qtte le» hommes sont petits l
• Chaque voyageur , comme vous le voyez , cher Hçrmite , écrit suivant Fesprit qui l'anime, ou peuMtre suivant T^isprit qu'il croit le plus €9 opposition avec celui des autres ; car, gênéralremeAt j 00 vise i Toriginalîté» Yous n'en âou->'
2S6 biaciIdoike.
terez pins lorsque tous stwtet ta le môrceatu soivant : il est d^un Anglais qui veuf empêcher ses compatriotes de se déplacer pour visiter l'étonnante vallée de Chamoum. « Nous avons ^ dit- » il , nn spectacle tont-à-fait semblable , non » dans les montagnes du pays de Galles , dans » celles de FEcosse et de 1% lande , ni près des . » lacs de Caraberland , mais à Londres même : » c^est la capitale qui nous offire ton^ les aspects » de Cfaamouni , en novembre et décembre , » par un épais brouillard, quand un bon dégel » a succédé à quelques jours de neige , et que » le ciel commence à se dégager. D^abord , les » maisons noircies par la fumée du charbon de '> terre ressemblent aux rochers qui entourent » la vallée : le d6me de Saint-Paul , couvert » d'une neige éblouissante, peut, sans va- » nité , se comparer au Mont - Blanc ; ensuite » le brouillard , se roulant en niasses ondoyan- » tes dans les rues , a le même caracfërè êi su- » blimité que les nuages qui ceignent k Sânc » des montagnes; et les ndsseaui de la pente » rapide de ^tudgate-HSl ^ grossis du trihst » liquide de tous les quartiers de la Citéf se 9> transforment souvent en torreiis impéliienz «et
» sales.qui ne le cèdent pasàTArve. Quant aux » cliutes d'eau, qui ne connaît les énonoes » gouttières de L<»ndres? Les toits, que Ton ba- » laie au risque d'écraser les passans sous des ]» monceaux de neige, donneiit une idée des » avalanches. Enfin, la mer de glace ne peut » passer pour un objet incomparable qu'à ceux » qui n^ont pas va le grand bassin de Hyde-^ n Park. Après trois jours d'un léger dégel , il » s'y forme des crevasses , où l\)n peut , tout » anssi bien qu'au grand glacier, se casser une » jambe ou un bras. Quant aux beautés de déi> tail , Londres a peut^-être l'avantage sur Cba- » mouni : les chemins pierreux , raboteux , des I» rochers qu'on gravit , ne sont pas plus incom- » modes que le pavé, des petites rues de Lon- »è dres. On y remarque aussi souvent des trouai peaux de bœufs et de moutons. Les petits car- » rés de^ culture de diverses couleurs , qui tapis* n sent le fond de la vallée ^ rappellent l'étalage j» d^iuie boutique d'étoffes ou de draps. Dans ce I» moment ^ le soleil dore de ses rayons le village »» de Chamouni) et la nfeiit dernière un ciel étoile » y.hriflait de mille feux ; avantage asstz rare , m il est YTai , dans notiecité ; mais d'abord nos
M réverbères n'éclairent pas plus qajp les étoiles , » et ensuite il ne se passe pas^ de jour sans un M incendie ; ce qui &it un soleil trtificiâ biien » moins commun, que celui qui fait partie ^du
, » système céleste ^ et qui appartient à tout le » monde.
» Je vois ici des enthowastes assez romanii- » çues pour recevoir une impression profonde *i des s.onneites attachées au cou des bestiaux; » maiS| dans te genre , on a à Londres la clo- » chette du tombereau qui parcourt les rues » pour recevoir les cendres et les imnioi]|dices I» des maisons ; voiture . dont le conductei^ » pousse , à tout moment , le cri de^fiasi à ! ,ce » qui peut se traduire par tout est ^poussière ; » moralité sublime qui rappelle le néant ^es n ciiosesde ce monde , antant qne^e spectacle » imposant des gladers.de Chamouni. » .^
Je vous, avoue , mon pfaer Hermitc^, que ce parallèle f quoique écrit en .caractère^, véritablement anglais , me semble bien ^nçaù^ £% général , les fils d'Albion ne sont pas ^ojets i
ùiéprécièr leur pays , . et cette plaisanterie ne mnt pas ( ou je suis bien trompé J des boiâf de la. Tamisé*. Quoi; qu'il. en soit, fai {»^s^ue
TOUS liriez cette pièce avec plaisir , et )e Fai transcrite , ainsi que les. précédente^ , pottr jus-, tifier cci que vous ayez dit sur les Albums,
Recevez l'assurance de mon estime et de mam amitié. C- G.
Paris , le la juin 1816.
Moxï CHER HcRHiTE, on ne peut qa*apr-.
plâudir au 2èle et au talent d'ob$ervati«ii que vous déployez dans la peinture critique de nos usages et de nos mœurs. Celte tâcbe est honorable : tous la remplissez bien ; et je ne connais pas d'écrivain à qu\ Ton puisse ap^. pliquer à phis juste titre la devise que fit San-n teuil pour Dominique et sa troupe : Castigat ridenio morts. Vous ayez déjA écrit huit volumes, sur cette matière , et vous êtes loin de Favoir épuisée ; c'est un champ vaste et fécond en mauvaises herbes : ne vous lassez pas d'y promener^ la herse en tout sens., et revenez quelquefois sur. le» ^dfoitsoù vous avez passé trop légèrement. . Uarticle des Abus ne vous a encore fourni qu'un petit nombre de pages , et yous y pour*-, riez ftcileçient consacrer un volume , que j'ose*, rai vopa conseiller de diviser en quatre, grands.
ir. i3
ft^O MACEDOINE.
ehâpitrês : Aèiu de pmtvoir f AàuJ d'esprit ^ Abus iaâs Us pri^esshns , Atnts dtms ies usages. D me semble que voii9 trotiTéf ie2 mbjtn de clas^ ilét de cette mimière \<m% les abus dont la société est inondée , selon leur degré d'irap^^-tance. Le premier titre serait , sans contredit , leplnsl6ng et le plus difficile à remplir; mais YOQS pourriez tons contenter d'y indiquer les •bfets par tètes de cba^tre^ , en laiMml 4 vos kctears le ioin de tratailler ^nr ce eanetas.
Sous le titre à'Abuséerisprit^ (fktMt etcelk^te critique ne ttonteties-vous pas à £lire de notre panvre et «hétive littérature actuelle , dé IMS romandets bistoriqaéS) de nos historiens romanesques , de nos poètes ^5vr/i^iri^\ de nos avocats à la pbrase , de nos chansonniers à la pointe, de nos journalisteâ à Tencan ?
Quand Tans en sere2 isiux Abus dans ks pro" fissions 9 )ô. tous engagerai à revenir sur le cha* (Utre des bauUgaes sar roulettes , qui font tant de tort aux coinptmrs à, domicile ^ et dont i^m n'a:icn signalé que las moinàr^ inconvënieiis. Je^^votts intiterai, au nom des véritables commerçons, à sigttâtet ces magasins , enft^péts de banqueroutiers , où il à'est pas ét^toant que i
MAGEDÔINB. 291
Vàn dottue an-dessous du prix de fabrique des marchandises volées aux fabricans. Je vans prierai dé dire aussi dem'mots isûr le faux )dur néaâgé avec tant d'art dans les boutiques de Bos marchands' parisiens, et à Taide duquel il est si facile de tromper les acheteurs snr la quaïté des objets qu'on leur vend. Je vous recommanderai cette fourmiliëre de brocanteurs qui assiègent Ie& avenues du Pâlais-Royal , en vous offrant éks Ihres définius qu'ils vendent sous le manteau; des cannes, que la plupart mériteraient qu'on leur cassât sur les ëpaules, ftdackaàts pour hiàrdi des mojUreSf quMlsvous escamotent. Vous n'oublierez pas, feu suis sûr, de réclamer l'exécution d'une vieille ordonnance de police, tombée en désuétude, qoi interdisait anx épiciers la vente de ces drogues, dangereuses entre les mains de l'ignorance, qusmd elles ne deviennent pas mortelles entre les> mains du crime. Peut-être même exprulieres-vous le vosu de vôîr adopter en France les 'précautions prises dans quelques états de rAllémagne , oii la vente de toute substance vénéneuse, de quelque natare qu^elk jQi t , est accordée , par privilège excijisîf.,, à quelques pharmaciens «figues, par
leurs connaissances et leur probité, de toute la confiance du public et du gonyemement.
Combien d'abus n'aurez-yous pas à signaler dans Tordre judiciaire ! Ëlevez-yons arec iodi*gnation , je vous en supplie , contre cette race odieuse des plaideurs de profession. Aucune époque ne pourrait vous fournir un plus grand nombre d'exemples du mal Qu'ils peuvent (aire. Je vous en' citerai deux pour mon* compte: le procès intenté à M. de C*** par un homme qui veut le rendre responsable des pertes considé* râbles qà*\l a essuyées par le &it d'un naufrage , oft lui (M. de C***) a non-seulement perdu tout ce qu'il possédait, mais dont les suites l'ont exposé , pendant cinq ans, aux pins cruelles persécutions ; le procès que soutient en ce mo^
ment M. de P. ..t, à qui l'on redemande ,
comme particulier, les sommes qu'il a ordon** nancées sur les caisses publiques , à une autre époque , en qualité d'administrateur. J'ai ha^ bité un pays où il existe une chambre gratuite de considtation, devant laquelle il faut pa^ raitre pour obtenir la permission de plaider. Un procès est une chose fort rare dans ce pays -là; il est yrai 4e dire que {es proeu^
HACIÉDOIKE. 29ÎÎ
renrs et les avocats n^y sont payés qu'autant qulls gagnent les causes dont ils se chargent. Un des abus de ce genre que vous aurez à re-* lever avec plus d'amertume , c'est celui des frais de justice. Si les preuves vous manquent , je me cluirge de vous eii apporter mille ^ parmi lesquelles ]e n'oublierai pas celle que ma pauvre sceur vient de me fpurnir. Riche autrefois , elle a donné presque tout son bien en dot à sa fille. Celle-ci mourut un an après son mariage , en laissant un enfant. Ma sceur, réduite exactement à l'indigence , par suite des malheurs auxquels , je ne sais pai: quelle fatalité i la vertu est plus communément en butte, s'est vue forcée de réclamer, de sa petite fille encore mineure, Bue pension alimentaire , qu'elle a fini par obtenir après un loqg procès. Elle a donné 200,000 h. de dot k sa fille ; la loi lui accorde six cents francs de pension , sur lesquels il fiiut d'abord qu'elle commence par payer 1470 fi:, de frais. Con^ naissez-vous une dérision plus sanglante qu'un pareil acte de justice ?
Courage , mon cher Eermite ; bonne guerre à la sottise , aux ridicules, et sur- tout aux abus. LeM. dbF***Aiu>...
Fark) le la iuin itiCt. >
HIoiisirbiix'Hbriiite, depuis cinq cm six zm il existe ea Aiigkterre une Im qai défend de lÉaltraiter les aniinaiix; et j'^ même la, daifi une gazette anglaise , qa'mt bovdier avait iié condamné à une forte 'amende pour ayoir cas«i la cuisse à nn agneau.* Cette Im fidt lionnenr à nosViHsins, qui, cependant, sont loin d*ètre pins humains qne nous , mais qui ont quelquefois Tari de le paraître davantage. Je ne sais ponrqaoi nous avons tant larde à l'adopter nousmêmes; outre qu^elle cadrerait avec 'la doncetfr de nos mœurs; elietiendrart à conserver clies nous les espèces utiles qne les ikiauvais traite"-* mens altèrent peut-être plus qn^on ne croit.
II y a long-tems que f ai fait ces rëfletion^s pour la première fois ; mais c*est kîer sur-tout quelles se sont présentées à mon esprit aveb une nouvelle force. Je passais dans la rueSàin^ Denis ; un )eune dtarretier, monté sur le second des quatre chevaux qu'il conduisait, se laisse tomber sans se faire aucun mal. Furieux de sa maladresse, il commence par distribuer 'des milliers de coups de fouet à ces pauvres ani^
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9iimt<, ))ien ionoceiis d'un mal qu'il ne s'éf ail pM même fait ; m»$4|liigna»t bientôt TinstritmeAt habituel et baiMil 4e sa brutaUté, il se jette ^ en vrai forcené i» sur le premsec de ses chevanx qn^il tri^nve i $a portée ^ et lui déchifrt les naànes et les yeux avec ses ongles. Sans mon arersion pour les scènes pu]ili()nes , }'anissis certaiBeT ment cédé à la tentation dJassener quelques coups de cann^ à rinhumain conducteur. D'autres passans , moins scrupuleux , Tout accablé d'injures, et forcé de continuer sa route. Je pense que les pauvres chevaux n'auront rien perdu pour attendre.
Maintenant, \t demande éopiment il se fait que ranimai le pins doux, le plus patient, le plus utile, n'obtienne Jamais du. maître qu'il nourrit que les plus cruels traitemens pour salaire ? A voir jios cochers de fiacre et nos rouliers déchirer leurs chevaux à coups de fouet, ne croirait-on pas qu'ils ont entfepris l'éducation de quelque béte féroce !
Il est digne d'une plume comme la vôtre , qui s'est toujours signalée par Tamour de Tordre et de rhumanité , de traiter ce sujet dans quelqu'un de vos Discours. Putssiez-vous réussir à
2g6 HAClSDOIHk.
proToqaer une foi, ou du moins un rëgltmenf de police , qui épargne à nddPNix le spectacle de ces croantës gratnites, que notre nation de- Trait être la dernière à tolérer dans le sein même de la capitale! Réiéchissez-y , Monteur l'Hermite , et vons yerrez qne cette matièi^e intéresse fortement les bonnes mœnrs.
Agréez les témoignages de ma bante estime:
TRAVAIL ET IKBtJSTKtE^ 297 N^ Liî. — s juillet 18 16.