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de l’utérus et se termine par un pavillon. Dans le ligament large, on voit un corps ovoïde allongé dont la structure rappelle celle d’un ovaire de petite fille.
A droite, au contraire, la trompe de Fallope est très rudimentaire; mais à côté, on trouve un testicule nettement conformé, pourvu de son épididyme et d’un canal déférent, dont malheureusement on n’a pas déterminé l’abouchement à l’urèthre.
En résumé, ^existence d’une glande mâle d’un côté, et d’une glande femelle de l’autre, fait de ce cas un exemple indéniable d’hermaphrodisme vrai et complet.
Est-il encore possible après cela de douter de l’hermaphrodisme vrai anatomique dans l’espèce humaine ?
S. Pozzi, qui avoue que la chose a été observée chez la chèvre et chez le porc, ne peut se résoudre à l’admettre chez l’homme. C’est ainsi que pour lui Angélique Courtois n’était qu’u simple hypospade avec testicule atrophié. Il v même jusqu'à douter que le sujet d'Heppnerait ét un vrai hermaphrodite et se demande si le testi cule qu’on a décrit n’était pas un ovaire surnum^ raire en voie d’atrophie.
Nous avouons pour notre part que cette interpr tation nous étonne, émanant d’un chirurgien d’o dinaire si bien informé. Qu’on examine les figur annexées au mémoire d’Heppner et l’on se co
fl.
de
de
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HERMAPHRODISME ALTERNE
j’ vaincra que des deux coupes microscopiques repré- \ semées dans ces figures, Tune représente bien la structure d’un testicule, l’autre la structure d’un
i ovaire. ^
Cette variété d’hermaphrodisme n’a pas été si- " gnaléeque chez l’homme; J. Reuter, en i885, l’a rencontrée chez un jeune porc hypospade, dans lequel on pouvait voir le canal utéro-vaginal déboucher dans un sinus uro-génital, en même temps que le canal déférent du testicule existant. Cette observation est précieuse, en ce sens qu’elle a comporté un examen microscopique qui ne laisse aucun doute sur la nature du testicule et de l’ovaire, et que par suite elle confirme les observations que l’on a faites dans l’espèce humaine.
Nous pourrions en dire autant de celle que F. Schnopfhagen a faite sur une chèvre.
L'hermaphrodisme vrai, c’est-à-dire la présence simultanée chez un même individu d’une glande génitale mâle et d’une glande génitale femelle, est ordinairement associé à l’hermaphrodisme des canaux excréteurs des glandes génitales mâles (canaux de Wolff) et des glandes génitales femelles (canaux de Millier), et à la malformation des organes génitaux externes (pseudo-hermaphrodisme apparent).
L’hermaphrodisme des voies génitales est complet et normal chez l’embryon, et l’on en retrouve des vestiges parfaitement reconnaissables chez l’adulte. Ordinairement atrophiés dans la plu^
HERMAPHRODITES VRAIS
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grande partie de leur trajet chez la femme, les canaux de Wolff peuvent exceptionnellement persister chez elle et donner lieu à un organe de Rosen- ■i müller complet (avec canal de Gartner) \ pareille-
ment les canaux de Müller, qui disparaissent presque entièrement chez l’homme, peuvent anormale- ' ment persister chez lui et fournir l’exemple d’un
; homme portant tout à la fois un pénis et des testi-
. cules, un vagin et un utérus !
' Le degré le plus simple de cette dernière ano-
malie consiste dans un simple agrandissement de l’utricule prostatique ou vagin mâle, comme dans le cas qu’a rapporté Leukart, où une grande vésicule à rides transversales s’ouvrait sur levérumontanum.
Cette anomalie dans l’espèce humaine rappelle le grand vagin mâle, normal de certains ruminants (antilope, bœuf du Cambodge), et des rongeurs. Lorsque l’anomalie est plus accusée, la poche vaginale ou poche de Weber peut offrir l’image exacte d’un petit vagin borgne; — plus développée encore, elle peut représenter un véritable canal vagino-utérin, et l'utérus même peut être unicorne, comme dans les exemples de Betz et d’Eppinger; bicorne, comme dans les observations de Mayer et de Hyrtl.
Mais aucune de ces observations n’est aussi remarquable que celle que Petit (de Namur) communiqua à l’Académie des sciences en 1720;
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aucune pièce anatomique ne vaut non plus, dans ce genre, celle que Von Franqué a déposé au musée de Wurtzbourg.
L’observation de Petit concerne un soldat mort à l’âge de vingt-deux ans. Entièrement mâle, ce sujet avait cependant le scrotum vide et les testicules en ectopie abdominale. La prostate et les vécules séminales existaient et les canaux déférents allaient s^ouvrir comme à l’ordinaire dans la portion prostatique de l’urèthre, qui recevait, en outre, l’abouchement d’un utérus dont les angles se continuaient avec deux trompes de Fallope complètes.
Dans le cas de Franqué, il s’agissait aussi d’un cryptorchide, qui portait un vagin et un utérus bien conformé, subdivisé en col et corps, et surmonté de deux oviductes.
Plus récemment, J.-A. Boogard, Barth et Remy, Martin, ont rapporté d’autres exemples plus ou moins typiques de persistance du canal de Müller chez l’enfant mâle ou chez l’homme adulte.
Chez un enfant mort d’une cure radicale de hernie, Stonham observa deux testicules dans le sac herniaire, et de plus un utérus complet, un vagin ' en rapport avec une prostate, un bulbe de l’urèthre bien conformé, et l’absence de vésicules séminales.
Cette observation, pour le dire en passant, suffit
à détruire l’opinion de ceux qui veulent voir dans la prostate l’homologue de l’utêrus, puisqu’ici il y
hermaphrodites vrais
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avait à la fois un utérus et une prostate chez le même sujet.
Chez un autre individu atteint d’hypospadias, le même observateur découvrit deux testicules munis de leur épididyme, attachés aux angles supérieurs d’un utérus pourvu de ses oviductes.
Dans d’autres cas, ce ne sont pas les canaux de Millier qui achèvent chez l’homme un développement qu’ils ne prennent d’ordinaire et normalement que chez la femme, mais ce sont les canaux de Wolff qui prennent un développement anormal chez la femme.
Habituellement les vestiges des corps de Wolff chez la femme se réduisent au corps de Rosenmüller, dont les canalicules correspondent à Tépididyme du mâle, et le canal excréteur à l’origine du canal déférent.
Mais dans certains cas exceptionnels, le canal de Wolff peut persister chez la femme dans une grande partie de son étendue ainsi que l’ont vu Beigel, Freund, Kochs, Rieder, et comme je l’ai observé moi-même sur une petite fille en 1888 (Voy. Bull. Société anatomique.^ p . 5 1 1 , 1 888).
Ces canaux, du reste, persistent normalement chez plusieurs espèces de Mammifères, notamment chez la vache, la truie, la chèvre, la chatte, où ils sont connus sous le nom de canaux de Gaertner.
Realdus Colombus, Veit, Freund, de Graaf, Kochs et Bœhm, Kœberlé, ont cité des exemples
HERMAPHRODISME ALTERNE
ide persistance plus ou moins nette des canaux de Wolff chez la femme adulte.
La première observation, et non la moins intéressante, qui ait été donnée sur la matière, est icelle de Colombus qui a vu deux canaux partant des ovaires parcourir le ligament large parallèlement aux trompes et s’étendre jusqu’à la racine du clitoris. Colombus, à juste titre, regarda ces .canaux comme représentant les canaux déférents de l’homme.
Ce genre de bisexualité peut ne porter que sur les canaux de Wolff qui persistent anormalement .chez la femme, ou sur les canaux de Müller qui persistent et se développent anormalement chez l’homme, mais le plus ordinairement il s’y joint des malformations des organes génitaux externes.
Dans le cas de persistance et de développement des canaux de Müller chez l’homme, cas le plus .commun, on observe en même temps l’hypospadias, la fissure scrotale avec cryptorchidie, ce qui
• constitue le pseudo-hermaphrodisme masculin complet. Ce résultat est dû à la présence du canal utéro-vaginal qui gêne le développement du tubercule génital et des replis génitaux : il en résulte une verge avortée et hypospade et une fissure scrotale
• qui donne accès dans un sinus uro-génital où s’ouvre le vagin.
C’est dans cette catégorie qu’il faut ranger les ï sujets des observations d’Ackermann, Gunther,
120 HERMAPHRODITES VRAIS
Godard, G. Mayer, Follin, Hesselbach et Langer et Arânyi.
Sur les sujets de Follin, Hesselbach et Langer, il existait un utérus ordinaire avec trompes complètes et des testicules munis de leur appareil excréteur normal, dont les uns étaient descendus dans une moitié de la bourse scrotale, et les autres en ectopie inguinale ou abdominale.
Le cas de Follin concerne Angélique Courtois, morte en 1848, qu’Antoine Dubois, 20 ans auparavant, avait considéré comme un simple hypospade, et qui, pendant la vie, n’avait point été réglée et n’avait manifesté aucune tendance sexuelle.
Reuter a décrit un cas typique du même genre qu’il a observé chez le porc.
Le développement des voies génitales mâles, coïncidant avec une conformation masculine des organes génitaux chez la femme, constitue une forme peu connue, sinon rare.
On peut en rapprocher le cas de Giuseppe Marzo, que nous avons rapporté plus haut, à propos du pseudo-hermaphrodisme apparent de sexe féminin, parce qu’il y avait en même temps chez cette vraie femme, baptisée et élevée comme homme, dont elle avait du reste l’habitus extérieur et les penchants, deux canaux éjaculateurs qui se terminaient en cæcum à 12 ou i5 millimètres du
verumontanum.
ORIGINE DE l’hermaphrodisme
ARTICLE V. — ORIGINE DE l’hERMAPHRODISME
Quelle est l’origine de ces anomalies?
§ I. — Hermaphrodisme vrai.
En ce qui concerne Vhermaphrodisjne vrai,, l’explication en est des plus simples. Originairement l’homme, comme tous les animaux vertébrés, possède un double sexe, autrement dit, des organes mâles et femelles situés côte à côte. En général, l’un de ces systèmes organiques s’atrophie pendant le processus évolutif du développement, en vertu, disait Geoffroy Saint-Hilaire, de la loi du balancement organique,, et de cette époque date la sexualité. Mais qu’un arrêt de ce développement rétrograde vienne à se manifester, et nous aurons la persistance des deux catégories d’organes sexuels ; c’est ce qui a lieu d’une façon plus ou moins parfaite, en effet, dans les anomalies de développement auxquelles on a donné le nom ôi fiei'maplirodisme anatomique vrai (i).
(i) L’espèce d’androgynisme dans laquelle le vagin s’ouvre dans l’urèthre n’est qu’un arrêt dans le développement normal, puisque primitivement (organisation normale transitoire) les canaux de Müller, qui donnent naissance au vagin plus tard, s’ouvrent dans le canal uro-génital, ce dernier étant représenté chez l’adulte par le canal de l’urèthre.
Le cloaque lui-même peut persister et l’intestin et les canaux génito-urinaires venir continuer à y déboucher. Le vagin peut
ORIGINE DE l’hermaphrodisme
§11. — Hermaphrodisme apparent.
U hermaphrodisme apparent n’est pas autre chose non plus qu’un état organique antérieur normal persistant anormalement au delà de son terme ordinaire. Et comme les organes génitaux externes se développent indépendamment des organes génitaux internes, on s’explique fort bien que l’hermaphrodisme vrai puisse coïncider avec une malformation des organes génitaux externes qui donne naissance à un hermaphrodisme que j’appellerai externe ou' apparent., ou qu’il existe sans cette anomalie, et inversement.
Vers la 5® semaine de la vie intra-utérine, l’embryon humain acquiert une ouverture d’excrétion commune à l’intestin et aux organes génitaux (ouverture cloacale) et au-devant de cette ouverture ne tarde pas à s’élever un corps saillant (phallus) en forme de clitoris ou de gland, à la face inférieure duquel s’étend un sillon parti de l’excavation cloacale. Ce sillon ou fente génitale s’est beaucoup accusé à la 8® "semaine et de chaque côté se voient deux replis de la peau qui ne sont que les rudiments des grandes lèvres. De la lo* à
s’aboucher dans le rectum : Témoin Thistoire curieuse de cette Piémontaise prise des douleurs de l’enfantement, à laquelle les sages-femmes cherchaient en vain l’orifice vaginal et qui n’en accoucha pas moins par... l’anus!
HERMAPHRODISME APPARENT
Ilia 1 1® semaine, un pont transversal sépare Touver- Itture cloacale de la fente génitale ; c’est là la prelimière ébauche du périnée qui sépare un peu plus [ttard définitivement l’ouverture cloacale (anus) de d’ouverture génitale. Les bords de la fente génitale sse sont accusés eux aussi ; ils s’étendent jusqu’à la fface inférieure du clitoris et représentent les petites [lièvres. Le tout reste à peu près en l’état chez la ifemme.
Que faut-il à cette disposition anatomique pour :passer du type femelle au type mâle ? Simplement que les deux grandes lèvres se soudent l’une à 1 l’autre en un scrotum (dont le raphé indique toui jours la ligne de soudure) et que les bords des petites lèvres s’unissent également pour form’er l’urèthre. C’est en effet ce qui a lieu vers la 1 5® semaine de la vie intra-utérine.
En résumé, dans le sexe féminin, le sillon génital ne se ferme pas. Il représente le vestibule du vagin (vulve). Les bords de la gouttière se prolongent et donnent naissance aux nymphes, les replis génitaux deviennent les grandes lèvres, le tubercule génital le clitoris.
Dans le sexe masculin, le tubercule génital grandit et s’allonge pour former le pénis.
La gouttière de sa face inférieure se ferme et se continue en arrière avec le canal uro-génital qui, chez la femme, constitue tout le canal de l'urèthre, alors que chez l’homme il forme la portion prostato-