‹ L'hermite de Londres: ou Observations sur les moeurs et usages des anglais au commencement duChapitre 43 sur 63 · II · texte numérisé non relu

II

2i8 JOUHNAL D'UK MERVEIIXEUX.

Je demandai, de Teaii de rose , de l'eau de fl^ur de sureau et de Teau de laivande poar faire toutes mes abluiioas. Je mis «se cbenîse de batiste, jerespirû de Tean de Cologne^ je pris du café très-fort ; mais, moa mal de t^e coatiimaat , je me rems au lit. « Minikin , hd dis-je, car j'ayais mes raisons pour entretenii: sa bonne hamenr , comment puis-fe servir le jeune amoureux? est- il établi ? — Non, Mylady , il nest qu'apprenti. — '.Qh , je trouveraibieo moyen d'abréger le tems de son apprentissage. — Je tous remer eie , Mylady , mais ).o ne sais: pas encore décidée ; j'^aî une sorte de fantaisie p^r un sidda^ aux gaodes. •** C'est enci^e- mieux, Min^dn; ebbien, nonsluiobtiendronsd^raFanr cément , nous eu. fierons peut-^étreua^offieier. — Un officier, Mylady ! s'écria^t-^U^ li^iiisportée 4e jme : ah- ! que je« se^ais^ charmé^ d'être femme d'un officier ! -— J'y soi^rai , hii disje ( probablehnent- autant qu'à ce qui se passe dâÈns 1^ lune).

» Mon mat de têÊe augmentait ; je pris de Tnéthes et de l'opium* Je me tneuTai un peu mi^x. Je mis un peignoir de mousseline garni de dentelle ; ce négligé me sied'à rawv J'en-

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tendis sir Henri jurer eomme aa dragon. U grondait sans doute son valet de chambre. Je tremble qu'il n^entende parler de mes dettes et de mes pertes au jeu.

» Je fis adieter quelquespièces de gibier que j'envoyai à lady Biribi avec une lettre flatteuse ^ en supposant qu elles, venaient de Benbigb^ Park. y y joi^is un ananas de ma serre chaude. Je fis écrire par Minikin une demi--doazatne de lettres à des créanciers pour les exhorter à la patience^

- » Je common^ ma toilette à deux heures, et à quatre heures et d^nie eUe était fime. Je sortis en calàehe découverte* Je renpimb'ai- sir Hsinî chez lady G***, et nou£ attàméis faire ime pmmeoade ensemble dans le parc du Régent. itéconeiHaâon complète. U me jura qu il n'avait fait la cour i Lady Biribi que pour voir si je Taimais encore , pour me donner de la ja-* lousie. 1-* Nota. Les hommes sont de grands vauriens. — H me quitta à cinq heures. Je me trouvais beaucoup mieux/ je formai un plan pour payer mes dettes. Je rentrai vers six beiffes ; je feignis d-ètre malade, et f envoyai chercher le docteur H***. ]Nons mimes nos

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deux tÊtes dans un bonnet. ( Singalière expies-' sion !') Il approuva mon projet et me pronût de me seconder.

» Il alla trouver mon mari et Ini dit qae j^avais une fièvre lente accompagnée de délire; que j'avais passé plusieurs nuits sans dormir ; et qu'il craignait que je n'eusse attendu trop long-tenu à parler de- ma maladie. C'était une dépression d'espri|, une agitation nerveuse, que les efforts que je faisais pour paraître gaie et tranquille ne tendaient qu'à augmenter. -» Quelle .peut en être la cause ? demanda sir Henri. — C'est uiie de ces choses qu'on est embarrassé de déclarer, que la délicatesse..... -r*- N'importe, expliquez- vous , docteur. — : £h bien, c'est un attachement trop vif. — Un : attach^nent !

pour qui ? — Pour vous ^ sir Henri ; . jelle trouve que vous la négligez, et elle n'ose s'en plaindre. (.Pouvait-on avoiriiHe idée plus heureuse?) — Je vais passer à l'instant chei elle. — Gardez-vous-en bien; le repos et b tranquillité .lui sont indispensables. Je viens de lui faire prendre une potion calmante , mais j-en attends, pjsu d'effet ; une autre cause met obstacle à la guérison. t- Quelle est-elle? —

JOUaîUL B'Uît MEB VEILLEUX. 22 1 Faut-il yonsle 4ire ? —^ A l'instant même. « Elle 4 des dettes, -►. C'est bien le diable ! ^ Son e$prit a besoin d'occupation, c'est un effet ^sa maladie. Cherchant à se distraire, elle a joué , le malheur Fa poursuivie , elle a perdu . . . . ^ perdu une somme considérable ; et il y a aussi que](|aes mém^es de bijoutiers ^ de marchandes de modes... i— N'importe, docteur, je paierai iottt. -*- Bcriyez-lui quelques lignes pour l'eu assurer, lui dit le phœnix des docteurs , cela vaudra mieux que toutes mes ordonnances. -^ Je vais le fedre ; mais ne croyez-vous pas que ma présence..? — Non, non î il Juifaut du repos, de la solitude. — En ce cas , je puis aller diner en ville, passer la soirée i mon club, et, ajouta-t-il en baissant la voix , ne rentrer que vers huit ou neuf heures du matin. >* Ce qu'il ne manqua pas de faire.

» Il était huit heures quand mou cher docteur vint nf' annoncer toutes ces bonnes nouvelles. Je me levai , et je dînai de fort bon appétit. Je mangeai deux ailes dç poulet ^ un ris de veau en fricandeau 9 et je bus trois verres de vin de Champagne. Je demandai mon vis-à-vis ; j'allai au bal et je rentrai à quatre heures du

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matin. Je donnai une gainée au portier, antant au cocher et an laquais. C'était payer an pei cher le plaisir d'une unit; maàs il fiiut sayoïr re* connaître les services secrets et récompenser la discrétion.»

Je dois ajouter ici que sk Henri cmt que sa femme avait élé obligée de garder le fit pendant deux jours , qu^U paya toutes ses dettes, et qu'il court le risque d'enaY<Mrhientét de nouvelles à acquitter,

UNE JOUflKlÉE A LA CAMPA<VNî:. 223 — N® XLIX. —

UNE JOURME a la campagne.

O rus ! ^uanib égo te aspieiam ?

HoRACI.

o toft chkn campagiw! quand te reT«rrai-j(s

J' AI toujours préféré Tombre qu'on peut trouver dans les rues de Londres à celle qu'offrent les champs , les bois et les bosquets. IMsiis quoique mon attachèrent pouï la ville m'ait fait refuser mille invitations de la campagne, cependant, après avoir été pressé pendant tout l'hiver par lord Riverbank d'aller le visiter dans son château à vingt milles de Lbndres, je fis enfin violence à mon inclination et je m'y rendis.

J'avais beaucoup entendu parler de la magnificence de sa demeure, des chàngemeus qu'il

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