SORTANT DE PENSION
pouvoir remplir une page de titres à la suite de mon nom. Mon intention est d'écrire ensuite la relation de mon voyage , que je ferai imprimer sur beau papiej^, format in-8^ , avec mon portrait en costume antique, gravé par quelque artiste étranger. Je dédierai cet ouvrage à quelque personnage éminent. J'y mettrai deux épigraphes , Tune en grec , Vautre en hébrei\ ; et je ferai une préface dans laquelle je donnerai les plus grands éloges aux journalistes d'Edimbourg; je les porterai usqv£ ad sidéra. J'en ferai faire trois éditions, en même tems, et je donnerai à dinec aux plus fameux libraires de Londres. Devenu célèbre par cet omTage, je tâcherai de me faire nommer au parlement ; et une fois que j'aurai obtenu cette distinction , je puis faire imprimer tout ce que je voudrai. Je suis sûr de devenir un auteur à la mode. Renfermé dans mon Tusasium , je découvrirai quelque nouveau système auquel on donnera mon nom, et qui m'immortalisera. Tout cela accompli, il sera tems de penser à
Ducere soUicitœ jucunda odlipia ptlm.
Je me retirerai à la campagne , et j'y finirai ma carrière dans le sein des Muses. «
128 LA JEUNE FILLE, elC.
Telle estia fin des projets dn jeune ambitieux. Mes lecteurs peuvent regarder ce tableau comine chargé ; mais je les assure qu'il £st fidèle. Dans le cours d'uue longue vie, bien des objets singuliers ont passé sous mes yeux , et j'ai trouvé plus d'un homme de la même trempe. li existe des fanatiques de toute espèce, en religion, en politique , en poésie et en métaphysique ; l'amour et les beaux-arts comptent les leurs. Chacun connaît il FanatUo per la musUa , et l'on pourrait faire une assee bonne pièce sur ilfanatico per la scùnza, enprenantpoilrmodële mon jeune ami.
LES JOUEUSES. 12g