‹ L'hermite de Londres: ou Observations sur les moeurs et usages des anglais au commencement duChapitre 32 sur 63 · LE PROVINCIAL A LONDRES · texte numérisé non relu

LE PROVINCIAL A LONDRES

par malice , et me gàfa ime redingote de drap tonte neaye . Ffls de coquine , m^ëcriai- je , ( c'est mon cousin le provincial qm parle , et j'adouci3 son expression ), savez vous bien qui je suis ? — Si je sais qai vous êtes ? me dit le drMe , non, sur ma foi !. peut-être Gilles Gambillard , du comte d'Yorck P » Etme riant au nez en tirant la langue, il continua sou chemin. J'avais quelque envie de le poursuivre pour lui frotter les épaules avec ma houssine ; mais en cet instant une charrette dont la roue était dans le ruisseau me couvrit de boue de la tète aux pieds. Je dis son fait au conducteur, sans me gêner; mais le drôle me fit une grimace en me disant : «' Et depuis quand étes-vous débarqué à Londres , Joseph Deschamps ? — Coquin , lui db-j'e , je te ferai mettre en prison ; sais^tu que je suis

juge de paix ? — Juge de (Je m'oserais

répéter ce que me dit le maraud ) ; mais , tout juge que vous êtes , ajouta-t-il ' eu jetant^ sa veste dans la charrette, si vous osez boxer avec moi, je vous damerai le pion. » M<h qui me pique d'être d'une certaine force à ce jeu , je ne me le fais pas dire deux fois ; et convaincu que je li^ ferais voir du chemin , je mets habit bas ,

Ii£ paOVraClÂL A JLOKDÀES. I73

H je piie un hamne très^bjen mis, qui. s'était arrêté près de moi , de Touloiif bien mêle gardet. Alors prenant nne attitude savante , je me tiens sur la défensive ^ ef je commence à' loi faire voit que je ne snis.pas un novice.

« U est trop au dessous de voius ponr que vous vous mesuriez avec hii , me dit alors un homme d'un certain âge y vêtu d'un bel habit noir , ayant les cheveux bien poudrés , et portant des besicles iiiontées en or ; ne vous dégrades pas.àce points il ne* mérite pas tant d'honneur; Et vous, faquin, si vous ne demandez pardon k Monsieur à Tinstani, je prends le numéro de voti^ charrette^ et je vousfais mettre à Tameiade; J'ai vtK votre manœuvre , c'est par pure palice que yous av^ éclaboussé Monsieur. -^ Je vous demande bien. pardon, me dit le charretier. — Fort bien, lui dis -je, tout est oublié. >» Je me retournai pour reprendre mon habit, mais Ihomme officieux à qui je l'avais confié avait disparu, «^u voleur ! au voleur ! cria le charretier. Le voilà jà-bas qui s'enfuit, mais je le rattraperai bien. Où vous rapporterai- je votre habit, votre honneur? -r^ Là, lui répQudis-je

174 1^ P&OVINCIAIi A loO^OfES* en Itti montiant rë^urie ^ étaient mei^ devan;!. — Je vous ACcomp9^^X?i'%mfi àii Vfumis» en habit noir. — Biepi des f eipeccinens , loi répondis-je : <m^nd j'^jai 9)109 h^k^ j'espàre que vous ne refuserez p^s à'finMv avec am dans un café pon^ y prepdr^e une imdwich * et un verre de vin de ]\{fid^is. n II resta weec moi environ un qu^rt::d'heure ; 0»ais voyant que le charretier ne revenait j)o}nt, ii lae pria d'agréer ses excuses, g^e dit qii!tine affaire Tobligeait k npe <|uittQrj^. ft jDç .témoigna le désir de faire avec moi pl^s î»mj4e conn^issaBce : nous nous remimes iiiutHelIçp^nt ^chacun notre carte 7 et je li^s sur la s/e^ne , sir John Jams t hàUl Aielphi , Sfran^. « Voffâ me fiâtes honneur , sir John, lip dis-je en bii seixant la main. » Et nous nous ^p^^nii^-

»Xe charreUer arriva qi^elqnes inslaasapràs, tout en sueur. « Bien fâché , votre koJoieur,

* Ce sont deux tranches de pain beuprécs, auxquelles on ajoute quelquefois de la moutarde ou des fines herJbes^ et entre lesquelles on met une tranche de jambon ou de quelque autre viande froîde. iCe mets a ëlé inventé, 4it-on , par un lor4 SanclwicK dont il porte le nom»

me dit-^l , mais le cocpiin ade meiltenrës jambe^i^ que les ihiesnes ; je n^ai pu ratteiiHlré. » Je mi$ la maîii dans mon gonsset pour lui donner nue itfàà'-covBtijniae. Nouveau malhêntl je n y ttou-^ Vai pins ma liionrse «qui eonleHait quatorze gainées fi ipielques pièces d'argent. Ma moiiti!e atait disparu, et même une bagde que j avais an dnigt , et qui était un présent de ma mère. « Il finit que ie diable soit dans Londres, m'écriai-^e* Qvelie lioale pour cette capitale ! Tons les bandits de Botany^Bay * sont-ils donc décbainés dans ce quartier? » Eh bien, le croiriez-vons ? un tas de jockeys et de fainéans qui étaient' rassemblés près des écuries se mirent 4 me rire an nez. Il est fait ! disait Fun': c'est un UaiBC-bec ! criait l'autre ; il estbien de son pays ! ajoutait un troisième. Enfin je ne sais ce qu'ils né dirent point. Je tombai sur eux à coups de boussine ^ mais ils détalèrent en criant en^ core phis baut.

» J'envopi mon domestique chercher ma redingote vert-bouteille ; et prenant mon superbe cheval rouan qui me coûte 200 guinées, j'allai

* Colotile anglaise où Ton envoie les gen» condamne» ^à la déportation.

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^re mi tour dans le parc , suivi de mon Ah mestiqne monté sac un bean cheTal bai. Jy étais à peine que deux espèces de singes , de ceux qne vous nemmei^, >e ctois, des dandys , vinient me regarder sons le nez en ricanant, |>faquant snr moi leurs lorgnettes et me toisant de la tête anx pieds. « Le he\ oisean ! dit Vun. Quelque nouveau débarqué, ajouta râatre. Cette redingote est sûrement à la mode dans le comté de Lincoln, reprit. le premier. Ainsi que ces bottes à revers d'acajou ^ riposta le. second. *

» Je méprisai leurs propos, et tournai brusquement d'un autre cAté.pour m'éloigner d'eùi. Mais en faisant ce mouvement ma houssine fr^pa le bras d Vue j.oUe femme montée sur un très-joli cheval 3 et. suivie d'un domestique en livrée écarlate galonnée enmr. « Mille^rdons, Madame , lui dis-je en la saluant respectueusement ; j'espère que je ne vous ai pas blessée? — Pas le moins du monde , répondit-elle en souriant d'un air agréable. » Je lui renouvelai mes excuses, et nous ftmes deux fois ensemble le tour du parc. Pendant notre promenade, j'aperçus lady Marie dans son équipage , et je

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