Acte Cinquième 2g
Le chevalier Bernard.
Je leur ai ouvert les souterrains des trésors. Ils puisent dans les coffres pour pouvoir emporter, suivant votre promesse, le plus de richesses qu'ils pourront.
Victorin.
Ces richesses sont à eux, je ne les leur reprendrai pas; ils les garderont toujours, pour les siècles des siècles. Que l'on mure la porte.
Le chevalier Bernard.
Mais ils sont cent vingt-huit, sire !
Victorin.
Cela fait donc trois cent vingt-cinq fidèles qui me restent. C'est plus qu'il n'en faut. Je n'en prendrai que trois cents, comme Gédéon. En selle !
Astéria, ma bien-aimée, je ne serai absent qu'une heure ou deux, le temps de trancher moi-même une tête haïe. Je te confie ce donjon, mon dernier refuge, garde-le avec ces vingtcinq chevaliers que tu choisiras toi-même parmi les plus sûrs. Fais baisser la herse, fais lever le pont. Et tiens-toi à cette croisée pour entendre la première notre sonnerie de triomphe
2g2 V Hérésiarque
quand nous reviendrons les mains rouges d'un sang abominable.
Je vous obéirai, seigneur.
{Baiser d'adieu. Victorin et le chevalier Bernard sortent.)