‹ L'hérésiarqueChapitre 43 sur 161 · Acte Second · texte numérisé non relu

Acte Second

ASTÉRIA.

Il a ajouté : a Et de ces branches solides seront faits des sceptres de domination. »

Des voix.

Parle, parle encore, maître ; nous sommes ces misérables à qui l'on arrache la nourriture du corps comme celle du cœur. Donne-nous l'une en attendant que tu nous fasses restituer l'autre. Vois, nos membres sont aussi maigres que nos âmes, et nos gosiers aussi altérés que nos cœurs. Voilà des générations que nos vies lamentables se traînent au fond de la fosse sur le couvercle de laquelle résonnent les danses des riches. Ah ! puisque la justice est la balance, dis-nous comment nous serons vengés, et quels supplices ils subiront un jour.

Victorin (sombre).

D'épouvantables.

Des voix.

Lesquels ? Lesquels ? Les sires seront-ils écartelés, leurs femmes violées, leurs petits écorchés vifs, comme on fait à nous autres ? Les prêtres seront-ils brûlés, empalés sur des

lances, leur coulera-t-on de l'or dans la bouche? Serons-nous enfin vengés?

Tous.

Oui ! Oui ! Serons-nous vengés ?

Victorin [avec un grondement croissant).

En vérité, je vous le dis, le jour de la Colère viendra où se manifestera le juste jugement de Dieu ! Jour de l'Eternel, jour grand et terrible, jour cruel et plein d'indignation, de fureur et de vengeance, jour ardent comme une fournaise où les méchants seront traités plus rigoureusement que ceux de Sodome et de Gomorrhe, et où sera condamné sans miséricorde celui qui n'aura pas usé de miséricorde ! Jour effroyable où les cieux et la terre seront consumés, et où l'Esprit de Dieu descendra sur ce monde comme autrefois son Verbe, mais dans une tempête d'éclairs et de foudres !

Tous (se courbant).

Le Paraclet ! Le Paraclet !

Victorim.

O monde faux et trompeur, quel terrible châtiment te menace ! Venez, venez dans la barque,

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