‹ L'hermite de la Guiane, ou Observations sur les moeurs et les ..., Volume 2Chapitre 39 sur 41 · LES MONTA.GNES RUSSES · texte numérisé non relu

LES MONTA.GNES RUSSES

destes , de cette raison supérieure, qui donnent, toiqouts une bonne action pour preuve d'un bon raisonnement. Les grands et terribles ëvé^ nétnens dont nous ayons été témoins , dans ce& deux dernières années , ont eneore une fois "bouleversé toutes les têtes de ce pays :.les vrai3 principes , les droits , les devpir$ qui constituent Tordre social , ont encore une fois été remis en question ; les préjugés de la veille , les passions du jour , les espérances du. lendemain , se sont armés de nouveau , pour l'intérêt particulier , sons les couleurs du Uen général : M"*' de Lorys , au milieu d'une famille et d'une société nombreuse , où l'esprit de parti eierça comme ailleurs sa fatale influence, ne s'est .point écartée un moment de la ligne politique que. sa raison lui ay^iit tracée : « Criez, tempétea^, batte%- YOtts même si le cœur vous en dit encore (répétaitelle avec sang-froid aux uns et aux autres), vous en reviendrez à la Charte , vous vou3 y ralliecez , vous. yon^ y attacherez, de^ toutes vos forces , ou la France est perdue, » Peu de jours se passaient sans qu'elle ne flt d'un côté on de raatr^ un prosélyte à }a doctrine constitution-^ nellç ; et ci^tte défection successive avait fini ,

depuis quelque tems , par opérer dans cette &mille une Fëuuion générale que les habxtans et

hs habitués du ck&teau de.. s'étaient pnn-

Éiis de célébrer chaque dimanche , pendant le reste de la saison , par une paitie de plaisir nouyelie.

Chacun était admis , à son tour , à présenter )e programme des arnnsemens de la journée.

Les bals champêtres , les sérénades sur Feau , les promenad» dans les enidtons, en calèche , à chetal ^ à ânes ; les dîners, dans la forêt , la comédie dans le parc a^ee ilhmnnation , tien n'ataitété oublié. Quand yiM le tour du colonel de Sesanne , neveu de M*! de Lorys , il f^ro^ posa une partie aus Montùgnts Rtsses: La renommée de cet établissement n'était point encore parvenu^ jusque dans la forêt de Senart ; avant d'adopter la proportion du Colonel , on exigea qu'il fit connaître avec détail l'espèce de plaisir où il nous conviait. H s*en acquitta d'autant mieux , qu'if a passé dix-huit mois à Pétersbourg, attaché A t^açihassade française, dont të c^hèf était Son paf«nt : sans compter la eampâgne de Mosoow qn'îl a £sûte , et pendait laqnette on pent eroitse <pi'il a été ocenpé do toute

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attire chose que dMtndier les mœurs de la Hus^e.

« Les Busses , nous dit-^il ( le peuple de TEu^ tope , après ks Français , le plus avide de flm-^ sirs ) 9 ont une véritable passion pour les Jlton^ tagMs dt Glaces : les habitans des campagnes disposent à oet effet le penchant des collines ^ qu'ils arrosent afin d^en rendre la surface plus glissante et plus unie. Dans les villes et dans las cfaiteaux, ces montagnes se forment par des dalles de glaces rapportées et disposées Sur un échafaudage de soixante on quatre-vingts pieds d^élévation , qui descend par une pente rapide^ jnsqu'à la rivière.

>i Tous les ans, aux fêtes de Pâques, Tempe^ reur £ût construire à ses frais sor la Neva, en face du palais itiipérial , une montagne de glace deitinée À Tamusement gratuit du peuple de Pé^ tersboarg ; les négocians étrangers se réunissent en clab -pour se ^ocurer le même plaisir dur le fmti Anglais.

» Le lieu disposé, 'le jeu consiste h s'élâncer du haut de la montagne sur de légers Irahieanx, dpnt lyil a de la pein^à suivre h courte rapide, et que le conducteur dirige en appuyant tégère»

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ment ses mains sur la surface glacée qu'il par^ court. Il est d'usage de descendre avec une dame qui s'assied sur les genoux de Thomme qui la conduit ; mais pour obtenir cette iaveur , il &ut avoir fait preuve d'adresse et d'expérience à u exercice qui n'est point sans danger , et dans lequel la moindre mésaventure connue inspire une méfiance dont on a beaucoup de peine à triompher.

M Pour conserver l'été le simulacre d'un plaisir d'hiver dont ik sont idolâtres , les Russes ont imaginé d'élever pour la belle saison des montagnes en bois , dont la construction dispendieuse se fait pour l'ordinaire aux frais d'une entreprise particulière qui en retire les produits. L'établissement de ce genre le plu5 en vogue et le plus remarquable est celui de Christopti^, dans. une ile , près de Kaminiostrovir , appartenant au prince Wolkonsky ; ces montagnes ^ oà il eist du bon ton , à Pétersbourg , de se rendre en drotskys* le dimanche, ont dû servir de mcHlièle à celtes que l'on vient d'établir à Paris , et que je vous propose, de visiter.

' *' Petite voiture à quatre .foues et à deux chevaux, d'uiie forme particulière.

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» Pour faire parade à vos yeux de toute mon érudition sur les Montagnes Russes^ je vous dirai que Catherine-la-Grande., passionnée pour ce genre d^amusement , avait fait construire à Oranienbaum ( château favori de Pierre III ) des montagnes en bois de la plus grande magnificence -, autour desquelles régnait une dou* ble galerie de pierre , soutenue par des colonnes d^ordre ionique , qui subsistent encore. Ces montagnes se déploiaient sur un espace de plus de deux ventes. * On se lançait sûr la première du haut d'un pavillon attenant au palais : cet élan , qu'augmentait encore la rapidité de la pente , vous portait au sommet de la seconde montagne , dont la brusque déclivité imprimait au chariot une nouvelle force d'impulsion pour fournir une autre carrière .

» On voit encore à Oranienbaum le traî- * neau, en forme de cygne, illustré par l'heureux accident du comte Alexis Orlow. Ce jeune et^ bel officier des gardes descendait derrière l'Impératrice: un traîneau qui précédait celui de S. M. fit sauter une des planches de la carrière : Fablme était ouvert ; le traîneau, s'y précipitait

* Environ trois quarts de lieue.

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