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Acte Cinquième

2e CHEVALIER.

C'est la fin. Entendez les hurlements. On va les massacrer au crépuscule.

Ie*" CHEVALIER.

On dirait que le bruit se rapproche. Oui, j'entends la galopade et le cliquetis des cuirasses. Victoire !

2e CHEVALIER.

Rentrons. Nous apprendrons à César son triomphe. La trombe va se ruer par ici.

(Ils rentrent.)

Les paysans.

(Ils envahissent la scène, par groupes, puis par masses, en désordre, courant ça et là.)

A la rescousse! — Par ici ! Par ici ! — Où êtes-vous ? — Sauve qui peut !

ier PAYSAN.

Au Rhône ! Le pont est libre ! Portons dans l'île nos blessés. Nous ferons de la Barthelasse notre place d'armes.

Les paysans.

Oui, au Rhône ! — Rallions-nous, les cava-

256 V Hérésiarque

liers sont loin. — Par ici les Saints, Dieu va foudroyer les Impurs. — Voici le palais de Victorin, qu'il paraisse, s'il est le vrai Prophète !

2e PAYSAN.

Victorin! Victorin! Nos cœurs sont purs, nous combattons pour la gloire du Tout-Puissant, si tu es Envoyé de Dieu, parais !

(// paraît soudain sur la terrasse, une cuirasse sur sa robe blanche.)

Le voici, Victor, votre empereur et votre pape ! Qu'avez-vous à recevoir de lui, sinon des anathèmes ?

2e PAYSAN.

Victorin, tu ius notre père, reviens à nous ! Sauve-nous de la Louve !

Victorin.

Maudits soyez-vous, sans pitié, tous ! Ah, vous croyiez qu'on pouvait arracher poil à poil la barbe du Très-Haut. Il vous le rend sur la face, Impurs! Dieu vous a mis dans son van, et s'il n'y avait pas assez de cavaliers, il changerait les pierres en cavaliers dont un égorge cent des vôtres !...

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