PORTMAN- SQUARE
Mary-la-Bonne est parmi les paroisses de Londres celle qui peut se glorifier de posséder les plus beaux squares. Celui de Portman , au nord S* Oxford'Street , est le premier dont il convient de parler. Les arbustes, les arbres et les gazons du bosquet sont distribués avec autant de goût que de régularité. On doit recommander aux étrangers de visiter Thôtel qui fut autrefois occupé parles ambassadeurs français, et qui depuis est devenu la maison de ville du duc d' A-
thol Angelica Kauffman et Cipriani y oht
soutenu leur réputation en traçant sur les lambris et les plafonds des sujets puisés dans les Géorgiques et Y Enéide, Un autre hôtel, remarquable surtout par le nom de la femme célèbre qui Ta occupé, est celui de mistress Montagne , auteur des Lettres sur V Italie , F Allemagne , la Turquie , etc. Cette femme fut, à Londres, la fondatrice d'une société littéraire qui n'était composée que des dames anglaises les plus distinguées par leur esprit et leurs connaissances*
On donna le nom de Club des bas bleus à cette réunion , parce que le seul homme qu'elles y admettaient ne manquait jamais de s'y rendre en bas de cette couleur. Il exerçait dans cette société les fonctions d'arbitre et de juge.
Mais mistress Montagne a relevé sa réputation littéraire par un genre de gloire dont elle puit sans partage ; elle a donné à son siècle l'exemple d'une philantropie aussi courageuse qu'éclairée, en contribuant à la propagation de l'inoculation et en plaidant avec la plus tendre sollicitude la cause des petits ramoneurs , traité3 en Angleterre avec si peu d'humanité. Aussi ce$i enfans des montagnes , pleins de reconnaissance^ ne manquaient pas chaque année, le i<^>^ de mai , de. se rendre devant l'hôtel de leur bienfaitrice et de faire retentir l'air de joyeux huzza à sa louange.