‹ L'hermite de la Guiane, ou Observations sur les moeurs et les ..., Volume 2Chapitre 30 sur 41 · L£ DIMANCHE A PARIS · texte numérisé non relu

L£ DIMANCHE A PARIS

ble : c'est votre affaire ; maïs je sais que le bon ton est le résultat d'an sentiment d'autant plus vif, d'anlant plus impérieux , qu'il est tout-Àfait exempt de réflexion. Adieu , sage Hermite; î'entre dans cette maison , poui* n'avoir pas encore une fois à rougir aux yeux d'un homme de ma connaissance que j'aperçois , et qui serait , j'en suis sAre , moins indulgent que vous. »

En quittant M"'' d'I'^enilles , sur le bo«devart , au coin de la rue de Canmartin , )e songeai que î^étais à quelques pas de la demeure de l'ami Walker , et qu'il pourrait m'étre trèsutile dans l'emploi que je voulais faire de ma journée. C'est un homme dont je me sors dans certaines occasions comme on se sert'4*^se loupe pour rapprocher ou pont éclaircir les objets. Malheureusement , il venait de «ortir k l'instant même; je le voyais i quelles ^pas devant moi , et j'apurais pu le rejoindre au 4aut de U rue Saiiite-Croix, si les voitures qfti affluaient à Saint-Joseph ne me.reussent &it perdre de vue. J'entrai dans cette égËse, oi je fis une remarque dont je tte veux pas presser h conséquence. L'église était pleine; mais, à l'exception de cinq ou six jeunes .gens qui ac-

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c^NBpAgn^ent leurs mères; et de trois ou quatre vieillwrds , au nombre desquels Je mè comptab , cette asseoiblëe dé fidèles n était composée que de femmes. J'avais -eu plusieurs fois occasion d'observer la foule de pauvres qui remplit k pcNTche des églises ; je fus étonné d'en trouver si peu à Saint'Joseph 9 le suisse , à qui je fis part ,> ^11 portant , de mon observation , me dit , d'an ton à me laisser incettain sur sa pensée : «< Cela n'est pas étonnant ; c'est le quartier des a> riches. »

Je ne connais pas d'-ob}ets du même genre qui 3e resssembleat moins au monde que les deux plus grandes capitales de TEurope ^ un jour de diiBancbe. L'aspect de Londres est triste , silencieux :. les rues , dont les maisons et les boutitqpies sont exactement fermées, ressemblent à ces longs corridors d'une chartreuse , où quel(pies religieux se promènent en silence.

Paris , au contraire , se présente sous un aspect plus agréable , plus varié et plus bruyant que les autres jours. L'amour du plaisir , chez les habitans des rives de la Seine , est encore plus actif que l'amour du gain. Il n^en est pas. de rasême aux bords de la Tamise , «t cette dilTé-

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rence j^as I* earactère des deax pesyles pour» rait fort bien avoir produit toutes les autrçs. Mais laissons nn parallèleqni me fournira quelque )our un bon chapitre , et , pour aujourd^Irai, ne sortons pas de nos barrières.

€^est un tableau très-gai , très-auiiKë ^ que celui que j'ai sous les yeu^ , en ce moment , d»is les différentes. rues que yt parcours aiEc enyirons du Palais-Royal. Les maisons, dont presque toutes les fenêtres ouvertes sont garnies de fleurs et de femmes à tous les étages ; ces boutiques à demi fermées , où Ton a soin de laisser entrevoir les objets les plus propres à tester les acheteurs ; ces familles entières vêtues ée leurs plus beaux habits , qui mardient dans la mteie direction , et dont toutes les figures rayonnent déjà du plaisir que Ton projette encore; ces voitures de place , où l'on trouve le moyen de faire entrer sept à huit personnes , et dont le cocher et les chevaux même ontun certain air de fête : toutes ces ciirconstanaes , plu^ rapprochées , fins fréquemment reproduites ^ donnent à cette ville ce qu'on peut appeler sa pkysionç^ mie du dimanche.

Je m'étais arrêté dans la rue Yivienne , aa-

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, près à^aaé élégante boutique , où deux jeunes persoane&V plus joUes' que les Odalisques du séc^il qui servent d^enséigne à leur magasin , causaient sur le pas de leur porté. Pour me donner, dans mes. observations, une attitude ua peu moins indbcràte , je feignis de lire les nombreuses ^.^fficiies dont la muraille voisiné était couverte. L'attention impatiente avec la-quelle Taînée de ces jeunet personnes regardait du même côté de la rue , les mots ie poicif,,. deux ou trois fois répétés par la plus jeune avec une intention maligne , m'avaient bits en tiers daos leof confidence ; et , après avoir vu TexprâsâMMi de la joie se peindre sur la figuré de la AeHe attentive , je ne fus pas étonné de Tair de' réserve qu'elle prit à la vue d'un jeune honme en garde national , le fusil sur l'épaule , qui s'approcha de ces demoiselles avec un empressement que la petite sœur %odâra en mettant un doigt sur sa bouche et en retournant la tête, comme pour regarder dans l'intérieur de la- boutique. La conversation , commencée k voix basse , fut brusquement interrompue par l'apparîtioln d'un père ou d'un oncle en robedeHchamto de siamoise et en bonnet de velours- II. ' Il

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