raî^^HOlEIE NATIOIfALfi
dre fustice ; je me «ois vn ce&t fois tout pi^ d^un acoident <}oi n'arrivait point ; ma vie et la leur tenait à .We seconde , à T^paisseur d'un kopek * ; leur adresse et leur présence d'esprit nous sanvaient-au noment où je me croyais dans les flots t)u^sotts Its rouies d'une voiture. Main'» tenalit ^ue je suis vieux, je m'y fie le moins possil^le; j3s loRéptisent souverainement la mort , et moi j'aime prodigieusi^ent ta vie ; il y a défaut d'barmetiie entre. noits; aussi, t^nt4}ue je peux^ je ma promène k pied ; mes fambes eti so^rent^ ^ mais mon corps sVn trouve bien. D'ailleurs ^'ai pris arec moi-^mème l'engagemeiit de mourir de YieiHfSsse^ et dans mon lit ; comme j'ai soixante*, tetle ans <, tout ite fait espérer q^e j^erai fi^ dèle. »
Au milieu dulumulte des fStes nationales^ lorsque toute la population est sur pied , quand des mâiiers de Veitunes voient sxx les ponts* et dans les rnes^, et que d'autres milUers de gondoles se croisent en tous sens sur les bras 4n fleuve , je me suis souvent étonné que les acci->
* Monnaie russe représentant un centime.
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dms fussent aussi rares , sartout Idrs^e fètfis témoin d'one foule d'imprudences ; c'est ici ia région des henceuses témérités!
£e n^os de la'mort, source de bonnes et de mauvaiseif ciiosesl, ccpun^cepour ainsi dire avec ia vie. M. Olénine, officier aux gardes, reyeiûtit, par eaa^ d'une chasse qui avait eu lieu en Fixdande ; on appnochait de rembonchure de la ]Néva t ii' entendit nn batdîer dire aux antres : « La bi^ue est trouée , allmis^ «camarades^ à la pelle! » M. Olénine , à mc^tié en-^ dormi, murmura qael^es reproches sur leur imprétoyaaoe. « Eh bien! Monsieur, s'écria n . enfant dé onze à douze ans,^M telle eU la vo^ lonté de Dieu, nous périrons, ce n'est pomt un grand mal ; on ne meurt pas d^ux fois. » Voulez-vous un exemple de haute résignation : le fabuliste Kriloff , feisant raumtfne è un pauvre , le questionnait sur la cause de sa misère ; ce malheureux lui répondit : « Par la grâce de Dieu, nous avons étéincendiés. »
Voici encore un trait caractéristique : deux homi^eS traversent TOcca^ encore captif sous la glace. Cette glace.se brise subitement; les voii^ voguant sur lé m^e débris; u choc vîo-
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leot le partage e& deux portions inégales; Tune prend la route du rivage ; l'autre , moins forte , est emportée par le courant. Les deux jeunes gens sont séparés; le preihier fkerx ^auvé , I^ second va périr; U a^esuré tofit le danger; son premier mouvement est devancer aux pieds de son anîi un portefeuille contenant deux assignations de vingt - cinq roubles , en disant : « Pour mon père ! comme il va pleurer! adieu ,
prie pour moi » Deux minutes après son
compagnon le vit s'àbimer sous les eaux *. Quel admirable oubli de soi-même dans ces deux premiers sentimens , que la mort lui laisse le tems d'exprimer!! le troisième est pour lui; et c^est. une pensée religieuse !
Je ne crains point d'accumuler les anecdotes ,
* Lors d*uii prompl dégel , un homme venait de sr noyer. Sa femme se lamentait sur la rive ; un officier de police se présente : il donne des ordres pour faire retirer le corps' de ce malheureux ; toutes les recherches ^ont inutiles. Les pleurs de lapauvre femme redoublent. L*o(Bcier , presque attendri , quoique de la police , cherche à la calmer : « Monsieur , lui dit cette épouse désolée, au nom du del, faites chercher encore; songez donc que , si le corps de mon mari ne se retrouve pmnt , je ne puis plus me remarier. »
PHYSIONOMIE Nationale: 6g
lorsque chacune d'elle aide à démélerié caractère uarional. Le paysan russe est naturellement généreux, puisqu'il est hospitalier ; mais s'il est riche, sa générosité se manifeste souvent par une munificence qui le place au niyeau des phis grands seigneuts de 1! empire. II n'e^ pas rare de voir un mougik millionnaire offrir cinquante , et jusqu'à cent mille roiibles polir la construction d'une église , d'un hôpital ou de tout autre édifice-public; il fait ce don de son propre mouvement , sans y être excité , et sans ostentation ; c'est un hommage de reconnaissance à la Providence , qui bénit ses travaux; ic'est la dette d'une ame pieuse et forte, qui songé à ce monde inconnu , oà les millions né suivent personne , mais oà les bonnes actions peuvent se retrouver.
Je ne puis me défendra d'un certain malaise lorsque je vois des oiseaux eulprisonnés ; ce sentiment est poussé jusqu'à l'enfantillage ; ainsi , on pourra juger de la douceur de mes sensations lorsque , me trouvant sur le marché des oiseaux, je fus témoin de la scène suivante.
Un gros Monsieur, dont je voudrais bien savoir le nom , était très-oecupé à recruter pour sa volière ; il allait de cage en cage ,' marchaA^
70 PH¥SIOK£»iaE ISTAXiONAlfi.
daat et faisant s<m choix; il donoait me préférence exclusive anx oiseaux du pajs, ce que j'attribuais à un sentiment de patriotisme, qui s'étendait aux plus petites choses. Il nota su crayon laTaleur des achats, et ccmipta a« mar^ chand trois biUets de cinquante rqubles , sut lesquels on lui rendit quelques pièces de moim^îe. Sans doute il allait iaire |»orter chez lui ce peuple chantant ? Point, do tout : ^tre gros mon-* sieur, ouvrant les >cages, deane la volée aux jolia captifs , qui s'élattcen:t daim les régions de Tair et régalent avec transport les, beaux osHr brades dont la. vUle.est entourée. Comme il testait encore daad lea prisons quelques petits par^ resseux, moias friands de liherlé que leurs ca^r marades^ Tadueteur les prenait doucement p«ur aider leur essor. Je m'approchai de lui en. le complimentant sur cette bonne œuvre , que je taxais de bietifaisaute (MJginalité. « Vous avez tort, Monsieur, de mettre sur le compte de l'origmaUté ce que >e viens de faire^ me r^(mdit-il ; si vous veniez plus souvent ici, vous verriez beaucoup de Russes n'acheter des oiseaux que pour les, délivrer; c'est une action qui nous plait et qui nous porte bonheur. »
On connut la> tendue -véiiëratioii de ce peapk p^iir les pigeoBs, et ta familiarité avec laqaetie ees oiseaux,/se pe^banl sur la tét« et les èpaale^ itt marchand , TÎemtAt prendre; leiu? noarriture jttsque dans la nain*; les gens qiû&t'éux, les voyageurs , pour lescjuels le moindre si^age est une btigue, votis affirment quis cette baute psotec** tîoB est le réimltat d'isne iéée superstitieuse *.
♦ Le peuple russe, disent quelque» voyageurs, rénkte dansrie pirata, ^ioipge d\i S(nBtr£iprHt ; ihe:»t|.yrsii qm'il i^ les ïaang% point « et/^que irès-raremeot on en voit sur la table des grands. Les cprbeaux se partagent les maisons ; ils descendent des toits dans la cour pour y manger , avec une confiance dont 09 n'abuse jamais. Ainsi, après yn siècle et demi de la vie ia moinsorageuse^ un corbeau s'éteiot.tnanquiHement sous les ailes de ses parens et ^e ses amis : rVj/ h soir tTun beau
L^hiver ,, ils sentent l6 bièsoin de conjurer la rigueur des qnits ; un froid de vingt à vingt-cinq degrés devient le signal d^ grahdes réunions, iBties se forment aux approcbe^ou «répuscuk: : raasepnbléc est coavoquiëe au son des croassemens.; elle, tourbillonne ioog-tems avani de fixer son choix. La délibération est longue et tumultueuse. Enfin, quand on est d'accord, la troupe s*^bat et devient immobile ; les rangs se pressent , uneMouce chaleur vivifie cette înn<)mbrable assAnbl^ dont les membres s'élèvent , dit-on , à plus'die cent milie. L*air est
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Eh bien! s'ilsiserefusaiait À dieè^que ces -bons traUemens provieimênt d'un sentiment d^humanité, j'appellerais eh témoignage les milliers de corbeanx, bourgeois de Pëtersbourg, qui vivent grassement dans les rues, avec autant d^^ sécurité que les poules de nos basses-cours , à cela près qu'oniaisse aux premiers la favelir de mou-' rir de vieillisse : il ne vient à Tidée de personne d'insulter à ces oiseaux , dont la couleur et les cris n'ont d'ailleurs rien de séduisant. Jamais un enfant ne s' amusera, à les poursuivre, fii à leur jeter des pierres. Si l'on traduisait en russe la iable des Deiuc Pigeons ^^ il faudrait retrancher ce v>ers :
Lorsqu'un fripon d*epfatit, cet âge est sans pitie\
Il ne serait pas en situation, et les lecteurs ne le comprendraient point. C'est le cas de citer ici une fable de Kriloff; elle se rattache à l'invasion de 1812; j'ignore si elle esr comprise dans le recueil qui a été publié- sous les auspices du comte Orloff.
soudaineitfbnt obscum dans les quartiers qu'ils favorisent de leur prësence.
PHTSIOHOMIË NATIOI»AIi£. 7^
A Moscou,, les. corbeaux vont aussi de pair et compagnie avec les habitaus; ils se succèdent tranquillement de père en fils depuis trois cents ' ans, sans que les biographes puissent citer une mort violente; je dis trois cents ans, parce que c'est l'époque où le sol russe fut purgé des ïatares , qui faisaient aussi la guerre aux corbeaux. Voici une courte analyse de la fable , telle qu'on me l'a dite : « Bonaparte entre à Moscou; nos oiseaux consternés s'empressent de fuir leur cité eniFahie ; tandis que la noire, colonne quitte d'un vol pesant les murs du Kremlin , un corbeau , sans esprit public, raillait les fuyards en ces termes : Où va donc ce tas d'imbéciles? qui les oblige à quitter 4euTs toits? pourquoi épouser la querelle des hommes? cette cause est-elle la nôtre? Quant k moi, je serai plus sage ; Russes ou Français, que m'importe? pourvu que je vive doucement et qu'on ne dérange rien à mes chères ^ habitudes. Mais oh les dérangea ces habitudes ; un soldat, bon tireur» atteignit d'une balle le philosophe sans le sat^oir, qui expia sur la table de l'étranger son égoïsme et son anti-nationalité. »
Mais je reviens au paysan russe ; il est doux
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avec $a femme, avec ses enfans, avec ses supérieurs et ses inférieurs, car qui n'en a pas dans ce monde ? Il conserve son amitié jusque dans l'ivresse ; elle n'est jamais ni brutale , ni emportée : un homme pris d'eau-de-vie (car ce n'est qu'avec cette boisson «que le peuple s'enivre) lève comiquement son bonnet aux passans , et leur cède le haut du pavé ; il chancelle , va par zigzags et ne tombe presque jamais. Lorsqu'ils sont deux , la seine devient encore plus plaisante : la nature se complait tellement dans les inégalités , qu'il est fort rare de voir deux hommes également ivres ; celui qui soutient mieux la boisson, soutient aussi son camarade , et , s' érigeant en Mentor, lui adresse de graves remontrances sur le danger de trop boire ; pour le redresser sur ses jambes, il lui fait peur de la police et du siège (prison de quartier).
Le mougik est plein d'humanité envers les animaux; il les frappe rarement, parce que son bon sens lui dit qu'ils accordent aux bons traitemcns ce qu'ils refusent à la brutalité. Il les gouverne avec des encouragemens ou des reproches ; il obtient du boeuf et du cheval -tout
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et qu^il lenr demande , parce que rintelligence de ces excellentes bétes n'est jamais offusquée par des traitemens barbares , et que leur obéissance est payée par une nourriture abondante. Enfin , les paysans russes pensent comme M. de Buffon ; c'est que ce grand écrivain pensait luimême comme la nature ; il dit: « L'aiguillon, le bâton , la disette , rendent les animaux stupides , récalcitrans et faibles -, en tout nous ne savons point assez que pour nos propres intérêts il faudrait mieux traiter ce qui dépend de nous..... Le cbeval de l'Arabe , les bœuff des Hottentots sont des domestiques chéris, des compagnons d'exercice, des aides de travail avec lesquels on partage Thabitation , le lit et la table. L'homme, par cette comn^unauté, s'a-* vilit moins que la bété ne s'humanise ; elle devient affectionnée, sensible, intelligente; elle fait là, paramour^ tout ce qu'elle ne fait ici que par la crainte : elle fait beaucoup pliis ; car, comme la nature s'est élevée par la douceur de l'éducation et par la continuité des attentions , ' elle devient capable de choses presque humaines. »
Malheureusement nos rouliers, nos postil*-
Ions, nos cochers et pos laboureurs * lisent peu l'histoire naturelle : la poKce pourrait la leur
* Le Journal des Débats du 8 juillet 1827 renferme un quatrième article sur les grandes routes , signé D , dans lequel le sort des chevaux, en France , est apprécié de la' manière la plus remarquable. Il est difficile de mieux approfondir cette intéressante question sous le double rapp port de rhumanité et de Tintérêl nalional. Les traitemens qu^on fait subir aux animaux , dans la plupart de nos departemens , y sont qualifiés de brutalité révoltante , même de férocité ; et malheureusement ces expressions n^ont rien d^exagéré. Ces sages doléances , soumises avec le ton pénétrant de la vérité et de Thumanité , serontelles entendues ? Il est^permis de craindre que non. En France , le bien marche comme la tortue , mais le mal a des bottes de sept lieues. Serait,-il donc si difficile de faire aller le premier plus vite , et le tecond un peu plus doucement ? Faut-il prêcher dix ans dans le désert avant d* obtenir une amélioration utile , indispensable? D'une part , le chef suprême des haras se donne beaucoup de soins pour régénérer la race de nos chevaux ; de Tautre, on les laisse torturer , abîmer : c^est préparer de plus belles victimes aux bourreaux de l'espèce , voilà tout. Tant que la cruauté anti-française^ anii-humaine des cochers *desrouliers, laboureurs et valets de ferme, etc., - ne sera pas* réprimée , l'administration des haras doit être regardée comme une chose de luxe. Est-ce donc une chose si difficile que la création d'ui^ règlement calqué sur les lois anglaises, et tendant à rendre les chççaux et les hommes meilleurs ?
traduire en langue très-expressive. Mais d^ntiles règlemens manquent à notre législation champêtre ; nos plus fidèles serviteurs , nos nourriciers, les compagnons, les émules de notre gloire^ nos gagne -pain, sont placés hors de la loi ; rieii ne les protège contre la cruauté du mattre ingrat dont ils assurent T-existence ou le bien-être. Dans Paris , ce foyer de lumières, de politesse et de bon goût , les éch^ retentissent sans cesse des mauvais traitemens que subissent les «chevaux, dont le seul crime est souvent la (aim,* la soif, ou l'impuissance absolue de faire ce qu'on exige d'eux. En France, cette grossière inhumanité reste impunie; on la réprime en Angleterre. Ici , le naturel des habitans a force de loi, et je défie tous les lieutenans de police d'en rédiger une aussi claire, «plus étendue et mieux obéie. Enfin, je vis au milieu des barbares du Nord, mais je cherche vainement leur barbari.e.
Les isvotchik ( cochers de place ) entendent parfaitement ce compagnonage et cette mutualité de bons services dont parle Buffon« Il y en a de citadins et de rustiques; ces derniers n'arrivent qu'avec le trainage sur l'humble traîneau
attelé d'un cheval ; ils retouraent chez eux avec le dégel. Les discours quM)s font à leurs camamarâdes de fatigue ont peut-être moins d'éloquence que ceux adressés à leurs coursiers par les héros de TUiade, mais ik sont empreints d'iïhe naïveté touchante. Mon domestique me traduisit un jour, mot à mot, les consolations qu^adressait un de ces Automédons barbus à son cheVal fatigué : « Allons , courage, mon pauvre ami , il n'y a plus que patience ; le^ printems >îent , bientôt nous quitterons ces rues si longues; nous rejoindrons le village ; là ^ ta fe- re* poseras dans la prairie, avec de Therbe jusqu'au ventre ; le soir, tu auras une bonne litière, et mes filles te porteront de Torge ; pendant quinze jours je ne te demanderai rien, es -tu content? Allons, va, camarade, aide-moi à gagner encore quelques kopeks. >>
Un jour je parcourais la ville avec mon éclaireur russe ; nous primes un isvotchik , dont la figure nous sembla trës-mélancolique; il était venu en ville , non pas sur la foi des zéphyrs , mais de quelques flocons de neige que le vent d'ouest disputait au pavé ; le traînage à moitié établi rendait les courses très-pénibles, on né^
gligeait cette voiture pour les droschki. Point de tratnage , point d'argent ; l:'était une position difficile ; le paysan le sentait avec amertuitie, et disait i son cheval , d^une voix altérëe : « Eh bien! bonne béte^iious voilà presque les btas croisés! pourquoi quitter si tôt le village où nous étions si bien ? Arina ( c'est le nom de sa femnfë ) nous répétait que nous partions trop tAt , nous la croirons une autre fois : prends coura*ge, doux animal > tu ne manges guère fou soûl , n^est-ce pas? et pourtant je retranche de mon pain noir pour augmenter ta nourriture; mais regarde, le ciel est noir, la neige va venir, et nous serons dans Fabondance , et les soroh * , qui sont blancs comme neige , pleuvront avec elle sur toi et sur moi ; alors , je doublerai ta ration , tu seras agile et fort, et moi je serai content. »
Âia fin de cette harangue plaintive , je dis au Russe qui me la traduisait : « Ne croyez- vous pas que nous devions prendre notre part du dis* cours de cet homme i son camarade ? n^a-t-il pas aussi rintention d'émouvoir notre sensibilité?
♦ Pièce d*argent quî représente quarante ccnlimes de notre monnaie.
8o PHYSIONOMIE NATIONALE.
— Cela peut bien être , tnonsieur, et je croîs que quelques pièces lui feraient plaisir. — Va donc pour "les pièces blanches, répondis-jé, » Et nous consolâmes le pauvre paysan avec tin peu d'argent , ce grand consolateur de tant de peines , ce réparateur de tant de maux.' "^Très-malheureusement ^oiir ces cochers cainpagnards^ presque toutes les maisons russes ont deux pohes , ce qui donne le moyen à quelques fripons, d'ailleurs très-honnêtes gens, de les frustrer de leui^ salaire; tandis que le traîneau attend patiemment à la p(M:te où> descendit la pratique, cdle-ci s'échappe. par l'autre issue. Un officier, ayant une jambe de bois, passait aux yeux des isvotchik pour un fort mauvais payeur ; ils le signalèrent , mais pour s'assuter qu'ils ne seraient point leur dupe, ils rendirent la mesure générale , et toute jambe de bois qui se présentait voyait disparaître les traîneaux ati grand galop du cheval ; ce qui donnait beaucoup d'humeur aux estropiés délicats.
L'empereur, dans sts courses, prend quelquefois des voitures de place ; un jour il se fit conduire à son palais ; en descendant du traîneau, il dit à l'isvotchik : « Attends une minute.
PttTSIOMOBIIE KATIOKAtlU 8t
je.vais l'envoyer ton argent. — C'est-à-dire que vous ne m'enverrez rien, répliqua le cocher, je 5ais bien comment cela se passe ; autant de personnes que je mène devant ce palais, autant, de gens que je ne revois plus; cberchez bien, vous trouverez de quoi me payer. — Non , dit Tèfnpereur, mais voilà. mon manteau, je tQ|le laisse en gage. — A la bonne heure, je suis tranquille , il est beau et neuf, vous ne voudrez pas le perdre. » L'empereur disparut en riant beaucoup; le paysan vit bientôt paraître un valet dé chambre de la cour , qui venait retirer le manteau de sa majesté , et qui donna cent roubles à risvotchik pour le venger de ceux qui ne payaient point. Ce pauvre homme fut moins ébloui du billet blanc que consterné d'avoir pu prendre Alexandre pour un banqueroutier.
D'autres chapitres sur les paysans russes prêteront un nouvel appui à l'assertion de M. le général de Bàlk , qui est un ancien ambassadeur de Russie à la cour du Brésil , et un des hommes les plus distingués de son pays par Tétendue et la variété de ses connaissances , par le charme piquant de son esprit et par la grâce toute particulière avec laquelle il reçoijt les étrangers :
persomie ne possède à un plus haut degré l'usagé de toutes les langues européennes, et de plusieurs idiomes orientaux ; il parle ces dialectes sans le moindre accent, et les écrit dans les divers caractères d^écritures qui leur sont propres ; enfin M. de Balka toute Tamabilité qui., quelquefois^ manque aux sayans , et toute Tinstruction qui souvent manque aux hommes les plus aimables.
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