Acte Troisième i
L'archevêque d'Arles.
Vénérables Irères, qu'avez-vous à objecter à la demande de l'écolâtre de Saint-Jean?
L'archevêque de Narbonne.
Rien certes. Mais comment l'interroger ?
L'ÉVÊQUE D'ARRISITUM.
J'opine qu'une série de questions soit posée au prêtre Victorin.
L'évêque de Valence.
Non ; que l'inculpé récite seulement le symbole de Nicée.
L'ÉVÊQUE DE VABRES.
Il aurait mieux valu peut-être que l'écolâtre exposât brièvement sa doctrine.
Amaury.
Non ! Non ! Le Concile la connaît déjà. Adoptons une autre méthode.
L'abbé de Salnt-Honorat.
Mes vénérables frères, il n'est pas question
de ce que le frère Victorin admet, mais de ce
qu'il repousse. Je demande qu'on lise à l'in-
i36 V Hérésiarque
culpé les propositions extraites de son enseignement, et qu'on l'interroge sur leur exactitude.
Tous.
Nous adhérons ! Nous adhérons !
L'archevêque d'Arles.
Soit.
Amaury.
Sache donc, Victorin, que tu es accusé d'opinions scandaleuses, téméraires, schismatiques, sur la discipline du clergé et l'autorité du Saint- Siège, et d'hérésies sur les dogmes de notre très sainte religion, notamment sur l'Incarnation, la Rédemption et le sacrement de l'Eucharistie.
Victorin.
J'affirme que le désir d'hérésie est loin de mon âme et que je tiendrai pour crime d'ébranler le majestueux édifice de l'Eglise catholique, apostolique et romaine.
L'abbé de Saint-Honorat.
Cependant tu as mal parlé du Saint-Père.
Victorin.
Du prince temporel. L'Église n'était-elle pas