‹ L'hermite de la Guiane, ou Observations sur les moeurs et les ..., Volume 2Chapitre 28 sur 41 · LE DIMANCHE A P^ARIS · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE A P^ARIS

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ViRC, Cé»rg.t li». I.

Il est d«s délasscaicnf et des occnpatioiu ^vc 1* religioaet las loif aotorÎMAt é^alcmeiift «u «jours de fit*.

Gomme il se pourrait qu'au ii^ombre de mes lecteurs il s'en trouvât quelques-uns auprès de qui Virgile , en pareil cas , ne parût pas une autorité suffisante , et qui se rangeassent à Tavis du concile de Cologne, qui prétend que le Dimanche (jour du Seigneur) doit être consacré tout entier au service de Dieu, Je m'autoriserai , pour soutenir le contraire en termes non moins orthodoxes , des propres paroles de TEcriturc :

«Vous vous occuperez pendant six jours; vous cesserez vos travaux le septième , afin que

JLE BIMAKCHE A PARIS. 2Sc)

votre bœuf 4 votre âne se reposent , et que le iiis de votre esclave et Tétranger qui est parmi vous puissent , ainsi que vous , prendre quelque divertissemenl.* »

Je sais bien que le moi refiigereiûr , qui se trouve dans le texte , et que je traduis par ceux-ci , prendre quelque divertissement , signifie ri* goureusement , donner quelque relâche ; mais il est clair qu'il reçoit une acception plus étendue en rappliquant à Tétranger ( adçena )7 qui peut se reposer sans .votre permission , mais qui ne peut s'amuser cbez vous sans votre participation . Cela dit , pour réconcilier les 'gen« un peu trop scrupuleux , non pas ayec les excès , mais avec les plaisirs auxquels le peuple parisien se livre le dimanche*, je vais essayer d^csquisser , en quelques traits , le tableau de cette grande ville un jour de fête. Je dois prévenir que je me reporte quelques semaines en arrière pour trouver un ciel moins nébuleux , un tems moins couvert que celui qui attriste en ce mo-*nient tous les objets.

* Sâx diebus opcraberis , sepfimo die cessahis , ut re^

^iescat bos et a'sinus taus , et refrigeretur^ sicut ettui^

fiUi^s ancfllûg tum ai adpena*

Exoo. %\

26o Lfe DIMAKCHE A PARIS'.

£n sortant de chez moi , diman'cbe matin , j'ai rencontré, sur le bôulevart de la Madeleine , M""*^ d'Essenilles : nouf allions Fun vers Fautre , et nous nous sommes reconnus au même instant. Je remarquais bien Pêmbarras où la mettait ma présence , et renvie qu'elle avait de m'éviter ; je m'y serais prêté de bonne grâce, mais il n'était plus tems. N'espérant pas me faire prendre le change , elïe a pris le parti de m'aborder franchement. « Vous me voyez toute honteuse, me dit-elle.— Honteuse! Madaine ; et de quoi , s'il vous plaît ? — D'être rencontrée à Paris un dimanche : c'est du plus mauvais ton ; personne ne le sait mieux que moi. — Ce qu'il y a de ccfnsôlant, c'est que vous ne pourrez y être vue que par quelqu'un qui s'y trouve. — Il y a des gens pour qui toutest sans conséquence , et d'autres dont les moindres démarches attirent tous les yeux , et sont îusti-* ciables de ce qu'on appelle le bon ton. — C'est le cas très-différent où nous nous trouvons Tun et l'autre : j'en conviens; mais faites-moi le plaisir de m'expliquer, Madame , en quoi le bon ton peut être blessé de votre séjour à Paris un jour plutôt qu'un autre ? — Mon cher Hermîte ,

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