‹ L'hérésie de Dante, démonstréeChapitre 5 sur 5 · DE L^HÉHÉSIB DE DANTE · texte numérisé non relu

DE L^HÉHÉSIB DE DANTE

rieuses, auraient craché sur la croix. Du reste, les inquisiteurs opéraient certes de leur mieux pour faire prendre en horreur aux sectaires, souftiis par eux à la pénitence, cette croix qu'ils leur fajsaient porter sur leurs habits, en étoffe de couleur rouge. Aussi Dante a-t-il soin d'indiquer que celle de ses Patriarches des croisades est de toute autre forme.

Le service religieux consistait dans une prédication ou instruction sur un passage du Nouveau Testament ; ensuite, les croyants, ployant les genoux, imploraient la bénédiction. Tous alors récitaient l'oraison Dominicale, l'unique prière qu'ils crussent permise à des chrétiens, et ils la terminaient par ces mots, qui ne se trouvent pas dans la Vulgate : « Car à toi appartiennent le règne , ja gloire et la puissance â jamais* » (S. Matth., VI, 43 ; Arch. de Vinq, de Carcass., 4243, D*, xxii, f. 4406; Vai'Selte, m, preuves, 436, 438; Lib. sent, inq. Toi., 40, i4 ; Pereg. Priscianus, 95; Arch. de l'inq. de TouL, 4273, f. 47; Moneta, 445.) Aussi vous remarquerez que Dante s'est abstenu dans son xi*' ebafit du Purgatoire de donner la fitt du Pater noster, qu'il fait reciter âui orgueilleux. Le service se terminait par la bénédiction, qui se donnait en ces lermes : Le Père, le Fils et le Saint-Esprit veuillent vous épargner un jour et vous pardonner vos fautes. (Arch, de Vinq. de Tout., 273, D^^ XXV, f. 417-49; Lib, sent. inq. Toi, 29.)

Le consolement ne se donnait qu'aux adultes et aux croyant s des deux sexes, jouissant de toutes leurs facultés. {Actes de Vinq. ; Eymericus, 433.) « Je promets, disent aujourd'hui les Maçons, de n'admettre à l'initiation ni un viei'lard en enfance, ni un mineur, ni un athée, ni un idiot ou un fou, » (LightonM.',, 62.)

Dans les temps de persécution, cette cérémonie^ la plus imposante du culte, se fai-ait de nuit et dans le plus grand mystère. (Eckbert., 944 ; St. de Bellavilla, 90.) De nombreux flambeaux allumés symbolisaient le baptême de feu. L'assemblée se rangeait en cercle (figure parfaite) autour de la table couverte d'une nappe blanche servant d'autel (Vaissette, III , preuves, n** 224, 387), per ordinem in circuitu cum reverenlia magna. (Eckbert., 944.) The Brethern assemble round the alfar, and FORM A ciRCLE, leaving a space for the most Excellent Master, (Light on M,'., 446.) Le mini^tre, placé au centre^ donnait au néophyte, debout près de lui, l'inàtruclion doctrinale, le bénissait par trois fois (comme saint Pierre, qui tre volte cinse Dante), et recevait du nouveau frère la promesse de se conformer aux règles de la vie cathare; engagement analogue à celui que prennent les Maçons, Il s'engageait, entre autres, à ne jamais dormir sine camicia et bracis, ce que prescrivait aussi la règle des Templiers, et à être toujours accompagné de son soctus. (Forma qualiter hœretici hœreticant hcereticossuos ; chez Martenne etD. Th. Nov. unecd., V, 4776; Arch, de Vinq. de Carcass., 4243 , D*, xxn, f. 410 a) Le Pasteur lui donnait ensuite le livre saint à baiser, puis appelait sur lui TEspritSaint, le Paraclet. Alors rassemblée récitait 1 oraison Dominicale, et le service était clos par la lecture des dix-sept premiers versets de l'évangile selon saint Jean (V*»issetie, l, c; Ermeng., 236; Euthym., Narr. de Bogom,, 26), lecture reproduite fidèlement dans certains grades de la Maçonnerie ; ajoutez ((ue dans les

réceptions il n'est pas moins cité de psaumes ou de passages de YÀpo^ calypse que sur les rampes du Purgatoire,

En signe de son initiation , le frère consolé recevait quoddam filum subtile lineum vel laneumpro habitu (les Maçons appellent leurs insignes ou bijoux abito) quem portât supra camiciam, (Forma quLiUter, etc., l, c; Lt6. sent. inq. Tolos., 249.) Les femmes portaient cordulam cinctam ad carnem nudam subtus mamillas, (Arch. de Vinq. de Tout., 4273, D*^, xxY, f. 60 a.) Il est assez remarquable qu'aujourd'hui encore l'apprenti Maçon est introduit dans la loge de réception un pied nu, l'autre chaussé d'une sandale (en souvenir desinsabbatati?) avec une corde autour du cou, dont la longueur .mystique est de trois milles (Light on Mr., 8], et le Maître Maçon de Marque, Mark master, avec celte même corde roulée quatre fois autour du corps. {Ibid., 96.) Le nouveau Parfait recevait par deux fois le baiser de paix, que le ministre lui donnait sur la bouche, bis in ore ex transverso; osculum fratemitatis qu'il transmettait à son voisin et qui passait ainsi à la ronde , puis l'assemblée se séparait. {Forma quai., etc., l: c; Arch. de Vinq. de Carcass., 4243, D^ xxii, f. 442 6, etc.) Les Parfaits et les Parfaites se donnaient entre eux les noms de frère et de sœur. (Act. de Vinq. de Carcass., 4243, D*, xxiv, f. 203 et suiv.) Aussi Dante ne manque-t-il pas d'employer les vocables /rafe et suora, au lieu de fratello et de sorella. Ils avaient de plus des mots et des signes particuliers pour se reconnaître entre eux, sans se révéler aux autres. (Alberic.,''326, Proc. d*Arm. Pungilovo, Murât., Ant. it., V, 434.) Tous ces usages rituels se perpétuent encore fidèlement dans la Franc-Maçonnerie, et se retrouvent avec les moindres détails dans la Comédie.

Chez les Cathares , la cérémonie appelée bénédiction ou fraction du pain correspondait à la Sainie-Cène ; elle se répétait à chaque repas. Après avoir récité l'oraison Dominicale , un ministre, ou le plus âgé des Parfaits, bénissait un pain, dont il distribuait les morceaux aux assistants. (Evervinus, 455; Reiner., 4763. j Us appelaient ce pain panem sanctœ orationis (Lib. sent. inq. To^, Eymeric, 274), disant quod erat panis de Deo. (Lib. sent., 442.) Dans les temps de persécution, le pain béni était porté en secret aux croyants éloignés, surtout aux fêtes de Noël et de Pâques. (Proc. d'Arm, Pungilovo, chez Muratori^ Antiq. it., V, 437; Arch. de Vinq, de Tout., et Lib. sent., 442, 460, 498.) Us n'attachaient du reste aucune signification mystique à leur pain bénit, bien loin de croire qu'il eût à devenir, par la consécration, le corps même de Jésus- Christ, puisque pour eux ce corps n'aurait été qu'apparent. (Eckbert., 922 ; Ébrard., 447; Reiner., 4763.) Les Maçons ont aussi la fraction du pain dans leurs banquets, où ils reproduisent celui d Emmaiis (Light on Mr., ^34 ) ei Dante y fait maintes fois allusion tant dans son Convito que dans la Comédie.

Leur pain céleste n'était pas celui que les Parfaits avaient béni, c'était la parole de Dieu, procurant la vie à celui qui s'en nourrit {Arch. de Vinq. de Carcass., 4305, D\ xxiv, f. 400a; Eymeric, 274}; c'était cette doctrine de vérité que Dante appelle, dans son Banquet, le pain des anges. Pour eux le corps du Christ, c'était leur église, à les en croire la seule église de Dieu. (Steph. de Bellavilla.) Interrogés s'ils croyaient à la présence réelle du corps de Jésua-Christ dans la Cène, ils répondaient

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affirmativement t entendant parler de leur propre personne , consacrée par le pain bénit, membre de Téglise des saints, et présente à la célé^ bration. (Eckbert., 899, 924.) C*est toujours la même subtilité, les mêmes équivoques imagées dont abonde la Comédie.

L'église cathare , formée de la communion des Parfaits, était l'église idéale, invisible, réalisée sur la terre ; les croyants, Téglise extérieure et visible à côté de celle de Rome. Partant de ce principe que, pour communiquer le Saint-Esprit, il faut le posséder soi-même, et que, pour pouvoir laver les souillures des autres, il faut avoir les mains pures, ils exigeaient chez leurs ministres la pureté absolue , la perfection morale. iDisput,, 4753.) Voyez dans les rituels toutes les recommandations de vertu, de probité, de charité, d'amour du travail, adressées par les Maçons aux récipiendaires, et notamment la réception au grade de Royale Arche, où il est donné lecture de la deuxième épitre de saint Paul aux Thessal.» c. iir, du v. 6** au 18®. (Light onM,\^ 424.) Accusant d'autre part le clergé catholique d'avarice , de simonie , d'intempérance , d*oisiveté , d'hypocrisie, etc., ils refu^aient toute efficacité à ses prières, car selon eux, sa foi était fausse et morte , la vérité n'était pas dans sa bouche. {Arch, de Vinq, de TouL, D^, xxv, f. 39 a; saint Bernard, Serm,, 36, i, 4500; Eckbert., 902; MoneU, 433, etc.)

Les croyants, astreints aune sévère économie, menaient une vie active et laborieuse , afin de subvenir à la fois à leurs besoins et à ceux de l'église cathare, à ceux de leurs frères indigents ou malades. (S. Bernard., Serm.y 66, 4494; Joachim, In Apoc, f. 432; Ebrard., 470; Luc. Tud., 463 ; Moneta, 306.) Ils avaient leurs hospices et leurs écoles gratuites. (Vita S. Dominici, in Act. sanct. Août, i, 569.) Très-versés dans la connaissance de l'Ëcriture sainte et très-habiles à l'interpréter en leur sens. (E«kbert. , 923.) leurs Parfaits soutinrent souvent avec avantage de longues controverses contre les théologiens de l'Église. En effet, la plupart, dans le midi de la France comme en Italie, sortaient des familles de la noblesse et de la riche bourgeoisie, dont la culture intellectuelle était beaucoup plus avancée qu'ailleurs dans ces contrées, et les jeunes gens capables étaient envoyés dans les universités pour y terminer leur éducation, surtout dans celle de Paris. (Lett. d'Yves de Narb,^ 4245; ap, ; Matth., Paris, 413.)

Le suicide, loin d'être un crime ou même un péché aux yeux des Cathares, était pour eux une marque do foi , une preuve de sainteté. Ils y avaient donc recours, par le fer, la faim, la strangulation ou le poison, soit pour ne pas tomber vivants aux mains des inquisiteurs, soit pour échapper aux souffrances du bûcher, soit lîiême pour ne pas perdre les effets du consolement et finir comme les anciens confesseurs. Le suicide par la faim s'appelait Vendura. (Lt6. sent. inq. Toi, 28, 33, 70, 414, 434, 479; Reiner., ap, ; Gretzer, 40.) Rien de plus logique dès lors que la béatification de Gaton d'Ulique, signalé, dès les premiers vers du Purgatoire, au respect des croyants, comme le représentant de Dieu, à qui l'âme noble ou cathare doit revenir, de même que Marcie à Caton. Quale uomo terreno più degno fu di significare iddio che Caione? Certo nuUo, (Conv., iv, cap. 28.)

Notre intention ayant été de n'appeler ici l'attention que sur les

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dbgmôs, opiniônB et usâgeâ cathares dont on peut trouver ti^ce dans la Comédie, et dont là reproduction identique saute aU^ yeux dans tes mystères de la Frahc-Maçoniièrie, teld qU*oti les célèbre encore dé iiôs jours, nous terminons Ici ce ^éslimé. Nous étions pourtant bieii téiité de dohhôl^ Un pètl ptué de développement à ce petit traité d'archéologie compâ^6e. d'où semblerait résulter la parfaite consanguinité du Gatharistiie et de la MaçoîitieHé. Nous ne songions à rieh moins, en etfet, qu'à établir, 4 l'àiiie de rapprochements assez saisissants, la f^aterliité de l'érganiâatioh maçonnique et de la Comédie. Que voulez-vous ? nous sommés uh esprit tellement sophistique et paradoxal ! Oui, c'est à ce point que, pour nous, Dante serait le veritabltj père de ta Maçonnerie, telle qu'elle existe encOfe aujourd'hui. Il en aurait rombihê les grades nombreux, les symboles, tes éérétuduies diverses, en les greffant sur les mystères bizarres du Temple, si peu connus mainlenaut, dé riiatiièreà y relier, sâiis les confondre, l'action politique et l'action religieuse, toutes deux sou* mises à une direction unitaire. On y retrouve, en effet, pour peu qu'on tëuille y regarder, les idées théoriques et gouvernementales, le fai^e et jusqu'aux expressions de ce génie encyclopédique. Sa paternité s'y rév.èle à bhàque pas, dans ces allusions géminées â l'Écriture et à l'histoire, dans ces citations des psaumes ou dé l'EVàdgile qui se reproduisent de grade en grade ; dans la glorification de là raison, de la justice ou diroiture, du travail, de la charité pour le pauvre et l'opprimé; comme aussi dans la haine qui y respire contre les destructeurs du Temf)le. en s'alliant à une prédilection toute particulière pour l'aigle romaine, the Roman Éagle; toutes choses qui, pour être passées inat>orçues depuis longtemps, n'ont pas moins leur significatioii pour les profanes qui s'avisent de réfléchir.

a puis Comment Aë pas être frappé eh voyant lés Chevaliers de la Marque chrétienne procéder à leurs travaux en vertu d'une bulle du pape SylVeStre, bjj à bull of kis kolifiesè Pope Sylvestet; aU tempe duquel les Catharéâ fdnt remonter leur séparation de l'Église romaine (fiossuet, hist. des t^(tr.);d'où les Séparés, Ifaclos/i^ ou Solitaires; en remarquant certaines marches maçonniques exécutées contte le cours du Soleil, à l'instar du vol de l'aigle romaine^ que Constantin ^olse contra il corso del Cielo, (Pai ., VI?) Comment ne pas s'étoimer surtout en croyant reconnattre, pour l'avoir vU figurer en Paradis (xiii), le^i^lomon des Maçons, fondateur du premier Temple^ et vengeur du fils dé la veuve, comme Trajan, qui la vedoveila consola del fiylib (tx), dans le Salomon-Trajan de Dante, Henri VII? Quand, bien plus, ce triplex etunus Deuii, opposé au serpent à trois tëted, au triplex Cteryon, ndus par<ftt se confondre si complètement avec le Cyrus maçonnique voyant, darià un rêve, le vieillard iiu p\ëû d'argile [Enf. tiv), sous la figtire de Nabuchodonosor chargé de chaînes, et Philippe-le-Bel sou^ Celle d'un lion féroce, comme au début de la Cohiédie.

Aussi en sommes-nous à hous demander, si fe Cyrus sous le patronage duquel fin reconstruit le Second Temple, celui qui, résolu io libérale the captives (ces pauvres Cathares esclaves dans Babyldhe) pérniit à Zorobabel to approach the degrees of his thfone; qui lui demanda à être initié aud: mystères du feffiple, eh déclarant porter lui-même le

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tablier des maçons et le faire porter â ses cdUriisans « à rimitation des ouvriers du Temple » (Voy. Light ôri Jlf/., 443-48^ 52, a07 et sul^., et Villiaume, 421-25), ne serait pas, en définitive, Henri de Luxc^mbétirg; cër alors lé 2orobabel, qui entreprit si cduragëusemëiit la rëc^tlstructioh désirée, tië serait autre que le gran Padfë Alighieri lui-même, si heii'reux, nous le savons, d'avoir été admis â eibbrasser les Èacrés gehùtàôb de son prince bienaimé, VAghUs Dei, i'édefnt)teur des captifs. (Lettre de Dante à ce monarque.)

Si donc tious ne sommes dupe d'Un foirage ti'omf>eur, il y àUfait pett à s'éionner de tarit de points de Ressemblât! ce entré la î^ilbgie dantesque^ Où domine un symbolisme mystique d'Utie obscurité savàmmentcotttbinée, et cette institution mystérieuse, aux cérémonies et au langage bizarrest dont les membres, ne contiaissafit, à Theure qil'il est, ni son oHgine rii sôà but réel, en sont arrivés à croire qiie leur secret n'eôt qu'Un tfiytbe tlestiné à voiler une école de philosophie naturelle (épicurienne, pythagoricienne, platonicienne, stoïcienne, c'est tout un). La Comédie, en effet, ne serait alors que la mise eh œuVre poétique d'Ufieftidme idée politique^ religieuse et sociale, enfantée par le môflie cerveau olympien; idée puissante autant que féconde, dont l'influence, s'étendânt aujoufd'hui encore sur le monde entier, y aurait réalisé» sous forme républicaine et sous tous les $!0uverr1ement8, la Monarchie univet^selle du génie qui avait rêvé cetle de l'Empire (*).

Desirerait-on maihtenant savoir à quelle époque s'opéfa là fusion etitrè le catharisme, le templarisme et le t)arti impérialiste ou glbelih, fusion à laquelle Dante fait très-clairement allusion dans les derniers chants du Paradis [voy. aussi le xxiit^), et à laquelle soi! habileté diplomatique tie fut pas certe étrangère? Qu'on lise avec attention cetetposé historique dont nous donnons ici la traddctioti fidèle, sauf quelques parenthèses :

a Après les persécutions dirigées èodtre les Tetnt)lief8, dont l'Ordre fut banni au concile de Vienne, le 1 **■ octobre 4 311 , et dont les propriétés, laissées à la disposition du f^ape, furent données en partie aux Hospitaliers de Saitit-Jean de Jérusaleth, en 4312 ; le nomb^é des ehevâliers qui avaient échappé était fort restreiht. Ils cherchè^ellt dôtic à recruter leut 0^dre en y admettant des personnes qui leUr inspirassent confiance et qu'ilsdfussent capables de garder un secret de la plus hàtlte importance. C'est ce (Ju'ils If cuvèrent parmi les bons et vertuBiiàD Maçotls que Saloinoft avait distlngtiés après la cônstruëtlofi du Temple. (Lisez parmi les 6ônshotnmes de la Massenie du Sslint-Graâl, dOtii les Mvéht avaient pour but la Jérusalem célt'Ste, et qu'avait distingués antérieurement le Sâldmon Frédéric II, par lequel le gnosticisme avait fait ihvasidti dallS le Temple.) La candeur et l'intrépidité.dont ils avaient fait preuve dans lès plus grands

(*) Si ces éludes tombent dans les mains de quelqu'un *des dig^nes Ma^ns qui répudièrent l'Ordre après le meurtre du F.*, ftlorgan, .et publièrent le livre curieux intitulé Light on Mcaonry , ils reconnaîtront sans doute l'erreur dans laquelle ils s/btti tombés^ en croyant la Maçonnerie dirigée contre le ehrisUanlsmè, lorsqu'elle ne menncè eh réalilé que l'ÉgliHe romaine, dont les chefs, ne s'abusant pas sur sa portée réelle et peut-être même sur son originecathare, l'ont frappée mainte fois d'excommunication. Ils n'ont pour s'en (Convaincre qu'à ajouter au mot religion, l'épltiiète cathdliqUe, dans I*allocuUon dû P. Adam^ pag^s 255 et ftil v. étà L ôH M,\

dangers, la sagesse, l'union, la charité, Tamour, rimpartialité, la discrétion et le zèle qu*on admirait chez eux (les dritti costumi de ces tanto santi qui édifièrent le Toulousain Stace, si versé dans les mystères du Vaso Naturale, Purg.,xxii, xxv), tout contribua à leur persuader, qu'ils ne pouvaient mieux faire que de s'unir avec eux. Leurs pères, leurs patrons et afQliés recherchèrent donc la faveur d'être admis dans leur association et initiés à leurs mystères. Les nouveaux initiés furent informés par les Maçons (du Saint-Graal) de ce qu'ils étaient réellement, des événements d'une cruauté barbare auxquels ils avaient échappé (la croisade albigeoise) et des résolutions qu'ils avaient prises d'augmenter secrètement leur nombre, de rétablir leur Ordre (du Saint-Graal) et de re^ prendre possession de leurs domaines (du Languedoc et de la Provence). Les Templiers offrirent alors à leurs frères leur concours, pour les aider à prendre leur revanche et, leur cause étant désormais commune, ils les invitèrent à compter sur eux et sur leur juste gratitude (pour leur avoir tendu la main comme à des frères opprimés). Les chevaliers Grands-Ëlus ayant approuvé leurs projets et accepté les offres des Princes Maçons, il fut convenu entre eux qu'en place de l'insigne de l'ordre du Temple, qui était une crotxCvue d'assez mauvais œil des deux parts^ comme instrument de la Passion du Christ), les uns et les autres adopteraient dorénavant les symboles, signes et mots de passe des Maçons. Diverses analogies dans les événements de leur histoire donnant aux Templiers la conviction que les différents signes delà Maçx)nnerie (Massenie) les mettraient entièrement à couvert contre la malice de ceux qui chercheraient, comme il avait été fait déjà, à s'introduire frauduleusement dans TOrdre^ et qu'ils ne pouvaient mieux confier le véritable secret, qu'à ceux dont ils avaient, à répreuve,'reconnu la loyauté, et en qui ils avaient la plus grande confiance. (La langue maçonnique serait alors celle dont Adam dit: Uidioma cK io usai e fei. Par. xxvi.) Il en fut donc ainsi, et les Templiers passèrent par les différents degrés connus dans la Maçonnerie qui, remontant à la construction du Temple de Salomon, se perpétua jusqu'à sa destruction, signalée par les événements les plus remarquables; évé» nements entièrement analogues a la destruction des chevauers DU Temple (mêmes causes, mêmes effets dans la croisade albigeoise qui écrasa la Afossente).... Voilà d'où la Maçonnerie est dérivée et comment elle a été transmise jusqu'à nous ; voilà ce qui nous porte à nous associer des hommes dont le mérite, le courage, les bonnes mosurs, leur valent de titres à ce qui n'était accordé qu'à la naissance chez les ancêtres des Templiers. »

Il y a certes là toute une révélation et ce récit d'une extrême limpidité, qui remonte probablement jusqu'à Dante lui-même, porte en soi tous les caractères de l'authenticité, quoiqu'il ne faille certe en chercher les éléments ni dans les chroniqueurs ni dans les historiens anciens ou modernes. Mais on le trouvera tout entier dans Light on M.'., 285-86, tel qu'il est journellement débité par les héritiers du Temple et des Qonshommes de la Massenie, dont les plus doctes croient n'accomplir qu'une vaine cérémonie et ne se doutent pas qu'ils font un cours d'histoire. lU ne se doutent pas davantage que ces Chevaliers de Malte auxquels ils font jurer une haine implacable, ne sont autres que les champions du Pape, seigneur

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suzerain, comme capo reOy du château-fort de Malta, sur le lac de Bolsenna, où étaient enfermés les criminels ecdésiastiques; pénitentiaire auquel Dante ne manque pas de faire allusion, à ce titre, chant ix du Paradis, Ils ne se doutent même pas, s'ils savent que le fameux Hiram Âbiff, assassiné par des misérables, est la figure de Jésus-Christ ; qui! est aussi la personnification mystique de l'église cathare elle-même^ de ce Temple de la Jérusalem céleste dont le Sauveur, Grand Architecte qu'il était, disait aux Juifs qu'il le reconstruirait en trois jours; église cathare ou « loge dont la première place fut entre trois montagnes inac* cessibles aux profanes, dans une profonde vallée, où régnaient la paix, la vertu et Vunion, r> (Light on M.*., 306.)

Mais il ne faut pas donner aux érudits, qui finiraient par être désorieniés, trop de besogne à la fois, nous nous arrêtons donc et nous renverrons ceux qui désireront de plus amples rensignements sur le catharisme proprement dit, à VHistoiredes Cathares, ôb M. G. Schmidt, œuvre remarquable, qui nous a été d'un grand secours, et dans laquelle une impartialité toute chrétienne met encore mieux en relief la plus consciencieuse érudition.

Nous ne terminerons pas cette note sans inviter les théologiens et avec eux le savant historien de Port-Royal des Champs, à rechercher s'il ne serait pas possible de retrouver quelques traces des doctrines cathares dans celles que la Compagnie de Jésus poursuivit avec tant d'acharnement sous le nom de jansénisme ; car les opinions religieuses de ces Solitaires, dont la vie austère et la morale rigide rappellent étonnamment la manière de vivr« et de penser des Parfaits, pourraient bien remonter beaucoup plus haut que l'évêque d'Ypres. Nous en croirions volontiers à cet égard l'instinct persécuteur des inquisiteurs du grand roi, fort éloignés de partager l'admiration enthousiaste de Dante et de Pétrarque pour les Solitaires. Que dirait M. Cousin, grand Dieu! s'il lui fallait reconnaître des Parfaites dans les belles pécheresses de cour, gracieux objets de ses amours platoniques rétrospectifs ^

Notre iatention était de condenser à la fin de notre Commentaire les nouveaux éléments fournis par le Paradis, pour compléter la Clef du langage symbolique des fidèles d'Amour; mais le volume est déjà bien gros, puis cette C/^/" n'étant qu'un résumé ou table alphabétique, il sera toujours temps de lui donner son compléiiient. Nous n'y manquerons pas, si Dieu nous prête vie, pour l'édification de M. Saint- René Taillandier et de ses patrons, dont la bienveillance à notre égard s'est manifestée à tant de signes. Nous espéron»nous en acquit-

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ter de manière à lee mettre en mesure d'entendre couramment i l'aide de nos bouffonneries, dont l'Académie des inscriptions et bdlee lettres doit s'amuser un dé cçs jours, les poètes et romanciers pro- Yençaui, Pétrarque, l'Arioste, 1^ Tiisse, Boccace, les sonnets de Michel-Ange, la prose de Gravina, de Marsile Ficin et des autres platoniciens composant la Société de la Truelle, etc., ce que nous les défions défaire, même à l'heure qu'il est, avec toute leur gravité et tout leur bagage bibliographique. Il ne suffit pas, en effet, d'avoir lu beaucoup de lettres moulées, allemandes ou autreS| et même de vieux manuscrits, pour se poser en docteur et se croire endroit de rudoyer le pauvre monde; il semble encore qu'il conviendrait au moins de comprendre ce qu'on a lu. Nous tâcherons donc dans notre humble sphère d'y aid^ ces superbes maîtres, sans même espérer d'eqx un .remercîment pour leur avoir mâché le pain des anges. Puisse-t-illeur être léger !

•o^o<y>Q<y<ho^*'

Imprimerie d« w. RBMQVBT et cie, rue Garanciére, n. 6.

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