‹ L'héritière, comédie-vaudeville en un acteChapitre 6 sur 20 · II · texte numérisé non relu

II

Un grand hussard et d'estoc etde taille ,

Avec audace me chargeait ; Mon sang coulait : la fureur me de'vore , Le bras tendu, droit sur mon étrier, J'attaque, en flanc, le farouche guerrier j J'allais frapper , et s'il existe encore , Il doit la vie à votre jardinier.

Oui : il est venu m/enlever une victoire certaine... De rage, je suis sauté sur mon fusil de chasse, qui était sous ma main...

AGATHE

Ah ! mon dieu !...

GUSTAVE

Et à défaut de grenadiers ennemis , j'ai couché sur la poussière quatre perdreaux, un lièvre et un lapin ci-inclus, que j'ai l'honneur de vous offrir, comme trophées de ma victoire. (Il met sa carnassière sur la table , et en tire le gibier.)

Agathe, bas à Gourville.

Rassurez-vous, j'avais raison, il est fort gai et fort aimable; mais pour amoureux, non.

Vous avez tort, c'est une gaké factice. Il est piqué contre vous, et il veut à son tour jouer rindifférence.

gustave, montrant sa chasse.

Holà... eh! quelqu'un, (un domestique parait.) Par exemple, on ne dira pas que j'ai eu affaire à des conscrits, regardez-moi celui-ci, c'est le doyen.

Air : Un homme pour faire un tableau.

Voyez ces favoris e'pais Sous lesquels se cachent ses lèvres , C'est le Nestor de ces forêts , C'est le patriarche des lièvres j D'avoir pu le tuer vivant Je me glorifierai sans cesse ,* Car si je tardais d'un instant, Il allait mourir de vieillesse.

Mais fut-il encore plus dur, si votre maître -d'hôtel veut me le mettre en civet , dans une demi-heure, il n'y paraîtra plus ( remettant le gibier au domestique qui Vemporte)] car vrai, je succombe, et vous, madame, qui êtes si bonne, si aimable, vous ne voudriez pas avoir ma mort à vous reprocher.

AGATHE

Non, sans doute, et je vais donner des ordres...

GUSTAVE

Ah! vous me rendez la vie... {Ilbaisela main d'Agathe au moment ou elle sort ).

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