LE CABINST BE LECTURE
pas ravoir entendu, présenta sur-le-champ au mari le livre qu'il avait désigné , en l'assurant que la Femme impérieuse était toujours à son service. <« Mais, ajouta-t-il, permettez-moi de vous recommander aussi la Discipliné; c'est un excellent ouvrage qpii peut se lire avec fruit après le premier. »
Un jeune homme, que je connaissais pour un des plus grands cduneurs de fortune de Londres, vint d'un air assurédeimander /r:Miina^^ désintiressi: * Fort viflontiers. Monsieur, lui dit le malin libraire ifuilé connais^ût aussi bien que moi; mais je dois vous 'prévenir qu^ oela est passé de' mode ; personne n'en veut plàs. Vous feriez mieitx de prendre quelque ouvrage plus moderne , plus recherché dans le beau monde , Misère ei Splendeur, par exemple*; » Le jeune homme ne demanda ims' son msite. Cette saillie l'atterraèn dépit de son impudence ; et il se re*t ira aussi promptèment qu'il étair etvtré .
La dêmière personne qM'j'y tis et qui'fiica un moment mon attention 'était mr homme ]p^nd et maigres qiyèijedkefiôiivitts d'avoir vu;, ef qu'on m'avait cité cenâne'iiti' bel «sptit,- t#mme ^un génili flu preiÉier jfrdke;' mais son esprit: était
LE CABINET DE LECÎTUAE. vl55
Je cette espèce dangereuse qui fait fuir plutôt que rechercher la société de celui qui en est doué ; et il était évident , d^aprè$ son costume , qu'il n'en avait pas assez pour s'insinuer dans les lionmes grâces de ceux qui auraient pn lé protéger et lui être utiles. Quoiqu'il parlât à voix basse , j'entendis qu'il demandait le Bon Sens. « Il est devejiu fort rare , lui répondit le libraire avec nonchalance ; je le cherche depuis long'tems sans pouvoir le trouver. » Ne pouvant obtenir le livre qu'il désirait,^ il en chercha un autre sur le catalogue ; et son choix se fixa sur la Protection. « Tout le inonde veut l'irvoii^. Monsieur, dit le rusé Ubraiiie ; rien n«st si r«fcherché , et je ne puis en disposer en ce moment ; jpaissi, :0omme je Ip présiMne, vous nti vduléfc qve hirt une lecture pour vous distraire i^l-*^ ques henres-, je puis yons donner fltomme mé^ contM; je croîs qu il vocs iconviendrai » '
Je sortis alors du'caliinet de lecture : je rentrai chez moi , et me mis à mon bureau , dans r^spértnoe d'amuser un instant mes lecteurs .par le récit des scènes dont je venais d'être témcnn.