JOURNAL D^UN MERVEILLEUX
reiice: qai existe entre le corset à la Cumbêi^ land et celui à la Bnimmel, entre les {mntah Ions i la Petersham et ceux à la Wellington ^ ayec autant d'importance que si de pareils sujets méritaient d'occuper Tattention de qui^ conque n'est pas tailleur ou marchande de modes.
Cependant beaucoup de ces êtres fiiyolés sont reçus à la.table.^ Topulence^ sans ayoir d'autre mérite que de conserver' un souyenir exact de tout ce qui est indigne d'occuper une place dans la mémoire. Ils se font accueillir en achetant des chevaux et. des chiens pour leurs amis» en ayant des recettes pour guérir les maladies de ces animaux, en communiquant le secret d'un vernis pour les bottes ou d^une poudre pour les dents. <
Je connais un vieillard qui a plusieurs porté"^ feuilles remplis de secrets particuliers pour guérir toutes les maladies des hommes et des che-^ vaux, des chiens et des enfans; de recettes' pour faire des poudres fulminantes et stemuta^ loires, pour préparer le phosphore et pour jouer des tours à ceux aux dépens de qui on veut faire rire les autres ; de dessins de voitures , de SQeuhles et de parures les plus à la mode ; tout
2 Ip fOUEV ai:. A'flH ,MEH VBUXEIXX.
cela rangé i^r orite et tttec sdk« A la tête de cetU préciease collection, il a mispdmr deiriise.
Condo ei compono çum mox depromere possim ; *
4ce({ardant àns.doate «ss ndieifies ainsi ac€nmulëes comme un passeport ^ Inî ouvffe rentrée de beaucoup de sociétés.
Sachant qu'il existe bien des gens, qni font -me îrf&ire sérieuse de sembhdtles bagatelles , je jus peu SBrpTÎs d'apprendue qu^im jeune mer- :veîlleiix de ma :c0a»aissan«é tt^Kiaft un journal «exact de>ce qn^il faisait cbaque j<>ar ; feus la curiosité de Je lire : voici :1e détail de l'une de •ses journées.
w Lundi. — Je me lavai i tfois ^heures après midi avec une maudite migraine ; confiision dans toutes mes idées ; le sonde la harpe et d'es vio*- Idns encore dans mes oreilles , et le brutt des •dés remplissant mon imagination. Je detnandai -dn thé ; il me -fit mal à Testomac ; j'y ntélai de d'eau-de-vte. Ma migraine augmenta. Jie me fis •«efcvir du pain , du beurre et des chevrettes dont l'odeur infecta teilemesit mes mains que je ne pouvais mis supporter. Je les fis tremper un
* J*^arrange et je compose ce que bientôt je yais xneUrc en œuvre.
•qnart d'heure dans Teau de lavande. Un petit fragment d-écaiUe a' était introdnît sons mi de mts ongles. ; j'en fis l^extractkm arec nie& pinces d'or, et je:recoiiiins.coiBliieii;il:est utile et né^ tsessak» de jctmplir. ses ongles de;cnre blanche. J.eiaiDi0ai aoe chetiette 1 Taide- de ma lor^ gœtte/, carj'aîila vue fiart omrte , i rnoiiis qa'il ne >s agisse denoocomiaitre o&Gfëancier on qnelqa'un.^e je Tfeux ivitex ^^yant moi, ce petit JAcnstce est une ëcDevisie.en.minîatsre. Je ne fm pneBdcela.paifie .de vérifier cela dans TJE»- ^yclopiék f jnais^ djenanrdevâi an «ministre Jaamin ce qn'il en pense , et je proposerai ufie ga*- ^enre àice snjet am club des Dandys, si je suis sûr delà §agnpF. .. •>
» Je ntis.la robe de chandire desoie.<^ j'aa iait j&qT.èlERpagn^i mes pantouflei de Turquie , ntan pantalon àJaPetersham et une che^ miBeite, Jeipri&paneiveur le Maming-Chronicb^ sot joqrnal^ tonyonrs dëmsauvâise humeur, ne nous psédisant^qne n^ine et malheurs ; je m^anmsaLdix<«ûiiùlesà le voir déchirir par mes ^Wefis. Jë«]^. ensuite le Moming^Heraldi jouj>- 5»! plus consolant) qui montre iqne tout ^st^n mieux , que tous les membres de lafamijle royale
a 12 JOUHKAL D'UN MERVXILLEUSC;
somt dés anges ; qni contient une foule d^anecdotes et de traits d'esprit ; qni vous apprend le départ et Tarrivée de tous les gei|s à la mode, connaissance très-^tile i acquérir pour sayoic quand on peut aller rendre visite aux gens qu on désire ne pas Voir. Par réfleùon, ce détail n'est pas sans inconyénîent : il peut donner réyeS aux créanciers; j'inviterai Jack, mon ami de collège , à .écrire à l'éditeur une lettre anonyme sur ce sujet intéressant. J'eus le plaisir d'y voir annoncé que j'avais été reçu membre du club des Jockeys, et j'y trouvai l'^oge de mon nouveau phaéton .
» Sir John vint me (aire une visite. II sentait l'étable si abominablement que je fus obligé de .prétexter un rendez-vous pour m'en débarrasser. Il voulait me conduire chez Adams pour ine faire voir une voiture de nouvelle coiistrnctioii; mais je préfère celles qu'on fait dans Long- Acre. Il s'attendait peut-être que je le prierais à diper ; mais son odeur d'écurie était trop forte pour mes nerfs ; d'ailleurs ma migraine mé tourmentait toujours 2 \t br&Iai des pastilles , 'je me frottai le front d'eau de Cologne, je ne ne trouvai pas toStn.
JOURNAL B^UN MERVEILLEUX. Hli
•> J'examinai mon portefeuille, complètement yide. Je ne yeux plus aller le dimanche dans nne maison de jeu : le bal qu'on j donne n'est qu'un piège ponr^ TOUS attraper; je me contenterai à Tavenir d'aller' faire une partie de whist chez lady 0***,. où de lob chez Thono* rable mistress C***. Qu^àtt aux concerts et aux conversazione du dimanche, c'est mamort^j'aimerals autant aller au sermon.
» II me vint à Tidëe qu^un peu de ihubarbe mé. ferait du bien à l' estomac. Je consulterai Georges sur ce point. II m'en coûtera un billet de cinq fivres qu'il faudra lui prêter, et proba-» blement un dîner. Mais tont bien calculé, un verre de Curaçao me fera autant d'effet que la rhubarbe. Ne pas oublier que Georges m'a promis de refsûre ma jument noire , de la mettre en état d'être bien vendue. Il la montera pendant un mois pour sa peine. Lui rappeler la spéculation en chevaux qu'il doit me &tre faire.
M Je m'habilkti en moins de quatre heures.
H pleuvait. Je demandai mon cabriolet et mon parapluie. J'allai d'abord chez mon tailleur. Je lui ai donné de l'argeiit il y a deux ans, et ilm'ea dèmao4e encore; Il faut qu'il soit raison*
ai 4 JOURNAL B^UM ME&VEILLCUIC.
iiable, oa j'en duungerai. J'allai ensuite Toir bofxer à Fives'cùurt, Ce Weston est un gaillard plein ée force et d'adresse *, il' a* bien mérité de la pairie. Je rendis risite à lady p*^* • je lui fis la cour et je la serrai de prè&; mus il me sembla qu'elle sortait Teaii-de^yie.
» Je rentrai chee moi pour &ire ma toilette ; je rompis trob lacets de corset , je cassai une boucle et je déchirai le quartier d'ian' soulier. C'est bien dommage ; car je n'^Tais* que cefte pakire delà boutl^e d'O'Shan^in dans Boud-^Sà^; ils étaient minces comme du papier, et doublés de satin x^raittoisi. Je inTeh veux^plnsaivoir d'autres; G^est une rage. J- en nds uiie paire fâiitepat Hoby . letparfalNÛ mon mondidir; mairje ne pus ar* r^orger ina cravaté à -mon goét. J'y passai trois qnàttsird^ieure.sans y'Ténssîr -parËûteiment. Je décUrai deux' paires ' èk ganAs- en voulais les mettre faTet trop .de précipitation; Je fisr phis d'^ttention^enessa^aiml la>l]Nmiim8; ce ipii me fitperdfereiMOorefiia'qiiartd^êià'èl * ^
'•ff Je: partis dans-^ mai :caJè(^'^ et jb dranaf orâre'jdlàlkryeiitre.'à tem; rraais jd fus obligé dé retourner diez;:moi':rf'aTaboilbEé ma beQe taAatièreiMUTa^ sur'laqutUejB cdmplati pour
ittirer Ie& regards de toute la Gompagaie. Une barrette de biassesE m'axvélaiéix mimites* Je lis au i&QPLdttctear qa!il «e devait pa» barre^^ aiiBÎ echeim, étje JHrai eaTiipeslio^haBt coiQine' l le mentait. Le dràk eat Tioipudii^iee de dire i mon ccic^er : «. Qu'est-ce^ que ^a idif ? Bst-ce^ » que ça {)a^lè:?']MBlltei^le»d«f s une cage ^laiites- • le voicà dcsBÎ-prix , coomie leF ^ge^ savant. » » Je a'arritéi poar diiier<{a^4 fih% de neuf lienres. Le $eeend-'serme allait^ élre enleré*; }6 ae tHMiT» rœn .de chttttd'iii de» iNnd. Je fis mtes 6xcu5ft& die: {acnamèfe la? pkis a^éâble ywais la* majorité ne fut pas pour moi : j'étais vraiUMnt Tenu trofi^ tanL.lè wrcoasetai en lii'attaihant aii &mrg^i§«f et auCbampagae conmie •uM' sangsue* ; i ■ i
» Jialbdi^î^M^ ^^pa^i'y^^^»^ ^tt^lg^ ihéâ'tr^s^ et,;pottr denti^t^e tes^o^rée*,- jè'imfe* reniÇstau cliA. Jê/»ei^t9a|>à^klf4lfëuré9^dta:Mi'«^ lin. Je aoÈ nie,]MippiéIlQ pi»s eêmÀient fe i!n«Më6^' chai; .iinai0r\a|im-T2dètfd!M^^àfidlr# Wtkdiçoi^"' m'agsuiO'4i^8fî'â\aie'la tété parâîteiRent sai&e.- Bans toésr.kS'Caa ^ il devait me parlait ainsi ^ tt^ est pays pf UT) celai » ' *
• C'est ahiiu^4iiieQ9<mitti»rveillen passe teutèf
3l6 JOVaHÂL D^UN MBBVElLL'Kint.
ses joiiQiées. S'il s'y trouye quelques Tariations, c'est toujours le même dessin brode sûr lé même foad avec des couleurs différentes. De plus iQUgs détails sur. cet beureux emploi du tems deviendraient fetigans pour mes lecteurs, et je crois qu'ils m'en dispenseront volontiers.
Je leur offre le }ounial suîirant d'une merveiHeuse de ma connaissance pour servir de pendant i celui que je viens de leur donner.
Je cnns qu'après l'avoir lu, le plus habile d'entre eux sera embarrassé pour décider lequel des deux fait le plus d'honneur au siècle où nous nvons*
« Je fis sonner ma montre à midi : )e croyais qu'il était plus tard. J'avais un grand mal de tête. Je me rappelai avec regret la scène que j'avais^ue là veille avec sir Henri ( son mari ) : l'aurais d& conserver f^hts de sang-^oid , mais la ^oijiftie ,rla perte que j^vais fiûte an jeu, l'o^eus^ conduite de lady Kribi, ses avances^ lyarquées à mon mm , le désagrément de me trouver à côté de lord Ninivie, issu d'une race d^ jm£5> et qui joue toujours avec un bonheur insupportable : c'en était bien assez pour doui|er de l'humeur. Il &u.dra poncbmt apaiser sir
JOUaNAI. D UN MERVEILLEUX. 217
Henri y car j'aurai besoin d'avoir recours à lui. [{ettreHScmeiit il avait ia tète un pen échauffée ; il était rentré tard, et il aura pent-étre oublié notre querelle. Il faudra aussi me maintenir en bonne intelligence avec cette afiieuse lady Biribi , puisque je lui dois sur parole une somitie ({ue je ne puis lui payer.
» Je sonnai deux fois ma femme de chambre ; je m'impatientai et je cassai le cordon en sonnant une troisième. Minikin arriva^ je la grondai sans pitié, et elle fit la moue comme une petite fille qu'on met en pénitence. Je me souvins que je lui dois 100 livres <, et je changeai de ton. Je lui parlai de quelques robes que je ne mettrai plus , d'un voile de dentelle presque neuf que j'avais intention de lui donner» « A propos, lui dis-je , j'ai remarqué un joli jeune homme qui* vient vous voir. C'est sans doute le fils de quelque marchand? — Non, .Mylady, il est teinturier. — Fort bien; mais dites-moi, Minikin , c'est un amoureux, n'estce pas ? — Bon dieu , Mylady , vous aimez toujours k plaisanter. — Pas en ce moment. Mini*** kin, je me sens .très-mai à l'aise, et je n'ai nulle envie de rire. »