‹ L'hermite de Londres: ou Observations sur les moeurs et usages des anglais au commencement duChapitre 55 sur 63 · II. ' iL · texte numérisé non relu

II. ' iL

34*4 ^^ FïLLt KA^ÛKÏ:l.i.B.

et abandoimé lamère d'Bmilie, a^il ifoosé tme femme Irès^riehe, et «'ai^t plas soAgé à et fiUe que sa saar ayait prise '4tm& sa pityléctàcn , et à qui elle at^aif assuré u&e somme de deux mille livres; qa'aa sarpkis ce mariage n'a- Tail pas été fort hemrettx, attends que sa femme était un WrilaUe dragon. « Tant mieux ! pen^ sai-je, il mérite non-seulement tous les déboires qu'il peut essuyer dans rintérieur de son ménage, mais il devi'ait 6tre moAtré au doigt , déshonoré d«is le monde , poor avoir lâchement abandonné sa fille après avoir honteusement trahi celle qui lui avait donné le jour. Combien de malheureux rejetons , séparés de la tige qui hur a donné Tétre , périssent i Tombre , foulés sotts les pieds de Torgueil , flétris par le souffle glacial du mépris , tandis qn'ik aunienl pv faire bonnenr à la nain qai fes aurait élevés et cultivés ! Combien de pauvres protégées , d'infortunées soiniisant orphelines , voyons-nous dans les nobles familles-, et dbnl les pimns dénatinrés ne craignent pas de se dé^norer en les désavouant \ Qae de charmantes créature tombent dans Fabkne du vice , soit parce qu'eue afvarice

LA FILLE NATU&ELLX. 3fS

««sdide nfi leur a assuré anciti moyem d'exitr* ience , soit parée ^'ubc ektrayagaaee é(;outa leur a àmii i]ae> éducatimi trop an dessus do 4a sitmation jqaVilles dtTaient 0cctiper dans Jt xunide i Cepeadaat les fiuits des anoans iUégi>*times des rois voient' souyest leur, front -omé dt la couronne ducale , et les hommes qui ont pillé les trésors de TOrient couvrent, à force d'or , la basse extraction de leurs enfans à teint cuivré. Quel contraste absurde ! N'est-ce pas le comble de la démence que de fixer la honte sur la tête de Tianocente victime des crimes d'un père? Pounpim faut -il que ces êtres malheureux^ méprisés, hamiliés, ne puissent avoir ni un père, ni um nom? Dans la haute cour de la chucdierie da Ciel , ae déposerontils pas contre les aiilevrs dénatarés de leur exis^ tence? Pourquoi voft-oa si rarenfflst la séduction punie fPonrqaoi laat de «ariages d'intérêt âtent'ils à l'innocence toat espoir de pouvoir réclamer un père ? Parce que le vil voluptueu^ est étranger à l'humanité ; parce qu'une passion brutale ne connaît pas de liens plus doux et plus tendres. C'est ainsi que Fimage vivante d'un

3i6 LA FILLE NATURELLE.

être dégrade se trouve souvent réduite à la servitude, vouée à rinfamie , tandis que le monstre qui lui a donné le jour brille dans un char doré , dort sur le duvet , et jouit de tontes les recherches du luxe. Puisse-t-il être abreuvé de honte et dévoré de remords! •

TENTE DE FEMMES A LONDRES. 3l ; — N<^ Lvni. — VENTE DE FEMMES A LONDRES.

Qui qve tu sois, ell« est on fat ta mir«.

Lkcooyi» Miritt dtsFemmts»

Les tribunaux.de Londres punissent d^ une forte amende lliomm^ assez impitoyable pour maltraiter un animal ; et le juge est réduità déplorer que la loi ne puisse s'étendre jusqu'à prévenir la dégradation de la plus intéressante moitié de Tespèce humaine ! Il paraît , au contraire , que les formalités des divorces , par la vente de la femme dans le bas peuple , sont fondées sur des usages transmis par les anciens Bretons antérieurement aux dynasties danoises. Un mari jnécontent de sa femme ,.qui doute de safidé^lUé , ou qui a des preuves de son inconduite, veut

ditorcer : il en fait part à sa femme ; ils Tiennent Tun et Tantre se présenter dans la place publique le jour du marché. Le mari conduit sa iemme liée par le cou avec une corde ; il Tat-tacl&e au lien où se ye^ le bétail, et la vend publiquement en présence de témoins. Ordinairement un huissier fait ht prisée, très -souvent c^est répoux. Quand le prix est arrêté, et il passe rarement quelques sdiellings, l'acquéreur détaehé là femme ; il la mène liée de la même manière , en la tenant par le bout de la corde, et ne la délie qu'après avoir parcouru b moitié de la place. Ces sortes de vente , tr^»cinmnwies en Ânglet^è , sont désignées par le peuple sous le nom de hùm-market^ mardïé aux Cornes. L'acheteur , ton|oùrs veuf où garçon, est ordinairement un amateur de la marchandise vendue. La femme achetée devient la légitime épouse dé Tacquéreur. Les enfans qui ^Laissent de cette union sont considérés comme légitimes ; la loi contre l'adultère et là bigamie se saurait atteindre les époux ainsi séparés e^ qui vivent dans de nouveaux liens. Il arrive ce- ^ttda&t quelquefi^s iptun acheteur it fewQf^

emitrâcte on nouvotu nuiriage devant Tëglise , afiii 4^ mettre Tétat de ses enfaas à Tabri de toate eaate$tati<m. Um lord anglais a offert, U y. a queUiues aii»ée$» un exemple de ce qse j'avance j Ce lord ayant enlevé et acheté ensuite la femmc^ de son laquak , fit reconnaître son mariage deyant l'église.

he 12 avril 1817 , je traversai le marché de Smitbfield .{deUiué à la vente des bestiaux). U j. avait un rass^nblement considérable de peuple : je vis un homme qui s'efforçait de passer une corde au cou d'une femme jeune et d'une beauté remarquable. Cette malhaireuse.se déi battait et résistait de toutes st$ forces à cet.actç de violence. Comme ils faisaient grand bruit et excitaient du tumulte , un constable s'assura des époux et les conduisit chez le magistrat. Interrogé sur le m^tif qui avait pu donner lieu à cette conduite , le mari rép(Hidit que sa femme avait trahi la foi conjugale. L'épouse convint de^bonne foi qu'elle n'était pas tout-à-fait innocente d^ reproche de galanterie. Le magistrat ne put que gémir sur cette scène de barbarie^ et déplorer que la loi fût muette pour prévenir une sem*-

Page 1