‹ L'hérésiarqueChapitre 123 sur 161 · Acte Quatrième 22g · texte numérisé non relu

Acte Quatrième 22g

L'homme.

Je ne fais rien qui ne l'exalte.

Astéria.

Sa haine du Christ est assez profonde pour qu'il puisse y puiser sans fin la fureur.

L'homme.

Certes, je n'épargne rien et tout ce qu'on peut rêver, nous l'avons accompli. Là-bas, nous ne marchons que sur des ossements de petits cadavres...

Astéria.

Je connais tout cela, mais il est bon que Victorin le connaisse aussi. Si on en revient, on est plus fort. Qu'avez-vous obtenu ?

L'homme.

Rien encore.

Astéria.

Et d'abord, y crois-tu?

L'homme. Si j'y crois !

Astéria.

N'importe. Je verrai Satan lui-même apparaître soudain dans ce coin d'ombre que mon C(juur n'en battrait pas plus vite. Mais je veux

23o L'Hérésiarque

que celui de Victorin s'afïole. Tu m'as comprise. Eloignè-toi, quelqu'un vient.

(// sort.)

Victorin (// entre à pas lents, sans voir). Que je suis las !

Astéria.

Mon seigneur et maître !

Victorin.

Toi ! Que veux-tu ?

Astéria.

Que voudrais-je, sinon toi-même?

Victorin.

Il tait noir en moi. {Clameurs.) Quels sont ces cris?

Astéria.

Les paysans qu'on mène à la mort.

Voix (au dehors).

Grâce, Victorin, grâce I

Astéria {regardant par la croisée basse et garnie de vitraux).

Tous regardent là-haut vers la grande terrasse; ils ne savent pas que nous sommes ici.

Page 1