‹ L'hermite du Faubourg Saint-GermainChapitre 23 sur 54 · N** XXXIV · texte numérisé non relu

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UN TOUR DE PALAIS-ROYAL

Ix ëtalt défendu à Saint-George de se battre en duel ; je demande sMl devrait être permis à M. FayoUe de concourir pour le prix du distique ? N^est-îl pas toujours sûr de vaincre? Je me plaindrais moins , au reste , de son accablante supériorité, s'il s'était abstenu de traduire deux vers latins insérés, il y a quelque tems, dans une feuille publique, et grossièrement injurieux pour le Palais-Royal. Ce distique, composé dans une lang^ innocente, n'avait pas fait tout le mal que son auteur en attendait. Plus d'un malin Tavait pris pour un logogryphe et renonçait k le devmer, lorsque l'élégante et concise traduction de M. Fayolle en donna le mot au pu-

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blic. Alors la calomnie eut beau jeu ; elle commenta Taffreux distique dans les conversations et les journaux , et je vis le moment où , sans avoir été ouï dans sa défeUse , le Palais-Royal allait passer pour un mauvais lieu.

Ses ennemis faisaient rage ; ils rappelaient sa conduite dans les premiers jours de notre révolution y et ils se gardaient bien de dire quUl était fort jeune à cette époque , et quUl a bien réparé depuis cet égarement de sa jeunesse dont , après tout 9 il ne doit pas répondre, qu'il n^est même pas raisonnable de lui imputer ; car si vous défendez de fréquenter tous les lieux auxquels on peut faire de semblables reproches , il faudra rester chez soi. Qui osera traverser la rue de la Ferronnerie et beaucoup d'autres? Je ne sais, en vérité, si, avec un pareil système d'accusation, le Pont-aux- Choux , malgré sa candeur, n'aurait pas de risques à courir.

. Accordez-moi qu'on peut innocemment 9 ^^ dépit du distique, se promener au Palais-Royal; je ne vous en demande pas davantage. Tous les vices, dites-vous, s'y trouvent réunis. Il y en a bien quelques-uns; mais, comme. je puis m'en

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passer, ce ne sont pas eux , en conscience, que je vais chercher au Palais-Royal ; c'est ma demitasse. Le café *** où je la prends est un lieu fort décent. Les morceaux de sucre n'y sont pas toutà-fait aussi gros, mais la politique y est beaucoup plus forte qu'au café de la Régence. Or , quoi qu'il arrive, il me faut toujours un peu de poli»* tique après le café ; elle me tient lieu du petit verre de liqueur que je ne demande jamais, trop heureux de pouvoir concilier mes goûts avec l'é^ conomie !

Je trouve toujours là cinq à six bonnes tétes^ des têtes carrées comme la mienne. Il fait bon nous entendre discuter et résoudre toutes les questions soumises aux délibérations de la chambre des députés, dont nous formons, à propre^ ment parler, le dixième bureau. On vient de nous adresser le projet de loi sur la liberté de la presse, et nous commençons à l'examiner. Peste ! le cas est embarrassant.

Nos têtes carrées se partagent. — Pour cette fois, qotts la tenons. — Pas encore. — ]] nous la faut. — U ne nous la faut pas. — Si. — Non. T- Nous Taurons. — Vous ne l'aurez pas. — Il

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