N° VI
Tout peuplé esl redoutable et tout soldât h'eureux, Quand il aime tes droits en comba Aht pour cu«. * LsrnAMÇ, Dùton, act. III , sc.4f
M. DE BALictme disait, en parlant des paysans russes ; « Us ont le génie du bon sens ; je ne leur connais qu'un défout capital , c'est celui de r intempérance. « Ce premier trait est. d'un peintre. habile, d'un observateur profond qui connaijt bien son pays : tous les renseignemens recueillis m'ont convaincu de la justesse de cette définition. Le paysan fait éclater ce génie du bon sens , le plus désirable de tous , dans les assises champêtres où se règlent les intérêts de comiminàuté , dans la distribution des travaux , dans ses plaintes, et jusque dans ses résistances ; enfin, il semble constamment guidé par cette
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raison natufeUe et cet instinct primitif du juste et de l'injuste, qui, trop souvent, tombe en désuétude chez les peuptiss vieux de civilisation.
Chose étonnante! le paysan joint à cett^ rectitude d'idées un esprit téméraire 'et entreprenant : le mougik qni^ an fnoyeit d'un obrok *, s'isole de soi; village. pour courir les chances de l'industrie, devient hasardeux, et souvent imprudent. Il ne croit point au danger, il le brave , et quelquefois il est victime de. son dédain ; il se confie trop dans sa dextérité et dans la' justesse^ de son coup-d'ceil, qui, en général, le' sert ad- . mirablement. J'ai vu des hommes traverser une rivière |^oitié dégelée , et sattte»«d'un glaçon à l'autre avec une incroyable adresse ; le. plus léger sentiment de frayeur les eût perdus ; c'était un jeu dont le péril~ semUait augmenter le charme^ Un bon vieux Français de la colonie me disait : « Ces gens -là soat si hardis que la peur me gagne dès^ qu'ils pronoheent leur nébos (n'ayez pas peur). Cependant il faut leur ren-
* Passeport ^c^ordë à un paysan par son seigneur*