‹ L'hermite de Londres: ou Observations sur les moeurs et usages des anglais au commencement duChapitre 62 sur 63 · DU DRAME DE LA VIE. SS · texte numérisé non relu

DU DRAME DE LA VIE. SS

« Voici uite garnie que Vons denbere^ à M. Morris ; mais ne vous aviser jamais de rappeler mon oncle. Dites-lui que c'est le dernier argeat qn'il recevra de moi , et que s'il persil à mè déskonorer en se présentant à ma perte, f enverra» cherclier nn constable pour le faire arrêter. £h ! mais quel est ce tapage qne j'entends ? — C'est Laure et Georges qui jouent dans le jardin , Madame. — Laure et Georges!

Ins<dent! Vonlez - yoiis dire M. Georges* Auguste-Frédéric Budge et miss Laure-Zéphirnie- Constance Budge ? Osez- tous bioi, drAle'que vons êtes ^ parler aussi familiàremeat des enfans de Yotre mattre ? Yousa|vez bon besoin d'ap^ prendre à yivre. Par exemple, quaftd je sertis - du Musée Britàntiquerautrejour^ je mus trouvai k la porte , roide conlme un piquet, et faisant des grimaces efiroyaUeé au Izén d'xvoîrim aîr respectaeitx et de porter la main à votre chapeau ; quand vous me suivez dans la rue , vous vous anuisez à jouer avec mton cbîea, au Heu de me suivre à trois pas , le corpâ droite l'air attentif , enfin conme le domestifid d'aoe femmacoœrae il fairt. VaSi ce ipe c'essf que de prendre 4 sm II. i5

338 u:ne scèke

service des lourdauds de paysans! Au^urplos,' vous savez que }e vous ai donné votre congë ; ainsi yons pouvez faire votre paquet pour le premier, du mois prochain. Je chercherai à sav/)ir ce qu'est devenu le nègre qui a servi lord Philànder, et qui était sans' place. Je' réponds qu'il connaît son devoir et qu'il sait comment on doit servir une. femme de. qualité. Allons, appelez le second laquais. Je voudrais bien qu'il fût plus grand! Dites -lui de mettre sa livrée neuvç, galonnée en or, et faites-en autant.

N'oubliez pas de prendre voire canne\ et servezvous-en pour écarter les mendians qui pourraient s'approcher de mavoiturequand j'en deseendrai /afin: que je trouve le chemin libre et qu'on puisse voir qui je suis. Eh bien ! qu'attèndez-vôus? tournez-moi les talons. Que nûstress Bennett avertisse votre maître que je dtnerai à sept heures et demie, et que j'irai ensuite à un concert. »

Si mes lecteurs désirent savoir qui est raistress Budge , voici son.hist(»re en peu^de mots : '

Mistiess Budge, est fiUe d'un/journalier qni , qimpuiantyla laissa à la cierge de sa paroisse.

Dt DllAilE DK LA Vï£. 3%

Sa mire avait fait comme bien des iSames , elle avait pris un second mari pendant la ne du premier. Ûolly , c'était le nota de la fille , entra an service de M. Spëciéiix, procureur, dont elle était Tunique servante. De même qu'on voit des boutiques suspectes où J'on fait plus d'un métier , et où le marchand ne s'informe pas bien scrupuleusement si celui qui lui propose d'a^* cheter quelque objet en est légitiiUe propriétaire , ainsi Dolly avait dans cette 'maison plus d'une occupation ; et au: bout de quelques mois on s^ aperçut d'un changement considérable dans sa taille.

John Budge remplissait à cette époque un rôle brillant chez M . Spécieux ; il était chargé de donner à ses bottes le seul vernis dont il pût se vanter y de balayer l'étude et le cabinet , que^ quefois même de servir dé recors et de témoin.

Dolly était naturellement fiire ; sa nouvelle situation Thumiliait. Un beau jour, dans un paroxisme de rage , elle saisit son maître à la gorge , et pensa l'étrangler en Taccablant de reproches. Celui-ci, qui avait' toujours vécu 4|tns uué crainte salutaire de la strangulatiouL,

34o I?KK SCÈJKS

et <pi sxmt que phis d'mi homme i'esjpni sort en monde de cette mamère , fait U résohtkm dé se débanasjer de Dolly et compagnie ; il fit Tenir Jidm B«dge et Ini proposa , ce qat cehêtci regarda comme «n exceQent maicbé ^ one femme dont il étatisûr d'ardr de la fnrogémtBre, cent irvres sterling de bel et bon ai|;ent an coin du royaume , «ft mm pbûe de defc« Jl accepi^ sans bésitcr f et entra siir*leH:hamp en fonctions. Dolly, deveaee jnistress Badge, il le mdtkr de {xrétense snr gages , ce i|ni augmenta oa fortune Ipltts qne sa probité, findge , de scmtké » était plein d'activité, d'astnce et de hardiesse; il ëtut ioujovflrs fMCét k faire tons les sctneiis. requis et néeèasaîres, chose fôit ntâe dMs son néâer conuÉie dans ccfaii ide sa femme ^ et ce digne eonple parvint k acquérir ain» une asses jolie fbrtone.

DeGommisqnll était de M. Spécieux , Budge, an bout de quelques années , devint son associé; enfinie diable s'était emparé dn prunier , cmnne J'un bien qui lui appartenait de droit , son ancien clerc lui succéda ; sa femme vendit sa boutique et vint présider i «a maison. Les afEûres

DU b:rasxj>b Lr^'YiE. 34s

pn>spérèf«iit tdleineat que Sf. Badge prit k Bt3m Idar m asMcië Mq«el il laissa k tùiaie teut le «otttentîeèx 9 en «e bomaât à lu forlvne jqi»^jl>iiiv«ît acquise y '^ '9UK ttim qaarts 4» bëfiéfiees qu^il B'^katiftésersuéft. ILse lança dans le. ^gmal monèe, prit ë^page^ acli^a nne Wive^, »t>«aison de. cuapagne ; 4it «a £eaine devint <e qn^die appdait ^ lui^ femme cMuneil faut. »,

Mais si la fortune peut élever à la richesse

et à la puissance Tliomnie pauvre et obscur, il

m'est pas en son pouvoir de faire de qui bon lui

^semble unbomme ou une femme comme il faut»

L'édncation.fJe bon ton , lagrioe ^ ^^ talens ^

rinstruction , ne dépendent pas de ses caprices ;

c'est une vérité que sentait parfaitement le roi

Jacques. Un Ecossais ambitieux ,x pour qui ce

prince avait des bontés , lui demandait un jour

de le faire un homme comme il faut : « Non ,

non, lui répondit le roi ; je puis faire de vous un

comte , un duc , mais mon pouvoir ne va pas

Jusqû^à en faire un homme comme il faut. »

Si Ton réfléchit donc , non-seulement sur Forigine de mistress Budge , mais sur son premier

Z^t . ,vjs{% 5càN£, etc.

métier^ sur rëducatioB qu'elle Atait reçiie , s«r tes liabitsdes fpt'ellé araît contractées « pik sera notas ëftoniië de sdn orgueil îusupporlable^ Ae son ton connnii et>grosiâer , et de son «urinque d'humanité. Mais ce qui: est le plus lamentable , c'est fuselle n'est pas la seule de son espèce ; il en existe dans cette capitale un nopAre considérdUe que l'on ponrrait citée an besoin.

FIN BU SECOND TeLt>lfE»

Page 1