II. l
3l4 l'SS MONTAGNES RUSSES, de toute la rapidité de sa course: le )eune Orlow met pied à terre , saisit le char , et par un prodige de force et de courage il Tarréte, d'abord, d'uu' bras qu'il se casse , et continue 4 le retenir de Tautre: on sait jusqu'où riapërairice porta la reconnaissance. »
Sur le récit et sur la foi de M. de Sësanne, toute la compagnie du château , an nombre de douze personnes , se mit en route pour les Montagnes Busus. SP** Cécile et nne de ses compagnes nMmtèrent à chcTal ayec les jeunes gens , sous la conduite spéciale dn colimel ; MM. Binôme , Walker et denx jennes dames, occupaient la calèche ; M"** de Lor js me fit les honneurs de son landaw , qu'nn général de ses parens, qui s'était blessé la veille en tombant de cheval , conduisait en cocher.
Il était dçux heures lorsque nous arrivâmes aux thermes , près de la porte Maillot , où ces montagnes sont situées : une longue file de voitures et de chevaux de mai.ns , arrêtés dans l'avenue , annonçait une réunion brillante et nombreuse. Le premier coup-d'œil réalisa tout-àfait ridée que nous nous étions faîte de cet établissement d'après la description du colonel.
LES MONTAGNES ttVSSlËS. 3lS
Apr^ avoir pris des billets d'entrée au premier hiireaa,iioas airitines au second, où se ééHvreut, au prix de dnq s^s la €i>urse,des cartes 4< traineaux dont nouslhnes une aniple proTÎsion. Un escalier d'une soixantaine de degrés conduit au haut d'un premier pavillon d'oà Ton s'éianoe sur la première montagne. Les tratneanx , indépendamment des <]^uatre roues sur lesquelles ils sont montés, 4Sont munis de roulettes horiEoptalès qui s'engrâinent dans lesTainures pratiquées aux deux câtés de la voie étroite oùleTr^uneau s'en^ gage et dont il ne peut sortir. M"* de Lorys ne permit aux jeunes personnes qu'elle conduisait d€ se hasarder à descendre qu'après aToir entendu mon rapport, dont le résultat fut qu'il n'y avait aucune espèce de risque à courir.
La permission accordée ^ Cécile et sa cèmpagnes'emparèrentde deux traîneaux; je m'éta^ * blis dans celui du milieu pour faire contraste , et pour me ménager le plaisir de voir un moment deux jeunes filles courir après moi. l.e sort en est jeté : on nous lance,* je profite de toutl-avantagede ma gravitéspéeifique, je vole, ou plutôt je tombe le premier au but. Nous attencRmes au pied de la première montagne les
3l6 LES MONTAGNES RUSSES.
autres personnes de notre compagnie; nons les yîmes .successivement descendre^ et nous admirâmes particulièrement le colonel , qui parcourut cette rapide carrière debout sur son traîneau. Chacun se rendit compte de la sensation qu'il avait éprouvée; notre général , dont on ne prononce guère le nom sans le faire précéder de réfHthète de brave , nous avoua qu'il avait eu peur ; cela s'explique : le courage consiste à braver un danger contre lequel on peut se défendre : Henri IV avait peur de verser en voiture.
Après avoir grimpé au sommet de la seconde mpntâgne et l'avoir descendue avec la m£me intrépidité, je jugeai à propos d'abandonner la carrière à la jeunesse, et j'allai m'étaUir en observation dans une petite salle de verdure , d'où .je pouvais examiner les acteurs, les spectateurs et le théâtre.
A considérer ces jeux sous le rapport de la gymnastique , je pense qu'ils doivent être utiles à la santé , et que l'hygiène peut en tirer de véritables secours; mais leur succès mé parait surtout garanti par des avantages plus aisément et plus généralement appréciés. Quel rendes- vous
LES MONTAGNES HUSSES. 817
plus favorable aux tendres intrigues, aux douces confidences que ces Montagnes Busses? où peuton mieux s'assurer, en dépit de la plus active vigilance, un montent d'entretien quelquefois si précieux ? On descend avec la rapidité de réclair ; mais on est seul , on est ensemUe , et je cous aimé est sitôt dit ! Je doute cependant que nos dames poussent jamais l'imitation de$ mœurs russes jusqu'à s'asseoir sur les genoux d'un compagnon de voyage , bien que l'exemple en ait été donné par une actrice, avec des^ précautions qui devaient la tranquilliser sur la crainte de perdre Téqui-^ libre. /
Qn voit bien, quand on a l'habitude d'observer ; j'en fais juge les personnes qui se reconnaitront aux remarques suivantes. Un gros Monsieur, dont l'excessif embonpoint formait .an - dessous de son estomac un.e énorme saillie , donnait le bras à une dame dont il était aisé de voir qu'il -était le mari ; auprès d'eux marchait leur fille , d'une figure charmante, et dont l'œil investigateur eut bientôt découvert au milieu de la foule un jeune homme en redingote polonaise , dont le regard fit monter un
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pied de rouge sur les joses de la demoiselle : î'obsenrai que, sans $e perdre un mament devne^ ils évitaient de s'aborder; il ne tenait qa'à moi d'en tirer nnie première €OBsë<{u£nce , mais je. ne kasarde pas mes jugemens ; au bout d'nn qaart-d'heure le père , la mère et la fille desundirent ensemble , et le jeune homme vint se placer au bas de la montagne ; peut - être s^aperçut-il , comme moi , que la petite per- ^OQae pendant sa course avait porté b mais à son fichu, et l'avait ensuite placée derrière elle. Quoi qu'il en soit , )'avais iait une attentbn particulière au traîneau , et je ne fus pas étonné , un moment après , de voir le jeune homme descendre la montagne opposée sur ce m^me traîneau ; donner à sa main la mime direction qu^vait prise celle de la demoiselle^ la porter ensuite à la poche de son giiet, et secouer ensuite son mouchoir en l'air. Pour m'assurer que je ne me trompais pas sur les inductions que je tirais de ce petit manège \ je suivis celui-ci au sortir du traîneau ; j'entrai après lui dans le café qu'on a établi sons la première montagne , et je le trouvai lisant un petit billet qu^il finit par presser sur sts lèvres.
LES MONTAGNES RUSSES. 3l9
Je n'eus pas le tems de pousser plus loin mes observations ; Walker, (jui jne cherchait , vint m'avertir que ces dames étaient remontées en voiture , et qu'on n'attendait plus que moi pour partir.
, N^ Liv. — i8 août 1816.
Ponr f«ir« cr«tlr« le mértic , s«m«i U« récem-
l.'i{m«Utîo»^t un itnttBMit votontairf, ca«* rt|M«i «inekrc, qui rtnd r«m« féconde, qai la ftît profiter dei grands exemptet, et le porte mo- MBt au-doMDi de ce qu'elle admire.
Le dwT. Di Jaocoobv*
n Si vous êtes curieux, mon cher Hermite, » de voir une femme que la joie rend &-peu- » près folle , venez déjeuner demain matin avec » nous ; mais sur - tout n^allez pas rire de » Texcès et de là cause du bonheur dont vous » serez témoin ; je vous préviens qu^on vous »> arracherait les yeux : Experto crede. »
Ct billet de Tami Binôme , daté du dimanche 18 août, excita vivement ma curiosité , et
je n'eus garde de manquer au déjeuner du len-;^ demain.
Il n'était encore que neuf heures. J'entrais , comme à l'ordinaire , par le corridor qui conduit à la bibliothèque du maitre de la maison ; mais un domestique me prévint que la famille était réunie dans la chambre de Madame , oii je fus introduit.. On ne m'eut pas plutôt annoncé , que M"* Binôme , parée comme pour un jour de fête , courut à moi , et, m' embrassant avec une effusion de sentiment que je partageais ^ déjà sans en savoir la cause : « Eh bien , mon vieil ami, me dit- elle , félicitez-moi ! Vous savez notre triomphe ; vous en conviendrez , c'en
est un véritable ! A treize ans et quelques
mois !.. Je voudrais bien savoir s'il y en a
un autre exemple ! Vous allez nous dire
cela ? » Avant de répondre , je fus obligé de convenir que j'ignorais de quoi il était question. « Comment! vous ne savez pas l... Je reconnais bien là M^ Binôme ! toujours prêt à discourir sur ce qui se passe dans la lune , et de la plus belle indifférence pour tout ce qui intéresse sa famille !.... Il me semble pourtant que
la chose en vaut la peine Jules a on premier prix au grand concours de l'Université ! — Un premier prix à l'Université ? — Bien que cela. ... Le voilà , ce cher enfant ! embrassez-le donc ! »
J'embrassai le petit Jules , et ]e le félicitai de si bonne foi , de si bon cœur , que sa mère fut presque satisfaite de mes éloges. « Vous voyez , Monsieur, dit-elle à son mari avec une complaisance mêlée de tendresse et d'orgueil , que je ne suis pas aussi déraisonnable que vous voulez le faire entendre , et que l'amour maternel ne m'aveugle pas. L'Hermite ne dit pas , comme vous , qu'un succès aussi éclatant ne ' prouve rien pour l'avenir , et il ne se croit pas obligé de mesurer au compas le degré de satisfaction qu'une mère peut manifester en pareille circonstance. — Vous ne devineriez pas , reprit Binôme en nous mettant à table , ce qui me vaut une si verte mercuriale ? Une simple réflexion ; je me suis permis de ilire que les succès de collège donnaient des espérances qui ne se réalisaient pas toujours , et qu'il n'était pas sans exemple qu'un jçune homme remportât ,
même à rUniyersité ,. ua prhc de grec 01^ de latin , sans être capable de faire une multiplica-^ tiott. — Mon Dieu , Monsieur , vous en revenez toujours à vos chiffres, comme s^il était bien glorieux de savoir que deux et deux font quatre !
— Il n'est peut-être pas glorieux de le savoir , mais il est certainement honteux de Pignorer.
— Eh bien , on l'apprendra. Je vous prédis , M. Binôme , que votre fils sera tout aussi bon mathématicien que vous , quand il voudra s'en donner la peine. L'Hennite lie nous disait-il pas , il y a quelques jours , que la science du calcul est à la portée de tout le monde ? Pour moi, je déclare que je ne connais que des gens qui savent compter.... Les mathématiciens courent les rues. — On se sert souvent de cette expression , reprit M. Binôme , mais c'est en parlant de cette foule d'avortons- littéraires , échappés des derniers bancs de l'école , qui se cotisent pour se faire une réputation d'esprit , et dont le bourdonnement insupportable est peut - être nn des plus grands fléaux de la société actuelle.
— C'est-à-dire, Monsieur (interrompit -elle avec plus de passion que de logique) , que vous
324 l'A DISTRIBUTION Ï)ZS PRIX:
voudriez que votre fiU fût un sot ; que vous ne counaissez de talent que celui d^un teneur fle livres ou d'un arpenteur , et que , pour yous faire plaisir , il devrait renoncer à la couronne classique quMl obtient aujourd'hui P — Permettez-moi de vous répéter , ma très-chère femme, que je ne dis pas un mot de tout cela ; que je désire , au moins autant que vous , de voir Jules prendre un jour sa place parmi- les véritables gens d'esprit ; que , pour cela même , je ne serais pas fâché 'qu'à l'étude, des mots il joignit celle des faits , et qu'enfin ( sans oser en conclure avec vous que la France ait un grand homme de plus ) je suis , avec quelque réserve d'expérience , tout aussi heureux que vous de l'honorable distinction qu'il doit recevoir aujourd'hui. »
Ce petit débat de famille , dans lequel on se ^sputait à qui serait le plus heureux, ne rendit pas ma médiation difficile : on ramène facilement à la même opinion ceux qui sont déjà réunis dans les mêmes sentimens. Le dé jeûner ne fat pas long ; Jules et sa mère étaient trop pressés de se rendre à la salle des séances de
rinstitut ( lieu désigné pour la distribution des prix). Je n'attendis pas que l'on m'invitât- à ■ cette mémorable cérémonie , à laquelle j'avais un double intérêt à me trouver , conune ami et comme observateur.
Les portes du palais de l'Institut venaient de s'ouvrir, lorsque nous nous y présentâmes. Un huissiernous introduisit dans la salle des séances publiques , où M"*** Binôme , à la grande surprise de son mari , alla choisir nos places sur la dernière banquette de l'amphithéitreduNord.
« Je ne devine pas, lui dit>il quand nous fûmes assis , pourquoi vous nous mettez si loin du but. — Apparemment , répondîs^je , pour augmenter le plaisir que nous aurons à l'atteindre. — Il ne vous entend pas, reprit M"* Binôme en me regardant avec un sourire d'intelligence. — Vous verrez , continuai-je , qu'il faudra que ce soit moi qui lui explique ce petit secret de la vanité maternelle : ne voyez -vous pas, ajoutai -je, que si nous étions en bas de la première enceinte au moment de la nomination , Jules n'aurait qu'un pas à faire de sa place au bureau où vont se distribuer les couronnes , et que son
326 LA DISTRIBUTION DES PRIX, triomphe serait à peine aperçu ? Réfléchissez ^ au contraire , aux avantages qui doivent résulter du choix de notre position. On proclame à haute voix le nom de Jules-Emmanuel-Fictor Binôme : un jeune honime se lève à l'extrémité supérieure de la salle ; tous les yeux se portent sur lui ; il descend. On s'empresse de se déranger pour lui ouvrir un passage; mais on a le tems de s'interroger : « Quel est-il ? Quel âge a-t^l ?.... » Quel air modeste ! quelle figure aimable !....
» Que sa roèradoit être heureuse ! — I^
» voilà — Oà donc ? — Là cette dame qui
» s'essuie les yeux » et mille autres propos
que le jeune homme recueille en allant recevoir la couronne , et en revenant en faire un tendre hommage à sa mère-, au milieu des applaudissemens qui éclatent et se prolongent sur son passage. — Ah 1 je conçois maintenant, reprit notre encyclopédiste avec sa gravité ordinaire. — Ce&t bien heureux î répondit sa femme. — J'abonde d'autant plus volontiers , ppursuivis-je , dans le sens , ou plutôt dans le sentiment de Madame , qu'il vient à Tappui de et qu'il m'explique la
préférence que je donne ( dans Tintërêt de la solennité qui nous rassemble ) à l'antique enceinte de la Sorbonne sur cette salie beaucoup plus brillante , mais beancoup moins spacieuse. — Vous ne dites pas , interrompit notre géomètre , que , de votre tems , rni plus grand nombre de concurrens exigeait un emplacement plus vaste. Nous n'avons aujourd'hui que quatre collèges en exercice ; on en comptait dix autrefois : le Plessis , Louis-le-Grand , Harcourt, Mazarin , Lizieux t les Grassins , Montaigu ^ le Cardinal Lemome , Lamarche et Navarre »
Pendant ce petit colloque, la salle' s'était remplie et la commission de FUniversité avait pris place. La séance s'ouvrit; M. Naudet, professeur distin^é , pront)nça un discours latin remarquable par Texcellence des principes," l'élévation des idées , la force et la convenance du style.
La distribution des prix commença. Je crois devoir consigner ici quelques réflexions que j'abaiidoiine à l'examen de mes lecteurs. Pourquoi le prix d'honneur appartient-il invariablement k la composition latine? Parce que , de
tout tems^^, la chose s'est faite ainsi Dans
cette circonstance , comme en tonte autre , c'est peut-être une excuse , mais ce n'est pas une raison. Il me semble que Ton pourrait alterner , en couronnant tour-à-fourF amplifica- Tio^française et 1' amplification latine ( désignation d'autant moins convenable , pour le dire en passant , qu'elle indique ce genre de composition sous un titre qui rappelle un de ses défauts les plus ordinaires ). »
Les proclamations se faisaient jadis en latin. On a pu laisser tomber en désuétude cet usage un pen pédantesque ; mais je trouvais très-bon , très- juste que l'éloge des fondateurs des prix de l'Université précédât le nom des élèves qui recueillent celte noble partie de leur héritage. Les • bienfaiteurs de cette espèce sont-ils devenus si communs qu'on doive craindre d'en multiplier le nombre par l'appât de la reconnaissance publique ?
En continuant à comparer mes souvenirs aax objets que j'avais sous les yeux , ce qui m'a le plus étonné , c'est d'entendre , à plusieurs nominations , le bruit des sifflets se mêler aux ac-
LA DISTRIBUTION DES PRIX. 329 clamations et aux fanfares : les anciennes distributions n'offrent pas d'exemple de cette inconcevable indécence. J'ai interrogé notre collégien sur la cause de ce désordre introduit depuis quelques années; elle tient à la persuasion où sont les élèves que les compositions sont mal examinées et mal jugées. Il serait donc utile d'établir un mode d'examen qu'ils connussent , et qui leur répondit de l'attention et de l'impartialité dç leurs juges. Pourquoi quelques élèves des classes- supérieures n'y assisteraient^ - ils pas ? ""
A cette réflexion , que je communiquai à M. Binôme, celui-ci m'objecta « qu'il ne pouvait y avoir d'infidélité pour la correction et le classement des copies:^ puisqu'elles ne sont remises aux examinateurs qu'après en avoir enlevé la tête , où se trouve le nom de l'élève et de son collège : sur cette tête et sur la copie on inscrit une devise qui sert à les rapprocher. Ces têtes de copies sont déposées^ jusqu'au moment où l'on dresse les listes, dans une boîte scellée, A toutes ces précautions, communes à l'époque actuelle et à l'ancienne ;
33o LA DISTRIBUTION DES P&IX.
on aî«mte aujourd'iiui celle de nommer pour Vtiamtn des coBiposiiioos de rhétorique des personnes étrangères à TenseigneBieiit ^ c^està-dire non^professeiirs à l'université !
Autrefois le secret de TU^yersité n'était pas celui de ta comédie; il était religieusement gardé , et Técolier qui devait avoir ub prix venait à la ^stribution sans connaître son sort. Les professeurs eux-mêmes Tignoraient. La surprise ajoutait à la joie de Télève et de ses parens , et prévenait les petites intrigues des écoliers déçus dans leurs espérances^ Aujourd'bui la liste se fait en plein eonseil^ de rCni-. vexsité , les inspecteurs préseiis. Peut-être at-on cru que cet appareil de puUîcrfé serait un garant de l'équité des juges : mais s'il était possible de supposer que les examinateurs fossent desliânmes corruptibles, l'injustice serait faite avant que r«tdre$sât les listes* Le mode actuel . ne sert donc qu'à . désespérer et Si irriter les vaincus , en &isant d'avance connaître lés vain* queurs.
Je me souviens ( nH>i qiû me souviens de loin ) que le docteur Fourneau , qui proclamait
l«s prix à Taiicknne Université ^ se tenait debout et parlait hant. Je demande pourquoi Vof* fîcier de l'Université actuelle, qui remplit aujourd'hui les mêmes fonctions , parle bas et reste assis ? Le v^mco des jeux olympiques do^ minalii foutes^ les têtes , et sa voix remplissait un immeiise amphithëitre.
J-âi fait une observaffon de^t je voudrais bien ipk^on ne tirât aucune inducliou maligne : autrefds , les Mn» proclamés appairtenaient en général à des familles honnêtes , sans doute , mafis ignorées , mais obscures ; aujourd'hui , les noms difs étttes toutonnés rappellent , ,pour la pïupart , des hommes connus dans les premiers rangs de là société , de Tadministration , des lettres , et même de rUniversité , et ces^ noms sont trop souvent accueillis avec des applaudîssemens du genre de ceux que Ton entend ant pièces nouvelles sous les lustres de lios salles de
spectaeles../ Binôme m'a promis sur ce
fait une explication sdiisfaisante ;, je l'attendrai pour avoir un avis.
Le maréchal de Yillars prétendait, même après la bataille de Denain , que le plus beau
332 LA DISTHIBUTIOK 1>J.S PRIX.
jour de sa vie était celui où il avait eu un prix ^u collège : )e xrois pouvoir assurer que cette journée du bonbeur ne laissera pas, dans le cœur de. Jules, un souvenir moins exclusif . On pourrait peindre cependant les transports d'allégresse avec lesquels il a entendu praclamer son nom ; mais l'iyresse de sa mère ! il faudrait ravoir sentie , pour s'm former une idée. Je suivais ^ sur sa touchante figure , les impres^ons graduées qu^elle éprouvait à chacun des prénoms de son fils. Elle fit un mouvement pour se lever, quand son nom de famille fut prononcé au nûlieu des plus générales et des pins allantes acclamations que nous eussions encore entendues. Elle pâlit, rougit et pleura. U y avait dans son émotion quelque chose de si maternel , de si:Communicatif , que toutes les femmes en furent «H même tems saisies , et s'associèrent à la douceur de ses larmes. Comme elle embrassa son fils , quand il revint près d'elle , le front ceint de la seule couronne dont la puissance ne soit accompagnée d'aucun trouble , dont le souvenir ne soit accompagné d'aucun regret 1 Jules vint ensuite embrasser son père : « C'est
fort bien , mon fils ! lui dit-il ; c'est fort bien ; mais il faudrait avec cela savoir les quatre règles. »>