PICCADILLY
Il n'y a presque point d'étrangers qui n'aient entendu parler de Piccadilly comme d'un des plus beaux quartiers de Londres. Il en est peu , en effet , oii l'on puisse voir une circulation plus rapide et une scène plus animée. Là, ce sont des diligences remplies de voyageurs qui arrivant des divers comtés de l'Angleterre ; ici, d'élégans équipages transportent mollement des fashionables dans Hyde-Park , sur le point où il est convenu que le beau monde doit paraître.
Les cavaliers s'y mêlent aux voitures , et donnent au tableau plus de vie et de yjàviéii*^
Quant aux piétons qui se promènent sur les côtés , ils produisent le même effet que les personnages placés par les peintres sur les plans inférieurs de leur composition.
Le voyageur, qui d'abord a été choqué du peu de goût qui a pr^idé aux divers omémens de la barrière , aperçoit tout à coup une spacieuse perspective sur deux parcs- que sépare une large avenue. L'affluence des cavaliers et des équipages dans la plus vaste allée lui inspire aussitôt le désir de s'y promener.
Je ne puis quitter Piccadilly sans payer , au nom de la littérature et des arts , un tribut de reconnaissance à la duchesse de Queensbury , qui résida dans cette rue jusqu'à sa mort. Sensible et généreuse , elle encouragea les talens et adoucit l'infortune des gens de lettres. Elle fut plutôt Tamie de Gay que sa protectrice. On la vit donner des larmes sincères à sa mort , et la place qu'il occupait dans son amitié resta long'tems vacante.