Acte Troisième iyg
quelques chevaliers à peine. Et le comte Enguerrand qui prend ce moment pour partir !
2e BOURGEOIS.
Avez-vous remarqué l'homme qui était attaché à son arçon ? Celui-ci sans doute de qui il tenait ce renseignement. J'ai idée que ce fanatique a fait sacrifice de sa vie pour faire sortir de la ville Enguerrand au moment propice.
• ier BOURGEOIS.
Miséricorde, vous avez raison, voisin. Allonsnous-en, pour Dieu, allons-nous-en !
Chœur des pénitents.
Si iniquitates observaveris, Domine, Domine quis sustinebit ?
2e bourgeois.
Attendez encore ! Les voici ! Les voici ! Dieu, qu'ils sont pâles !
{Les prêtres ont défilé. Au milieu d'hommes armés, Victorin et Astéria paraissent, vêtus d'une longue chemise jaune, la corde au cou. Derrière le bourreau, les juges, les notaires du Concile, le Vicaire impérial et ses chevaliers, puis les évêques du Concile. Tout au fond on aperçoit le dais archiépiscopal.)
Le HÉRAUT.
Peuple, priez Dieu pour Victorin et Astéria qui vont mourir !
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2e BOURGEOIS.
Ah ! ah ! ceci rassure un peu, il y a quelques bonnes lances de plus.
ier BOURGEOIS.
Et que peuvent faire des lances de six pieds dans une cohue, et des chevaux sur un tel pavé ? Voyez quelle foule innombrable a envahi la place ; il y a certainement là plus de monde que la ville n'a d'habitants! Voyez comme la foule a refoulé peu à peu les milices. Par Notre-Dame, en trois sauts, ils seraient au pied du bûcher !
L'abbé de Saint-Honorat.
Victorin, voici ton heure dernière. Au moment de paraître devant Dieu, n'as-tu rien à dire?
Victorin.
Non. C'est dans la puissance des flammes que vous reconnaîtrez la mienne.
ASTÉRIA.
Mais, moi, j'ai à pousser un cri terrible : A nous, peuple ! A nous 1
(Des clameurs épouvantables retentissent.)