I,A PRINCESSE CHARLOTTE. I
heureux. Sa principale occupation était de chercher rinfortune pour la secourir ; elle voulait, disait-elle quelquefois , « se dédommager d^avamce du tems où , placée sur le trdne , il lui deviendrait moins facile de se livrer à Timpulsion de son ciœur. » A tant de qualités essentielles Charlotte réunissait les connaissances les plus variées , et même les arts d'agrément. Elle avait étudié à fond Thistoire de son pays, dont la partie moderne embrasse les quatre parties du Qumde; elle raisonnait avec une justesse surprenante sur les questions difficiles du gouvernement. Elle possédait plusieurs langues, et se plaisait surtout à lire les classiques et les poètes dé son pays. Elle était bonne musicienne, chantait avec infiïBiiment de goût , dessinait et peignait ; mab b littérature était son occupation favorite.
Dans la : retraité où elle croissait ainsi en grâces et en takns , la princesse Charlotte né restait point étrangère aux événemens qui Ventouiaient. Se préparant en quelque sorte des liaisons à venir ,' elle s^oecupait avec soin des illustres réfugiés de la, révolution française ; elle leur prédit, dit-on , le tanne de leur exil et des Aulbeurs de la France ; et , dès Tinstant où les
igS 1^ PEIHOESSK CHARUITTB.
souverains coalises contre Tssarpateiir 's'sai^ prochèrent des bords du Min , elle enroya des lis à cette princesse. aaguste , si chêne à b f rance , dont elle oteiiait avec font l'iindirers la grande ame et la noble rësigiiation. Sttftfi touchant, attention chaînante , présage d'«iioh entre deux corars, dont Tun ayait offert les plus aubtimes leçons , et dont l'autre ëtait digne de
les comprendre! *
A di»*nenf ans l!hérilièffe . dn trône S\hm^ ^eteiTO s'éprît d'amonr^en inspim, et «sViait i Tobjet de sa tendresse avec^ p3us de Ubetté peut-être que a'en eût en une simple bergère. Pour être ccmplèteineBt .heurense «lie n'eut pas même besoin .d'eiprimerses dësirs , -on les 4e¥iQa. Ses v<eux lés plus dheis bteni comblés 3ans qu elle eât enie loisir d'éprouver nne^seule crainte. Les retards diplomatiques, les donve*nances des cours, la raison d'ëtat, tous^les -obstacles qui entourent les dynasties royales , sV planirent devant son prenner, son unique amour. £t son choix fut justifié par un bpnheur toujours i:rois$ant , par^un attachemmit^ mutuel «de pins en plus vif : pour en goûter toutes les douceurs sans contrainte , il bMit ' aux jeunes époux la aptitude , et la solitude icfur fut accordée* Os
J^i PEIKC£SS£ CHÀHUKTTS;. 199
-fissent p»: vrrre à la cour , ou habiter le palais de la reine ; ils préférèrent les bosquets retires de. CiareiQont ; et c'est là que, toute à sa tendresse j 'Charlotte épukart la cou^e de la félicite km da tinmilte et des regards du monde ; tnaîs loutc TAngleterre contemplait sa retraite et jouissait de son bonheur.
Bientôt rien ae manqua à la léHcitë des j eunes éponx'et aux vceux de TAngleterre : la grossesse de laiprîncesse ïut dëdarëe ; et, en approchant 4e son leme ^ sa Jinliantê satftë «emblaft ^ fortifier de plus enplns^ C^osl aumilieti des soins touchant et si davx qui {urécëdent la maternité , que la iprmoesse se livrait encore au culte dès Muses , et taçâit , sur un portrait destiné au prince sim époux , les ^ers snivans , qui annon-^ *ceatun lale»t)fonnë-dans rétude'des'classiques ;
To ClaremonVs ierrac^ed heights and Esle/s ^roi^es ^
Where^ in ihe sweet solitude , emhraced
Sy ike s^fiwindàrgs 0/ the silent Mnn ,
From emtrtJ and cHres CBAHtxntE Jfads repose,
Enchanting pah ! beyond wkaie^er ike Musc
H as of Achaia or Hesperia jungî
ô mie ofbjess ! o soflJy swelîing kills ,
On wàich ihepotrer of^Htçaiiàn fies
Aadjitys io Seâ ihe, tronder^ a/ ids soi/ J
« De* 'terrasses élevées de Qarenaont , des bocages
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d*£slier , où , dans une paisible solitude , iicrcëe par l»s' * • doux accens de sa modeste Muse , loin des cours et des cités y Charlotte trouve le repos. O rallon enchanteur , bien au dessus de tout ce qu*ont célébré les Muses de la . Grèce et de T Ansonie ! 6 vallée de bonbeur ! 6 coDines doucement inclinées sur lesquelles le génie de la culture s*élend et jouit de voir édore les menreilles de sa puissance ! w
Qael jour afireux que celiûoà tout le pènpie de Londres ap[«it en s^évéillant cette teinble nouyelie ! « Le fils est mort , ]a mère fa siÛTi »» au tombeau! » Les détails' n'arriyèrent que le soir ; yoici ce qu'ils apprirent :
« Mardi, vers' trois henres du matin, la princesse a ressenti les premières douleurs : les grands officiers de TEtat forent coitvoquës pour assister i la naissance d'un héritier de la couronne ; le travail dura quarante heures ; TexceW lente constitution de la princesse et son courage rassiéraient les hommes de Fart. Après des donlenrs incalculables , S. A. R. a ëté délivrée d'un enfant mâle parfaitement conformé , mais il était mort. Cinq beures après, l'infortunée princesse n'existait plus. . . La douleur du prince Léopold ne peut se décrire, a
Cet événement déplorable fiit marqtfé in sceau de la fatalité, Une observation sing^èrC)