‹ L'hérésiarqueChapitre 156 sur 161 · Acte Cinquième 28g · texte numérisé non relu

Acte Cinquième 28g

ASTÉRIA.

C'est votre courage qui est blessé. Guérissezle et vous ne souffrirez plus,

Victorin.

Aime-moi et je serai plus terrible qu'un ours des Alpes. Mon courage, c'est ton amour. Je reprendrai l'épée et la lance, et je combattrai de l'aube à la nuit. Mais dis-moi que tu m'aimes, et prends-moi dans tes bras, comme jadis, quand nous nous réveillions dans la joie et en prenant la lueur du jour pour la rougeur du bûcher...

ASTÉRIA.

Me voici, seigneur.

Victorin.

Seigneur? Ah, je ne suis plus Victorin pour toi. Triste empereur qui n'a de son empire qu'un donjon, misérable pape qui n'a de son Eglise que quelques aventuriers! Mais parle moi donc, Astéria !

Astéria.

Que voulez-vous que je vous dise ?

2 go L'Hérésiarque

Victorin (sanglotant).

Que tu m'aimes ! Que tu m'aimes I Que tu m'aimes !

Astéria.

Seigneur, on vient.

Victorin (il se reprend, il marche à grands pas). Comme Tair est étouffant! La forêt à perte de vue... Qui sait si nos ennemis ne cheminent pas sous les arbres?...

Le chevalier Bernard (entrant).

Sire, tout est prêt. Les vaillants sont réunis dans la cour du château, en armes et à cheval. L'espoir de massacrer Enguerrand fait étinceler les yeux sous les visières. Quelques-uns, blessés ou faibles, ont préféré profiter de votre clémence.

Victorin.

Combien sont-ils ?

Le chevalier Bernard.

Cent vingt-huit, sire.

Victorin.

Où sont-ils?

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