‹ L'hermite de Londres: ou Observations sur les moeurs et usages des anglais au commencement duChapitre 36 sur 63 · MANIÈRES IRRÉSISTIBLES · texte numérisé non relu

MANIÈRES IRRÉSISTIBLES

Ccini qui û cette patsiea ( l'envie de plaire ), 6*»oui loin qv'it aperçM! tu bomaie dans la place , k saine ea •'écriant : i>oiU ca qn'an appalla vn honme de iiien; l'aborile, l'admire svr les Moindres cboees, le relient avec iê» dem mains de peur qu'il ne lai écbappe ; ei après avoir fait qnalqam tonrs avec loi , il lai demaa4i avec empressement qvel jonr on pourra le voir, et esii ne s'en sépare qu'en l«î donnant milte éloges.

Lik BavvittS.

Je n'ai jamais regardé comme indiflfërent d^avoir un extérieur prévenant , une voix agréable, des manières polies; mais je n'en ai jamais été si bien conyaincu que depuis que j'ai fait la connaissance du colonel Winlove. Nous savons tous quelle est la force des premières impressions » et combien la raison et le jugement sont exposés à se laisser surprendre. Nos yeux et nos | oreilles sont en quelque sorte des sentinelles I chargées de défendre les postes avancés de notie |

M ÂNIÈEES 'laaiSSISTIBLE^: 1 89

sar 9 de donner Talanne quand un ennemi s'en )proclie ; mais qusoid ces yedettes se laissent iduire par la beauté et rharmonie , elles livrent aturellejnent aux as^illans la place qu'elles evaient défaidre.

n £aut que l'objet qui veut nous' plaire soit ;racieiix ; que la yoix qui veut nous cbarraer oit harmonieuse el peisuasive ; que les gestes oient pleini d'aisance et de dignité ; que toutes ^ manières aient. assez de^ra^ort à nos sentiaens intimes pour commander et fixer liofre atentkm. B faut que l'œil nous enttaiàt iândis [ue le langage nous captive, et que nous n'alerecTions dans toute la statue animée rien de roid, derinde^ d'incertain, rien de repoussant.

Cette aisance qui semble chercher à plaire ilutôt qii'à dominer , qui veut se mettre au ni^ reail de ceux qui rentburent et non s'élever m, dessus d'eux, inspirer la confiance et non :onvaincre de sa sujpériorité , est un des grands QoyeBs de plaire. La politesse est la parure' de a bienveillance, et prévient en laveur de qui- :onque en est revêtu. Son influence est irrésis- [ible, et mille' auxiliaires Contribuent encore i 'augmenter; comme la douceur, l'afiabilité , 'éloquence, l'égalité dame , le jeu de, la phy^

I go M.^H nass ihiMsiMnLtM:

^iononne , Fuaage da nonde , L'empire $iir soi-' méoie , p0UF cacher ee qui ftnt blesser et montrer ce (pi doit dnrmet. V&ii ce qà^êa esf convem^ à-9ffe\àr'mémèf^. Msis la «aâissanwe et Fëducation même ne suffisait pss peur assurer cette rémuon de qualités attrayante^i, qoi n <mt pas besoiii d'être pesées dans la balance de la réflëxiiMi , mais qui doiraiit , à Tinstafit , être reçues comme marchandise de boiraloi, «II rejetées comme de T^ftipeate.

Ma& ^e mpîetis air colonel ^ Àyiat £s$ipé une gtiuidls fc^rtdne , etse. tn)iivmit tédiiif à m re^ venu trèsHn^ibcre-v «nr ne paît dire que ses richesses lui domièatvn gtàti poids dans 11 s^oîëtë ; il n'est point eik crédit aoptèa Jes Sttntstres ^ il ne doit pasaon importance À des relalM)ns à6 famille, car il est h ^inieir de si race y les malheurs de htgaerre lui ayant eidei^ tous ses parens. lia de nombrenat-iléfâuts ; cependant U fréquente la meilleure compagnie:

on le trouve dans les cercles les plus à.ia mode ; il est partout accueilli^ ftlé ; et c'est à sëfif msh niinrs qu'il est redevable de cet ^«irantage -.

Je Va& tu entrer àms une société rà^qnelqne «nvieox venait de le prendre pont l'objet-de sa; iCritiqua ^et d'uu seul regard se faire des ami^

de ceux qat étaient le miÂm^ bien disposés e» sa ^ bvear. Rien Ae plus h««f«ttx ssrIOHt ^ la mamère dant il sd présedfe dans un cercle. Il semUe cfai^cher qnels sont les cmifs (pt'A ioiï gagner. Un senl conp-î'œil lui apprend coîwmenf il ddel piartager ses attentions , à qui il doif ac-^ corder des égards , de Ja déférence et du respect ,quand il doit parler ou se taire ; quel est le ca^ xactàre général de la compagnie, quel snjet de conversation est te |4tfs propre à lui plaire , enin qnete sont ceux qii41 doit éviter.

A beanoonp d'éxpériende M joint une ino-« destûe* éindiée. Sans avoir un esprit transcen^idant^ il Ir feit valoir parr un enjouement et nue fsdté quirhiî en font' snppoiser davantage. Mai»^ , far dessus tevt^ son grand talent est de mettre à leur aise tous ^ ceux à qui it ^le , 4e i^enâré chacsn é^ntenide soirmâme. U sait écarter tout ce qui.peot dépldéi^ ; il vient au- secours deedui qai se tnmve embarmssé peur une réplkpi^ V et s'il aperçoit dans la compagnie nné persâhné ^tt'onijDé^ige, .il lut pirodi^ede» soins- parti-< entiers». Cjssafttentians , qfui lui'Mt faiîf'ùne fonfr ^amb^^décenoertent tôux qui 'Sont jaloux' dé ses teccbi , et 'qui iiawiraient le supplantèrpeur

endi£.sa pince.

19^ MANlEaES IHUESISTIBLES.

U s'est concilié les bonnes grâces de tontes les dames par ses soins , ses préyenances , sa complaisance et son respect. Son regard est assuré sans avoir rien de libre ; s^ civilités ne sont pas fatigantes , sa galanterie n'est pas cdie d'un iat ; et jam^^s on n a entendu sortir de sa boucbe nne expression hasardée » on un mot à double sens.

En donnant ces détails, j'nsnrpe un peu les droits des autâurs qui écrivent sur l'éducation; mais mon but étant de peindre les moeurs, in jour, c<»nment "ht point parier de qualités qui sont plus utiles qu'on ne le croit à celni* qui les possède? J'ai donc voulu donner un exemple vivant en citant iln h(»Ame qu'on peut voir tons les jours 9 et qu'il est possible d'imher. Mais, quelque graii4s que soient les avantages de l'édueation, eQe ne suffit pai^ seule pour nous donner ces manières qui séduisent tous lès esprits ; il faut que Icf jugement et le fç^ut présidait à chacune de nos acthms.

Le désir de plaire est aiissi général que naturel ; nuispoviry réaissir on se trompe souvent dans. le, c^ioix des moyens. Il &ut apporter dans la société nne heureuse alliance de .rutile et de^ Tagréable ; ce qui , quoique difficile , n'est pas

KAKIÈRES IRR£$ISTIBLjES. 1^3 hors de la partée de quiconque a été bien éleyé , et veut se donner la peine d'étudier cet art. U faut une politesse qui n'ait rien d'emprunté ni de forcé ; du respect sans bassesse , une aisance qqi ne soit pas trop libre , de la ciyilité sans flatterie , de la modestie sans mauvaise honte. Il bûi savoir traiter un sujet léger sans être frivole j être élégant sans affectation , se faire va* loir sans égoîsme et sans amour-propre. Quiconque réunira ces qualités sera sûr de plaire généralement

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