elle inspire ?

Astéria.

Un otage peut répondre de la vie de ton

maître.

Le héraut.

Enguerrand vaut douze des tiens et les meilleurs,

Eh bien, voici les meilleurs des miens. [Elle montre les paysans.) Ce sont les douze héros embrasés par le zèle du Seigneur qui sont entrés les premiers, fer au poing, dans cette ville, ont dispersé la foule, massacré les milices et nous ont sauvés, Victorin et moi, au moment où les bourreaux nous liaient sur les poutres et en approchaient les torches. Nul ici ne nous

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est plus cher et c'est pour eux que nous avions ordonné d'entasser les plus riches dépouilles. Qu'Enguerrand les reçoive et qu'il vienne !

Le chef.

Sommes-nous des bestiaux qu'on troque? A nous les serviteurs de Dieu !

Astéria.

Si je voulais votre mal, n'aurais-je déjà point fait un signe ? Vous êtes sans armes et tous ceux que vous voyez alentour servent Astéria avant Dieu.

Tous.

Abomination !

Astéria.

Pourquoi maudire? En vérité, en vérité, je vous le jure, si j'avais douze enfants je les confierais à cet homme, parce qu'il importe à la gloire de Dieu qu'Enguerrand vienne et me parle. Or, ne m'êtes-vous pas plus chers que mes enfants, vous sans qui je ne serais à cette heure que cendre ? Allez, vous dis-je, pourquoi le Seigneur ne parlerait-il pas par ma bouche, puisque je suis l'élue de son élu ?

Le héraut.

Et si mon maître récuse ces otages ?

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