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Acte Quatrième

Voix. *

Grâce, Victorin, pour ceux qui t'ont sauvé la vie !

Victorin.

Ceux qui meurent sont plus heureux que ceux qui restent.

Astéria.

Les bourreaux sont au pied des potences. De l'autre côté de la place on entasse le bûcher des Pères du Concile. Est-ce toujours pour ce soir?

Victorin.

Que je suis las ! On peut éteindre les tentations de la chair mais non celles du désespoir. Ce matin, dans la cathédrale, au milieu de ces flots d'encens, de ces clameurs immenses? je me suis senti si ivre que j'ai cru mourir. Mieux aurait valu. Qui sait si ce ne sera pas d'une mort pire ?

Astéria.

Que mon doux seigneur chasse ces idées.

Ces pompes étaient enivrantes, oui, mais exal-

tatrices. Jamais en mon palais de reine je n'avais

goûté voluptés plus intenses. Un peuple sous

nos talons, une armée à nos ordres, et pas

d'ennemis ! L'armée impériale ne parait pas.

VlCTORIN.

Enguerrand ?

Astéria.

On dit qu'il rôde toujours là-bas.

VlCTORIN.

Pourquoi l'avoir laissé fuir ?

Astéria.

Tu m'en avais louée d'abord. Un serment, disais-tu, est sacré.

VlCTORIN.

Je change.

Astéria.

Tant mieux.

VlCTORIN.

Ce matin, dans la cathédrale, je voulais bénir, et je n'ai pu trouver que des paroles de malédiction.

Astéria.

Qu'as-tu maudit, sinon des traîtres et des rebelles?

VlCTORIN.

En don de joyeux avènement, je voulais faire grâce aux paysans et même aux Pères du Concile, et voilà que les cris de mort ont jailli, je ne sais comment, de mes lèvres.

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