‹ L'hermaphrodismeChapitre 42 sur 57 · III. — Hermaphrodisme alterne · texte numérisé non relu

III. — Hermaphrodisme alterne

Les observations d'hermaphrodisme alternet ::’est-à-dire l’espèce dans laquelle il existe un testi-

HERMAPHRODITES VRAIS

cule d’un côté, un ovaire de l’autre, sont assez nombreuses.

Varole, Rudolphi, Harvey, Jacob, Sue, Morand, Maret, Ackermann, Varocler, Mayer, Berthold, Follin, Virchow, Boddaert, etc.

d’un hypospade de 14 ans chez lequel on trouva à l’autopsie, à droite, un ovaire et une trompe se rendant dans un utérus qui débouchait dans un vagin; à gauche, dans le canal inguinal, un testicule coiffé de son épididyme d’où partaient deux conduits (canaux déférents) allant se perdre sur l’utérus.

Dans le cas de Varocler, on trouve à la nécrop- ' sie d’un hypospade de 18 ans un testicule dans , la moitié droite du scrotum, avec canal déférent allant aboutir à une vésicule séminale et de lÈ à l’urèthre; à gauche un ovaire, un ligament rond et une trompe normale s’ouvrant dans une petite matrice imparfaite.

Maret adonné en 1767 la relation de la trouvaille qu’il fit sur Jean-Pierre Hubert, mâle à

A cette catégorie appartiennent les cas de ^

Dans l’observation de Sue et Morand, il s’agit

gauche, femelle à droite, et sur Louis Hainault, femme à droite, mâle à gauche. Chez le premier, hypospadias de 18 ans, mort à l’Hôtel-Dieu de Dijon, il y avait un pénis imperforé, et au-dessous une fente vulvaire en haut de laquelle s’ouvrait l’urèthrcj plus bas le vagin garni d’un

HERMAPHRODISME ALTERNE

iiymen. La grande lèvre gauche contenait un tesiicule bien conformé dont le canal déférent allait se “cendre à une vésicule séminale renfermant du ,iperme; à droite existait un utérus infaniilis avec lime trompe dont le pavillon allait embrasser un ))vaire d’aspect normal.

Dans le cas de Rudolphi, il y avait une fissure c.crotale conduisant dans un sinus uro-génital ; à [gauche un utérus avec ligament large complet, renic’ermant un ligament rond, une trompe, un ovaire ::t un organe de Rosenmüller; dans la moitié droite du scrotum, un testicule avec épididyme et .anal déférent allant s’ouvrir, en suivant le vagin, dans le sinus uro-génital. On trouva en outre une orostate rudimentaire.

Berthold en 1834, Mayer en i835, ont fait l’autopsie de sujets bisexués analogues aux précédents.

Le cas de Meyer concerne un sujet bien connu, Idarie Derrier, appelé plus tard Charles Doerge.

Plus récemment Barkow, Banon, Cramer, jjrüber, Klotz, ont encore rapporté l’histoire de malformations semblables.

Une des observations les plus intéressantes de ce tenre est celle qu’Odin a recueillie à l’Hotel-Dieu e Lyon en 1874, sur un sujet, du nom de Mathieu erret, âgé de 63 ans.

Il existait un pénis hypospade de lo centinètres de long, inséré à la commissure de deux rrandes lèvres (scrotum bifide), un raphé du

HERMAPHRODITES VRAIS

périnée qui, de l’anus à l’orifice urinaire, avait 7 centimètres; dans le canal inguinal droit, on trouva une petite grosseur du volume d’un œuf de pigeon.

L’examen extérieur révèle : i° pénis, testicule, absence de sein, bassin d’homme ; voilà pour l’homme ; 2° grandes lèvres, peu de développement du système pileux, existence' derrière la vessie d’une cavité révélée par le cathétérisme, ou plutôt d’un canal commun à l’urine et aux produits de sécrétion, du canal vagino -utérin qui n’est que le prolongement canaliculé en arrière et en haut des petites lèvres (vestibule) : voilà pour la femme.

Canal de l’urèthre long de 2 centimètres. Pas de prostate. Vagin de 8 centimètres de long et d

6 centimètres de circonférence débouchant dan

l’utérus. Testicule et épididyme, conduits éjacula teurs, vésicules séminales, canaux déférents trompe incanaliculée, ovaire multikystique sah ovules; rudiments du corps de Rosenmüller de deux côtés. Y avait-il jamais eu de menstruaj tion ?

• De son côté, le docteur Obolonsky a ét dié et décrit à nouveau une pièce, déjà décrite p le docteur Vrany, et qui est conservée au Mustf^)'*' d’anatomie pathologique de l’Université alleman^Qi de Prague depuis une vingtaine d’années. Ce pièce, qui est un cas d’hermaphrodisme vrai, daM*^

Cs,i

HERMAPHRODISME ALTERNE

[lequel les deux glandes sexuelles existent toutes .deux à la fois, porte l’étiquette suivante : «Organes génitaux de Gabrielle L..,, âgée de 12 ans, élève cdu couvent, soignée et opérée à l’hôpital pour une fhernie inguinale et morte des suites d’une péritornite. »

En examinant cette pièce, on découvre un petit :pénis de 2,5 centimètres de longueur, situé entre cdeux plis cutanés rappelant les grandes lèvres; le pénis n’est point perforé, mais présente un sillon jimédian; il est garni d’un prépuce. Au-dessous de ;e pénis rudimentaire, on découvre deux petits plis L':utanéo-muqueux, analogues aux petites lèvres, et, entre eux, le sinus uro-génital. Ce sinus uro-génital se continue avec un court urèthre qui mène dans la /essie; à la limite, entre l’urèthre et le sinus urogénital, on voit le vérumontanum, des deux côtés luquel s’ouvrent les petits orifices des glandules prostatiques. Au sommet du vérumontanum ’ouvre, comme à l’ordinaire, l’utricule prostatique, qui se prolonge en un petit vagin de 65 millinètres de long. Ce vagin aboutit à un utérus infanilis unicorne. L’entrée de l’utricule prostatique est .amie d’un repli de la muquéuse qui représente Ihymen.

Quant aux organes génitaux internes, voici comnent ils sont représentés :

A gauche, on trouve dans un repli du péritoine, me trompe de Fallope, qui s’unit à la corne unique

Ch. Debierre, — L’hermaphrodisme. ■ 8

HERMAPHRODITES VRAIS

Page 1