‹ L'hérésiarqueChapitre 15 sur 161 · Acte Premier 3i · texte numérisé non relu

Acte Premier 3i

tuplés, et Tâme qui leur est en proie hurlante sous leurs crocs et frappant des deux poings à la clôture des Consolations, verrais-tu d'un œil sec sa sueur de sang, et de sa misère rampante détournerais-tu la tête?

Le Christ a-t-il refusé son pardon à l'adultère et à la courtisane ?

La Voix.

Tu irais à elle ?

VlCTORIN.

En vérité, j'irais à elle.

La Voix.

Dis-tu vrai, moine, et ne te joues-tu pas d'une âme ?

VlCTORIN.

Qui donc oserait mentir devant Dieu ?... Je me sens assez d'amour pour en désaltérer toutes les soifs. Mes lèvres se sont toujours refusées aux anathèmes, et mon cœur ne peut maudire ni se taire, il ne sait que bénir...

La Voix.

Ah ! si ta piété me couvre, me voici sauve aux

yeux de Dieu, car de tous ici c'est toi qu'il préfère.

Victorin.

Puisse cette triste voix dire vrai !

La Voix.

C'est aux âmes tendres et brûlées d'amour divin que sont réservées les cithares et les fioles d'or pleines de parfums. Le ciel ne se dilate pas à la froideur des Gilbert.

Lirait-elle dans les cœurs comme Dieu?

La Voix.

Mais quelque grand qu'ait été jusqu'ici ton mérite, c'est d'aujourd'hui seulement qu'il flamboie, car la miséricorde est plus agréable à Dieu que les holocaustes, et c'est sur elle que reposent les trônes des élus.

Victorin.

Serait-il vrai, Seigneur, que nulle âme ne vous a mieux aimé que la mienne ? Ah ! je le crois, si bouillonnante jaillit la source vive d'amour au heurt de votre baguette contre le roc de mon péché. Que le monde se fonce et

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