‹ L'Hermite de Londres: ou, Observations sur les mœurs et usages des Anglais au commencement duChapitre 6 sur 43 · MONTAIGU-SQUARE , BRIATSSTON-SQUARE · texte numérisé non relu

MONTAIGU-SQUARE , BRIATSSTON-SQUARE

Ces deux places , presque contiguës , n'offrent rien de remarquable. On est seulement étonné que les architectes ne les aient pas rendues plus dignes du dix-neuvième siècle.

LES SQUABES DE LONDRES. Il

BLOOMSBURY-SQUAKE.

Il y eut, en 1780, peu d'endroits à Londres oii les séditieux montrèrent plus d^audace et d'acharnement que dans Bloomsbury-square . La destruction complète de la maison de lord Mans- .field fournit une preuve alors de ce dont une multitude furieuse est capable. Après que ces forcenés eurent brisé les croisées et les portes , ils mirent en pièces ce qui meublait ou décorait rhôtel ; la bibliothèque même ne fut point épargnée. Plusieurs milliers de volumes fiirent jetés dans les flammes ; les actes, les manuscrits éprouvèrent le'même sort. La visite qu'ils firent aux caves acheva de les enhardir à tout braver ; on vit les bouteilles circuler de main en main parmi la fouie, déjà ivre de rage. En vain un magistrat lut-il la loi martiale ( the riot ad ) ; en vain ordonna-t-il de faire feu à deux reprises différentes ; rien ne put les détourner de mettre le comble à leurs excès ; leur opiniâtreté triompha de la force armée , au point que les soldats , après avoir inutilement tué sur la place plusieurs des séditieux et en avoir blessé d'autres , finirent par rester spectateurs tranquilles de cette horrible scène.

Le feu venait d'être mis à la maison lorsque les pompiers arrivèrent. Les séditieux ne leur permirent de travailler à l'éteindre qu'après que les troupes se furent éloignées .'Elles se retirèrent donc , mais sans succès ; car la populace s'opposa définitivement à ce que l'on arrêtât les progrès de l'incendie ; elle permit seulement d'en préserver là maison de lord Hotham. Du reste , rien de ce qui faisait partie de l'habitation de Jord Mansfield ne fut sauvé ; heureusement ce lord , accompagné de son épouse , avait eu le tems de fuir par une porte dérobée avant que ces forcenés s'y fussent introduits. La loi ne pouvait laisser impunis d'aussi révoltans outrages à la propriété. Deux des séditieux qui avaient été pris furent' condamnés à mort et pendus , le 22 juillet , sur ce square , à la vue des ruines de l'hôtel.

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