PREFACE
I/ordre dans lequel ces études se présentent au public n'a, en dépit des apparences, rien d'arbitraire. Il a été déterminé, je le confesse ingénument, par le sens présumé d'une curiosité à laquelle l'auteur ne pouvait prétendre à imposer ni son talent ni son sujet. Dans les contrées peu explorées, ce sont les points les plus rapprochés, et aussi les plus élevés, qui ont chance d'attirer d'abord les voyageurs. Il s'agit, dans ce volume, d'aborder les espaces intermédiaires. Mais le guide sera-t-il suivi?
J'engage mes lecteurs à prendre conseil du proverbe russe : Grotnada viélikiï tchéloviék^ une foule d'hommes est un grand homme. Pierre I" lui-même, j'ai essayé de le montrer, n'a été que l'expression d'un ensemble collectif d énergies accumulées, dont le développement n a pas conservé, après lui, une allure également vertigineuse, mais dont le caractère et la force intime se sont accusés alors surtout. En absorbant ces éléments dans sa personnalité puissante, il les comprimait et les masquait. Voici qu'ils paraissent au jour et avec quel relief! Au point de vue du mouvement politique et social, l'époque où nous allons pénétrer correspond à une de ces périodes d'arrêt, de recul, pourrait-on