‹ L'hermite du Faubourg Saint-GermainChapitre 24 sur 54 · U^ 1^<^ ^^ PALAIS-ROT A · texte numérisé non relu

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y a de bannes raisons pour. — • Et contre. SI vous aviez lu comme moi les Pdites-Affichti avant la révolution ! ell^s étaient quelquefois d'une ëtourdesie!...

Messieurs ,. votre discussion est très-lumi* neuse ; mais ne trouvez-vous pas qu'elle devient un peu trop vive? Rien, d'ailleurs, ne nous presse. Yoiiè , s'3 vous en souvient , trente ans à peu près que cette question est mise sur le tapis, et que nous la discutons à cette même table. Encore un peu de patience ; attendons de nouvelles lumières , afin qu'on ne nous accuse pas de précipitation. Puis, à vous paorler vrai, je tiens un peu moins à cette libertéqu'à l'autre. Ah! cette autre, on m'obligera fiirt si on veut me la laisser. Savez-vous pourquoi? C'est que je ne serais nulle part aussi bien que chez moi. Et mon tour de Palais-Royal ! pourrais-je le faire?

Trouverais'je ailleurs ces galerfes^ qui s^ent un )our de pierre , où je me promène tous les soirs et oii je crois toujours me promener pour la première fois? Elles ne m'ont jamais paru ^us riantes qu'aujourd'hui. Non , je n^y ai jamais vu

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plos de mouvement , plus d'activité. Une époqve , clière au Palais-Royil , y ^ rappelé Findnstiie ; le 1^ janvier approcbe, et , pour le célébrer ^ les galeries de bois se conronaant de chapeawc plus élégans, et se parent de plumas et de fleurs plus fraîches. Agréable décoration \ coup d^œil ravissante mais ma femme n^en jouira pas.

Je «e la conduis jamais ni au Palais-Royal , ni dans les rues, voisines. Lorsque, Tété, nous sortons ensemble , Paris finit pour nous où il commence pour d'autres. Nous allons jusqu'au café Turc exclusivemeiit. Tout ee qu'elle verrait ici et dans tes environs troublerait son sommeil , et le mien par conséifoent. Ces cachemires surtout qu'un art perfide a tissus pour le désespoir des maris me vendraient It vie bien dure ; mais je ne les crains pas. Ma femme , grAce à pes soins 9 a le Palais-Royal en horrei^. Je n'ai pas manqué de Ini bire lire et le distique et tout ce qui a été écrit centre cet abominabte lieu. J'ai en outre composé sa petite bibliothèque d'e^~ cellens traités coniK le luxe, contre la recherche dam la pamre des femnes , enfin contre tontes

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les folles dépenses. Ces sages précautions et Tëloignement du Palais-Royal m'ont sauvé. J'en dors mieux , et ma vie en est plus douce. Je souffrirais beaucoup, mais beaucoup, si le Palais- Royal était au Marais ; et pourtant je Taime, cet abominable lieu.

J'aime le luxe aussi : je ne le chasse jde chez moi que parce qu'il n'y serait pas à sa place. Je le vois volontiers ailleurs. Il paraît que les grands états iie peuvent pas s'en passer, et le Palais- Royal encore moins ; sans le luxe, il ferait triste figure ; tout le monde le fuirait , et ce serait peutêtre alors un lieu fort honnête ; sans le luxe, les deux tiers de ses magasins de modes seraient fermés demain matin ; et alors quelle désolation dans les galeries de bois ! Vous n'y verriez plus ce qu'il vous est si agréable d'y voir, et ce que vous venez peut-être y chercher. Yots deyinez de qui je veux parler.

£n vérité, les modistes sont encore plus jolies en décembre que dans tous les autres mois de Tannée ; elles le sont sans doute exprès, à cause de la circonstance. Je les trouve aussi et plus gaies et plus éveillées. Mais souvenez-vous bien

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qae lHiifiO€eiiee a toujours des manières un peu libres' : elle ne sait pas encore , heureuse ignorance ! pourquoi on se contraint ; ainsi , parce que ces demoiselles rient , chantent et folâtrent du matin jusqu^àu soir, gardez-yous de^ concevoir aucun soupçon in}urieux à leur honneur ; je réponds déciles tomme de moi. Vous le voyez : elles Sfont sans cesse occupées ; leurs. doigts délicats ne^e reposent pas un instant. Or, de Taveu de tous les moralistes, le travail chasse les mauvaises pensées. Que Faiguille a fait de bien à la terre ! et que ces demoiselles lui ont ^d^obligations !

Il se trouve encore cependant des promeneurs, assez simples pour prendre au sérieux un air engageant qui n'est que posé, et rien déplus, et pour regarder comme des agaceries certaines mines qui , vu la familiarité permise à TinnoceuQe; ne signifient rien du tout. Y os badauds de province y sont toujours attrapés l aussi , comme rinnocence se moque d'eux!... Mais je crois que cette petite brune, du magasin de M""* ***, me sourit.... Si.;... Pourquoi pas? X penses-tu, vieux fou? Quand on déraisonne de- II. - 5

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puis trente ans sur La liberté de. la fr§6&e, il faut renoncer au sourire de la petite brulie et. de la petite blonde. — Cela est vrai ; mais ^ui n^ aurait' été pris comme moi? U faut convenir que rimiocence'a des manières bien libres etunsour rire bien expressif au Palaîs-RoyaK C'est encore à rinfluence de l'époque que nous'devons-eela. Je n'ai pas besoin d'almanaeh .pour savoir <fae le I *' janvier approche ; je le v#îs dans les jesoL plus vifs i plus i animés de ces demmelles , et dans leur sourire^ plus, expressif i^ dont |e< ne serai plus dupe.

Aimez-vous la variété ? Le Palais-Royal est son temple. La scène y cliange 4 eb^pe pas.

Ici la dissîpaiiont, et'là un profond recueillement . Ici;, «ans cesse, on jase, on balnUe. Là règne un étemel silence. Les< cabinets de lecture sont lesicharirenses du Palaiis-AQyal. On y suit > dans toute, sa .rignmr, là règle delsamt Bnmo. M'en soyez pas «surpris. L'étude de nos jounianx exige ime grande contention d'espiil ;• il ne suffit pas de les lircf i il fiaint le» nràdîter. Ce qu'ils di* sent est sans doute fort intéressant ; ce quMb ne disent pas l'estpeut-étre davantage. L'art con-

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sisfce;à ledeyhier,-et à tronyer dlms^îles 'iatei^ U^Mfi se .pain .<des tforls« .Maisnos^pcditiques à bësîd«s/ Bé )T4iitt p0s si loin : ils croient s^voiv toiiixe'^'il y a dans lesfHi^ffaAnc vP^rce^u'ils les ont lus, et se plaignent souvent de n'y avoir rieiL trouvé , parce' qu'ils n'y «tit lu cfiw ce que nous y avons mis ; c'étak bimk la peine d'inventer tes Innettes. ' '

Bien des gâ»» valent mtiiaX'que teur répnta^ lÊoii.. C'est l'histoire < de >ce pauvre Pakis-Rôyal, qui, mieux connB, serait Jugé plus fevorable^ ment« Quelle erreur, par exemple, de croire qu'on ne puisse y s^^sfaire qu^ des goftts puérils et firiyoles f Vous y comptes plus de libraires que de, marchandes de modes, et dix fois plus de bnychures que de chapeaux; mais, depuis quelques jours , ces lirochures ont disparu sous tes livres d'élrennes, sous tes chansomiiers et tes ahna^ iiachs de ^toate espèce, l'ai vu , en passant chez Dentu, )^3i.vule ChansennisrJé'MomusitéiïftsLni sous lui trois opuscules polémiques qui veinaient de naître , tandis qu'un peu plus loin , r Astrologue parisien , qui , connaissant bien son siècle, s'est fait charlatan pour réussir, couvrait

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de son bonnet en pain de sucre un gros ouvrage politico*mëtaphysique, dont Tennui est au moins afoumë. C^est un répit que nous vaut la nouvelle année. Le premier j»ivier a sa trêve. Bénissonsla , et désirons qu^elle se prolonge.

Mais je ne me trompe pas ; c'est M. *^* que j^aperçois au bout de la galerie. Ab ! qu^il arrive à point ! le bon argument que sa présence me fournit ! Cet académicien respectable , Tun des Nestors de notre littérature , va , suivant son usage , faire une innocente partie d'écbecs au café... Je Vy ai vu cent fois, et je me souviens avec orgueil que j^ai eu Fhonneur d'y jouer avec lui 9 et même de lui donner un pion , que je suis loin de vouloir lui reprocher , car il n^est pas très-fort.

Répondes maintenant , détracteurs du Palais- Royal. S'il était aussi noir que vous le faites, si tous les bruits qui courent sur son compte étaient fondés 5 m'y trouverais-je en si honorable compagnie? '

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