‹ L'hérésiarqueChapitre 35 sur 161 · Acte Second j i · texte numérisé non relu

Acte Second j i

moine cloîtré dans son égoïsme, mais l'apôtre qui va droit aux âmes, à toutes les âmes, pour les déchirer de ses ongles et jeter dans leur plaie le germe de salut.

Enguerrand.

Raviver la foi, c'est bien.

Victorin.

Heureux celui que la Grâce illumine ! Si tous étaient dignes d'elle, la paix régnerait sur terre, mais le monde est mauvais, et la foi rare. Dieu semble se détourner de nous, et la Grâce se réserve. Il faut donc trouver à la paix une autre base que la foi, et telle que ne puissent s'y soustraire ni le croyant ni l'infidèle.

Enguerrand.

Comment l'infidèle admettrait-il la religion?

Victorin.

Parce que la vérité le terrassera. Oui, je me fais fort de faire crier grâce à n'importe quel entendement, au vôtre le premier, sire chevalier !

Enguerrand.

Mais je ne suis pas prêtre.

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Ni en ce moment moi, mais docteur. Au prêtre de célébrer le saint sacrifice, au docteur de prêcher et de convaincre. Je veux faire de la doctrine chrétienne un faisceau lumineux si aveuglant que nul ne puisse la nier sans être frappé comme Ochozias. Ce jour-là la paix descendra des plus hauts cieux sur cette vallée de larmes.

Enguerrand.

Ainsi la prière serait inutile ?

VlCTORIN.

L'étude est la forme supérieure de la prière.

L'ÉCUYER

Mon père, voici que le soleil monte et que nos chevaux sont reposés.

Enguerrand.

Dieu vous garde, écolâtre, votre âme est haute, et peut-être nous retrouverons-nous ailleurs. Mon fils, agenouille-toi pour recevoir la bénédiction de ce pieux docteur.

L'ÉCUYER

Mon père, je ne m'agenouille pas devant les

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