LE CABINET DE LECTURE
LUeriui si
Dixtro fuid, si/ûrQ focosimt , hoe mihi /mtis
Cum y*md daèis
HOAAGB, Mt. lY.
SI , libre quelquefois, mais sans malignité, 2» mt laisse ealrattaer à ma rvn gatié , ^
Il me fant pardonner ce tort inTolontaire.
Trad. de Baro.
Je m^ étais rendu un matin dans un cabinet de lecture , uniquement pour y apprendre les non- Telles du jour, et faire une espèce de cours de politique ; mais les scènes qui se passèrent sous mes yeux pendant ce court espace de tems me parurent si curieuses , que j^oubiiai complètement le motif qui m^y avait attiré, pour m'occuper de Tobjet que je ne cherchais nullement ; ce qui arrive assez fréquemment dans la vie. Je re^ marquai dans la physionomie du maître de la boutique je ne sais quoi d'original qui me frappa.
1 5o LE :OABIN£T DE LECTURE.
Les réponses singulières quMI faisait à ses nombreuses pratiques , d'un ton encore plus singulier, me firent sourire plus d'une fois.
La première personne qui fixa mon attention fut une jeune dame , inise;dans le dernier goût, de la manière la plus recherchée , et dont les joues étaient couvertes de roses auxquelles il ne manquait que d'être naturelles. Mettant entre les mains du libraire une liste de quelques ouvrages, elle lui demanda s'il pouvait lui procurer quelques-uns de ceux qui y étaient inscrits. Après y avoir jeté les yeux , il lui répondit d'un air malin qui me parut la déconcerter un peu , et qui fut probablement cause de son brusque départ : « La Femme à la Mode est difficile à trouver, Madame; elle est presque toujours en ville : quant aux Secrets de Famille , on peut se les procurer partout. »
w Portraits des Grands Hommes , » s'écria un gros petit homme dont la figure portait le cachet de la sottise , qui sentait la cité d'une lieue , et dont Tair d'importance annonçait qu'il comptait sur la considération que procure toujours une bourse bien garnie. « Donnez les Portraits des Grands Hommes , dit le libraire à un de ses commis ,
«0 in.*;. -^ igS! répéta Talderman d'un ton
LS CABINET DE LECTUQlB. ItSl
qui prouvait qu'il voulait faire de Tespnt. Eh ! eh! M. Margin, je crains bien que nous n*en n'ajfons pas la dixième partie de ce nombre.
— Je le crains beaucoup. Monsieur, répliqua Margin ; mais , quoi qu'il en soit, ils n*en sont pas moins à votre service. — U vaudrait mieux qu'ils lussent au service de la nation , dit le gros petit honmie d'un ton satisfait de lui-même.-— Vous enverrai-je cet ouvrage , lui demanda le Jibraire sans faire attention à cette dernière remarque? — Non, non, répondit -il, vos grands hommes tiennent peu de place, et je ks emporterai aisément dans ma poche. » Content d'avoir montré tant d'esprit, il se retira en sou^ fiant, aussi gravement qu'il était entré. Je connaissais parfaitement ce personnage, ancien mar* chand épicier; et je ne pus m' empêcher de rire des grands airs qu'il se donnait^ de b l!!12r nière dont il affectait de décrier sans pitié ses concitoyens , et de leur refuser toute espèce de talent, quoiqu'il fût lui-même de cette classe d'hommes , fruges consumere nati , qui n'ont jamais rien fait, qui sont incapables de rien faire pour mériter d'être distingués.
Ifai jeune fat qui vint ensuite offrait dans son extérieur et dans w$ manières un contraste frap^
1 5& LE CABINET DE Li.C'IURS.
paiit avec Taldemiaii qui sortait. Il était d^ane taille grêle et élancée , serré dans un corset baleiné qui le faisait parsdtre encore pins mince. Il s^approcha en minaudant comme une petite maitresse , et demanda le Désœuvré ds ton le plus aiFecté. « U ne se trouve pas dans ma boutique , Monsieur, lui dit Margin ; mais si vous voulez aller chez quelque libraire àla mode dans Bond-- Street, vous l'y trouverez bien certainement. » Par Une espèce de miracle , le dandy avait encore assez de bon sens pour s'apercevoir que ce trait était décoché contre lui ; mais il avait trop d'amour-propte pour ne pas en être blessé, on pour en profiter en se corrigeant des travers t{m le lui avaient attiré; et tournant sur les talons, il se retira aussitôt.
' '• ir.fut i^mplacé pat une jeune miss sentimen* tâle ,qaî était encore sous l'aile d'une gouvernante à la vigilance de laquelle elle avait échappé le matin , et qui demanda d'un ton pathétique , quoiqu'avec une sorte de timidité , V Amant cons^ tant. « Il n'est plus dans le commerce , lui dit Margin ^ et je crains que vous ne le trouviez nulle part. — Que cela est désagréable! s'érria la jeune personne d'un -air contrarié, je croyais qu'on le trouvait partout, rrr Je puis
liS C^BI^l^X D^. LECTURE. 1 53
wu;» .assurer que vous vous trompez , Mademoiselle, reprit le libraire , vous courrez tout Lonr- •dresjsans lé. rencontrer. 1^ .• . ^i
Un vieillard de l'ancienne cour, dont'le^ babiis étaient coùpiés\d'dprè$ une mode. «qui régnait il.yia /environ; cinquante :4ns, et. dont leis ma*^ nières roides et guindées étaient précisément de la même date^ entra à p^s lents, appuyé sur nne canne à bec de corbin. Il mit ses lunettes, prit le catalotgue qui était: ;sur: une table, et demanda- jln ouvrage intitulé : Essai. sur lesmilks •FUJe^ « Tom , dit le.;(;0m{>lâiâa»t libraire .à un jcoitmu qui étaitii l-antre bout du magasin , descmAtziàs^ ^if nies Filles pour Monsieur; surtout ayez soin d'«n bien< secouer la poussière., car il ^oit sW.étrd amassé .depuis te tem3 qu^elUssojtt jne&t^s<j$uB.les!drayons. » j \ r.
' . Uji itODitoe^ d'une physi^nOmi^i mélancolique v dant.rakde doUpewiiallait ju^yt'à Vip^pidité^ arriva ani^ i9^(HD^iliiiettd9in9pda,à demi voix, et piiesqqie d'un ton dolent « la femme mpirk»$€A]w dame, ^ qui il donnait le bras, Vinrlerpoflip^.iiveic. aigrent/pour l«i>|lûre.de deman-^ der un. jMLtrç ouvrage^ quelque. jçhose qui valût la.peinfft^'étte» lu^ Jfais ]ttangin>. jTeigaart dis ne