NE MAISON
Le jeune homme commença la lecture ; elle fut souvent interrompue par des remarques qui donnèrent . lieu à des discussions et jamais à des disputes; car dans cette heureuse famille , vh le bonheur public est la pensée commune , Tesprit de parti n^ëgare pas l'opinion ; Tintërét personnel ne corrompt pas le jugement, et le mot de patrie n^a qu'une acception. Comme on sait ce que Ton veut et qu'on ne craint pas que hs autres le sachent, on dit franchement ce que l'on pense ; et de même qu'en fait*- de re* ligion on ne reconnaît d'autorité que les liyres saints, en fait de politique on ne reconnaît d'autorité que la Charte constitutionnelle : c'est de là que l'on part pour juger les hommes et les choses $ pour prononcer entre le ministère et les chambres , pour motiver ses répugnances ou ses affections politiques.
La séance du déjeuner est toujours levée à midi ; jusqu'à quatre heures , M"' de Mérange se retire dans son appartement^ avec sa fille et la jeune orpheline qu'elle a adoptée, pour se livrer avec elles aux soins domestiques et présider à leurs leçons. Pendant ce tems , son mari , son pupille, et son fils, sorti depuis . quelques