‹ L'hermite de la Guiane, ou Observations sur les moeurs et les ..., Volume 2Chapitre 31 sur 41 · LE DIMANCHE A PARIS · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE A PARIS

Le jeune homme feignit d'arriver à l'instant même , et se pressa de dire qu'il allaita ta parade. Je m'apercerais que sa prëse«ce était moins agréable au bon bomme qu'à'ces demoi* selles , et ]t devinais aisément qu'il y a^ait li^, comme dans toutes les comédies, naamonrein, une amoureuse , une confidente, et un père àar^ tare qui contrariait un tendre penchant. J'avais bien remarqué que la somr cadette tettait en main et roulait dans ses doigts un petit pa^ pier , sur lequel le jeune homme av»t les yeox , et dont je soupçonnais la destination, sans iraa^ giner comnent il parviendrait à soft a^sse , en présence d'un argus qui me semblait très^-yigi^ lant. La petite personne s'avisa d'un moyen tontà*-£sdt ingénieux: « Je ne sais pas comment tous pouvez faire , M. Durand , dit^elie au jeiine homine, pour porter, pendant deux ou trois heures, une arme anssi lourde; » et en feignant ^e sou* lever le fusit , elle laissa glisser le hsllet dan^ le canon. *( Bah ! c'est une plume, répondit M. Qa*rand en le portant à son épaule. Je vous assure , a}Outa-t*ii , qu'il ne m'a jamais paru plus léger. » Cela dit, il s'éloigna en jetant sur les4eux sœurs un regard plein d'amour et de re^oaiiaissaaee.

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Le PàUis-Hoyal , éo&t l'^ltnttt t)ar«k)ttlier tient à réclatdc ses iMmtiques , est moins agré»^ Ue et moîas fréfteàéé ies fUmancbes ifue les antres jouis de la semame ; le yAtUn B*estf eu-, {dé que de lecteurs de îouraatix et d'ëtrangens ^' pour qui la Hotênde est uu lieu de rendez*- vons.^

C'est aux Tuileries que se rassemble le di-*^ manche toute la petite bourgeoisie parisienne , qui se subdivise en trois ou quatre classes , dont les ftuHices , parmi les fetames , deviennent chaque jour plus difficiles à sabir. La fille à'vM marchand , d'un procureur, n^a rien qîii la dis-** tingtie aujourd'hui de la. fille d'îin bon artisan : leur parure est semblable , leur coifiïire e&t la même , leurs manières sont également ëtrânighce% k leurs habitudes y et ccnJest guère qu'en faisant attention aux hommes qui lest accom^ pagnont -qu'ion peut devinée, à quelle classe jdo la société elles appartieianeat. Celui qui est venu se pi^enietter dans cette, grainfe allée le samedi , au milieu des femmes les plus^ élé* gantes, des hommes les plus brillans dont 15^ compose ce qu^on appelle le grand mendey e^ qui s'y trouve le lendemain à la même honte y «B iqiliou de l'assemblée du dimanche , cttât

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assister à la représentation tt la méine pîèœ ,

jouée par des acteurs de proyiBce.

J'ai d^à eu pliu^efirs lois l'occasion de pein-^ ère- les ^iff^éiitês scènes dont ce lien est jour-» aellemenf lé tKéâtre ; je pourrais tout an phis en varier les couleurs ; mais Tespace qiit me reste suffit à peine à- l'es^iss^ génér;de que je trace en courant.

Pour continuer ma revue diHuiincalé , )e partis des Tuileries à cinq heures , pour aller diner dans le quartier du Temple. En remontant les bouléyarts V î^cus occasion d'obserrer qu'une paortie des promeneurs se porUst vers les barrières de Montmartre et de la Villette , tandis que l'autre se dirigeait vers les petits théâlires. Le diner que )e fis , au Cadran-Blep , avec une famille de braves gens qui voulurent bien m'admettre.à. leur table, t&t enc<»^ un épisode dcmt \e suis obligé d'ajourner le récit.

Après jiBûn dinar , je ine donnai le plaisir d'entrer dans tous les cafés, de "risi ter toutes les curiosités , de Ai'arréter devant toutes les parades que l'on trouve à chaque pas sur cette partie du boulevart. Je fâsais d'agréables réfytmn^ aaj: cette multitiide .4^ plaisirs ^u'ou

t£ l>iArANCHE A PARÏS. l(S^

trouvait se procurer à ;si bon marche , quand je in'aperçus qu'on m'av^ât débarrassé de mon i&ôuchoir , de ma montre d'argent et de ma tabatière ; je promis de m'en venger , en faisant quelque jotr un be^u Discours contre les filout, pour rinstruction des badauds.

J'allai prendre du café au jardin dés Princes , oà le hasard me fit rencontrer les deux jeunes marchandes de la rue Yiyienne , avec letir père. Je m'imaginai que le garde national devait être de là partie ; et , à force de le chercher , je le découvris tout seul dans un cabinet de verdure adossé à celui oii se trouvaient xes dames, dont îi n'était' séparé que de l'épaisseur de quelques feuilles. Tout vieux que je suis , je me fis une idée de leur bonheur.

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