Acte Cinquième
Le chevalier Bernard.
Ils ont renversé votre statue équestre élevée devant la cathédrale le jour de votre sacre.
Victorin.
Ma statue?
Le chevalier Foulques.
Ils ont un chef qui se proclame envoyé de Dieu et venu pour abattre les deux, faux papes.
Victorin.
Faux prophète lui-même et inspiré du diable !... Ah, la rage m'étouffe !
Astéria.
Le signal, sire, le signal !
Victorin.
Que je leur parle d'abord.
(77 va à la croisée.) Ouvrez.
Le chevalier Bernard.
Sire, votre casque !
Victorin.
Ils n'oseront pas ! (Il sort sur le balcon. Mes frères !
Gris redoublés.
A mort ! Astéria ! la tête d'Astéria ! A mort ! (Une grêle de pierres brise les vitraux. Victorin atteint par une flèche rentre en chancelant dans la salle.)
Victorin.
En selle! En selle! Tudieu, le beau massacre à faire de ces rustres ! Qu'on s'empare du faux prophète!... Je le veux vivant, lui; les autres, à mort, tous! tous ! hommes, femmes, Maudits ! maudits !
Les chevaliers.
En selle, pour Victor et Astéria !
Victorin.
Amorti... Amorti... Qu'on tue !... tous !...
maudits !...
(// s'évanouit.)
SCÈNE III Un coin de la place devant les murs du palais, énormes, dont on ne voit pas le faîte. Large terrasse crénelée au-dessus de la porte. Perspective du pont en face. Clameurs et cloches lointaines. Deux chevaliers observent, de la terrasse. Puis les paysans. Puis Victorin.
Ie»" CHEVALIER.
Voici la nuit, et la mêlée dure depuis l'aurore.