‹ L'hérésiarqueChapitre 57 sur 161 · Acte Second ioj · texte numérisé non relu

Acte Second ioj

Amaury.

Qui a parlé ?

La voix.

Victorin, prêtre, écolâtre de Saint-Jean.

Les disciples.

Blasphème ! Blasphème !

Amaury.

Retire-toi, Satan.

Victorin.

L'injure est facile et c'est une arme que je dédaigne. Je n'ai pour moi que la justice et la justesse. Je viens à toi, Amaury, seul, tu le vois, sans la tourbe de mes sectaires, écouter tes leçons, comme toi-même, disais-tu, as suivi mes gloses, et je ne me serais pas levé pour répondre si tu n'avais pas attaqué. Mais il est écrit : « Ne jugez pas, pour que vous ne sovez pas jugés! » Ecolâtre de Saint-Jean, je peux répliquer à l'écolàtre de Saint-Martin ; disciple, je peux encore répondre, puisque tu viens de demander si nul ne voulait défendre ma doctrine !

De quel droit ?

io8 V Hérésiarque

Victorin.

Du droit qui t'a mis dans cette chaire et t'a donné, comme à moi, parce que tu avais appris, licence d'instruire. Du droit qu'a tout homme à la raison de qui on fait appel d'examiner et de conclure. Du droit que j'ai, moi, de me dresser contre mon calomniateur quel quel qu'il soit, et de l'abattre ! Es-tu théologal ou scolastique ? Ce que tu viens d'énoncer rentre-t-il dans la foi ? Ne puis-je pas te contredire sans prêcher contre l'Eglise ? Eh bien, je le lais. Tu prétends que les universaux expriment des réalités, j'affirme que ce sont des concepts.

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