Acte Quatrième i
ces hurlements, ces tourbillons, ceci devrait faire croire à Dieu, ou au Diable !
Victorin.
Oui, que valent les lances et les cuirasses au prix de cœurs de rustres que la foi embrase ?
Astéria.
Des mots! N'importe, nous sommes vainqueurs ; pensons à l'avenir. Certes, l'horizon est large, et les grands espoirs nous font signe. Les rustres ont du bon, vive Dieu ! guidés surtout par de vieux routiers. La ville est à nous, reste la plaine. Enguerrand la tient encore.
Victorin.
Toujours Enguerrand?
Astéria.
Oui, toujours ! Tant qu'il vivra, prends garde !
Le jour où j'aurai sa tête, là, sur mes genoux
{elle fait signe de la soulever par les cheveux)
alors... Mais non, tu semblés fuir tes fidèles, tu
n'ordonnes rien, tu ne te montres même pas;
de temps en temps, il parait qu'on te rencontre,
la nuit, sur les tours ou dans les souterrains,
de pauvres diables à demi-morts de peur, et
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que tu ne vois seulement pas... Si ce nimbe d'épouvante te paraît bon pour eux, soit ; mais seul avec moi, sois tel que tu es.
Victorin (à demi-voix).
Tel que je suis? Comment suis-je ?
Astéria.
Oui, tu n'es pas heureux, je le sais, et tu étais moins triste, à Valsainte, je le sais aussi. Au moins sais-tu aujourd'hui ce que tu es, et où tu es, et qui naguère trônait ici ?
Victorin.
Ah, cesse enfin de railler, femme, et quand tu ne comprends pas, tais-toi ! Si je doutais de mon œuvre, me rendrais-tu la foi ? Si je n'étais plus sûr de la vérité, me reconvaincrais-tu ? Laisse-moi donc, puisque tu ne peux rien pour moi.
Astéria.
Aurais-tu peur de la bataille ?
Ah, vienne-t-elle ! Il est bien des pensées qui ne pénètrent pas par les fentes du casque... Ici je deviendrais fou... Je ne sais seulement