‹ L'hérésiarqueChapitre 150 sur 161 · Acte Cinquième · texte numérisé non relu

Acte Cinquième

Le chevalier Bernard.

Seigneur, nous ne voulons pas vous laisser

seul ici.

Victorin.

Astéria restera près de moi. Pour vous, rentrez au palais.

(Ils s'éloignent. Victorin reste seul avec Astéria.)

Astéria.

Voici la nuit. Des milliers de feux sont allumés dans la plaine. Les trompettes se sont tues et aussi les hymnes.

Victorin.

L'enfer doit être comme ceci : des flammes à perte de vue dans les ténèbres...

Voix (se répondant de tour en tour).

Veillez ! — Veillez ! — Veillez !

Victorin.

Il y aura tempête cette nuit. La tempête est l'œuvre des diables. Ce sont eux qui respirent et qui soufflent. L'Ennemi de tout bien et de toute santé chevauche souvent à travers ma tête. Il est éternellement irrité, je le sens, je le comprends. Il couche avec moi plus près que

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toi... Le diable a juré notre mort, mais il mordra dans une chair creuse.

Astéria.

Eh ! seigneur, laissez-là le diable.

Victorin.

Pourquoi n'as-tu pas frappé Enguerrand, toi ? Tu sais bien que la promesse de vie sauve ne te concernait pas?

Astéria.

Pourquoi ne Tavez-vous pas frappé vousmême ?

Victorin.

Vois, les feux s'éteignent là-bas. La nuit va être épouvantablement noire.

Astéria.

N'entendez-vous pas, sire, un grondement

lointain ?

Victorin.

C'est le vent qui gémit dans les lignes de

cyprès.

Astéria.

Ah, rentrons ! La nuit est la seule chose qui

m'effraie.

Victorin.

Je te reconnais bien là, femme.

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