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bon vBnt, c'est-àr-dire de rargent,.poiir mettre à la voile pour le continent ; êoiin Télégante pré* tresse de Vénus qui câierclie qneiqne provinctal qui veiaiillefair^avec^lleun Toyage'àBrighton. Je ne pus pcmrtant me résoudre à m' éloigner beaiiC4Mip dtt théâtre ordinaire de mes plaisirs ; et un voyage de six milles, qui me conduisit sur les bords de la Tamise, me satisfit autant que si j'avais fait k tour du continent, et fixé mairesidence sur les bords ^u lé^ ii Como , ou près des rives du lac r-omantique de Gepève. Je n'y fut pourtant pas long-*4ems sans recevoir la visite d'un b^te fort importun , l'ennui; heu-» reusement je vins à bout de le congédier en trouvant l'occasion de me livrer À mes goûts habituels , c'est-à-dire d'observer quelque nouvelle scène de' la vie du monde.
Plusieurs jours de sirite je vis passer devant ma porte, -dans une calèche déqôuverte, un couple bien épris dont les regards passionnés annonçaient la bonne intelligence , et qui semblait deux tourtereaux serrés l'un contre l'autre dans leur nid. Plusieurs fois je les rencontrai à cheyal , la dame couverte d'un voile , le c&-
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yalier aussi près 4^elle quUl. était possible; conversant avec elle , et ayant la main appuyée sffir le pommeau de la selle de sa Dulcinée. Sour vent aussi je les voyais se promener dans les endroits les plus retirés, se donnant tendrement le bras , entrelacés comme le lierre au sycomore avec lequel il semble s'incorporer à un tel point que, si vous les désunissez, Tarbrisseau périt, et Tarbre, conservant encore les marques de la pression étroite de Tami dont on Ta séparé, est privé de son plus bel ornement. Il en est de même de deux cœurs unis par l'Amour et l'Hymen, pensai-je ; mais il est rare de les rencontrer. La beauté qui s'appuie sur le bras d'un galant cavalier en reçoit un nouveau charme ; s'ils sûot séparés, la main dé l'une tombe sans grâce, le bras de l'autre est comme frappé de paralysie. Tout en moralisant ainsi , j'aperçus le couple amoureux à quelque distance. «Qu'ils sont heureux , me dis'je ! ce sont sans doute de nouveaux époux , ou plutdt de tendres* amans goûtant les douceurs qui précèdent le nœud conjugal. » Je crus reconnaître le cavalier, mais il se détourna pour m'éviter. Je pris quelques informations ;
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et je dëcouvrô que c'était effectiyement un baronnet de iHa connaissance , qui était marie depuis deux ans , et qui'avait fait un mariage d'illclmatîon. Son épouse Tayait déjà rente deux ~lms père. Elle possédait tout ce qui peut rendre tm époux heureux : jeunesse , beauté , vertu, ta-* lens, le meilleur caractère ; mais elle avait un graud défaut , elle était. ... sa femme. Ce n'était point elle que le baronnet promenait amoureusement à pied , à cheval et en calèche ; Tobjet de ses soins était une femme de trente et un ans^ basanée, sansespnt, capricieuse, extravagante ; maïs qui offrait un attrait puissant, elle était réponse d'un autre. Tel était le talisman qui enchantait le baronnet, le charme qui pouvait satisfaire son goût dépravé , la magie qui lui faisait oublier les devoirs et les douceurs d'un î^uiour légitime. ,
J'ai fait autrefois un voyage en Italie, et j'y 21 remarqué que ces exemples d'infidélité coujiiijale s'y rencontraient dans toutes les classes* Je me souviens aussi d'un jeune marquis français qui disait : « Julie est charmante , elle m aime à la folie , elle n'a que dix-sept ans ,
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tous les hommes Tadorent ; mais c'est ma femme, et c'est tout dire. » Que cette itoflionLUtë ait inondé tout le continent ; que ^ coran^e un torrent qài a rompu les digues que lui avaient opposées la prudence, la religion et la vertu , elle ait (ait disparâitre tout sentiment de devoir et même de convemince sociale? ce doit être peur tout homme estimaUe. u» sujet ie çjiagriii pt de regret. M^ii^ notre afBictioii doit être bien plus profonde encore quai^d nous yoyojis ce ûé^u pas-» ser les mers et ^e répondre sur notre patrie.
C'est surtout la classe supérieure ie la société qu'il attaque. Noii^s voyons inylôrd sortir furtivement d'une de ces jolies chaumières conlïUes S0U3 le nom à' Alpha-Coitag^r * , pour ^U^^ rejoindre son équipage qui l'attend au coin de quelque n^e donnant sur Edf^fpare-Jload ; tandis que mylady va faire sa promenade dans le parc du Régent , ou daps les jardins de K^rtsington : ce n'e$t pas pour se livrer splitairem^fl^ < à leurs réQexionç que l'un et rauice agissent
* Petites maisons agréablement situées entre 'Paàdîngtoii et le parc du Régent. 1
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ainsi. Le membre du pai-lement^ qui est marié,
quitte toujours la chambre beaucoup plus tard
que cebii qm est célibataire ; jat il a soi^ de lire
dans un journal ee qui s'y est passé , pour e^
amuser le lendemain son épouse. La ducbes^ç v^
passer la soirée ches une parente , ou prétexte
une indisposition pour g^der la maison quand
son mari est engagé à un dîner , à une assem-r
blëe qni doit se prolonger bien avant dans la
unit. Mais qu'elle sorte , on qu'elle reste chez
elle , elle sait qu'elle ne passera pas la soirée
sans une compagnie plus agréable que celle d'un
époux. Enfin la moitié de nos dames de qualité
se montrent dans les rues et dans les endroits
publics , accompagnées d'un attentif.
Tandis que je me livrais à ces réflexions ^ une jeune fille d'une figure céleste passa à mes côtés et me devança. £lle avait le plus joli pied , la jambe la pins fine que j'eusse jamais vue , et soi| regard était enchanteur. Elle marchait avec la légèreté que Virgile attribue à Camille , et y joignait toutes les grâces de la mère des Amours. J'ai déjà dit que je suis admirateur du beau sexe; je sentis une certaine chaleur se glisser
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dans mes veines. « Je voudrais bien sayoir qai elle est , me dis-je à moi même , il faut que ji voie où elle demeure. — Suis — la, me dit à Foreille quelque petit où quelque grand diable, et je doublai le pas pour la joindre. Mais je n^ étais pas aussi leste qu'Apollon poursuivant Daphnë , Je perdais toujours du terrain ; une maudite pierre me fit trébucher^ mon pied tourna, et je me donnai une entorse. -^ Vieux fou ! me dit la raison ; et qui se mêle de prêcher et de juger les autres , ajouta ma conscience. — Ta es fraîche et belle comme une matinée de prin- , tems, charmante fille , m'ecrîai-je alors ; mais quoi qu'en ait dit Anacréon , la rose ne fleurit pas sous la neige , et des cheveux blancs s'assortissent, mal avec dés joues vermeilles. Adiea, puisses-tuavoir ântant de vertu que de beauté ! « Je ^retournai chez moi , non sans peine , en m^appuyant sur ma canné. Je fus obligé d'y res- j ter quinze jours , la jambe étendue sur un ta- j bouret ; et quand je pus reprendre mes promenades ordinaires , ni le couple amoureux , ni )a I jolie nymphe ne he montrèrent plus à mes yeux. '