‹ L'hérésiarqueChapitre 151 sur 161 · Acte Cinquième 2jg · texte numérisé non relu

Acte Cinquième 2jg

ASTÉRIA.

Seigneur, la place d'un monarque n'est pas sur la plate-forme d'une tour. Rentrons au palais ; il y a de la lumière et du monde.

Victorin.

Je me sens plus en sûreté sous le ciel que sous des voûtes.

Astéria.

Ecoutez, écoutez, on dirait un bruit de pas.

Victorin.

C'est le fleuve qui gronde.

Astéria.

Comme la nuit est noire ! Plus de feux dans la plaine, pas une étoile au ciel.

Oui, pendant ces nuits-là, il est bon de veiller soi-même. Je vois les casques des nôtres passer et repasser dans les créneaux. C'est à l'improviste qu'il doit venir, comme ufï voleur. « Heureux, est-il écrit, celui qui veille tout habillé pour qu'on ne voie pas sa honte ! »

Voix \se répondant de tour en tour).

Veillez ! — Veillez ! — Veillez !

28 o V Hérésiarque

Astéria.

Le vent se lève, il pleuvra cette nuit.

Victorin.

Oui, il y a dans la plaine un murmure étrange.

Astéria.

Ah, sire, laissons ici les veilleurs ; eux du moins ont l'habitude des ténèbres.

Victorin.

J'avais mandé Foulques ! Pourquoi n'est-il pas venu ? Pourquoi ?

Astéria.

Il garde le palais. Rejoignons-lè.

Victorin.

Attends ! Laisse-moi écouter. On dirait des

pas.

Astéria.

Si vous poussiez le cri d'alarme ?

Je voudrais voir, voir. Ah, si la lune pouvait

luire !

Astéria.

Ce n'est pas nuit de lune.

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